Sur le plateau de Let's Dance 2026, Ross Antony a reçu le coude de sa partenaire Mariia Maksina en plein visage lors d'un numéro — le résultat : une plaie ouverte au-dessus de l'œil gauche. Malgré le sang, il a terminé sa danse. La scène, filmée en direct, a relancé une question juridique fondamentale : quand un accident survient lors d'un spectacle ou d'une activité sportive partagée, qui assume la responsabilité ?
Ce qui s'est passé sur Let's Dance 2026
Lors du septième live de la saison 2026 de Let's Dance, le chanteur britannique Ross Antony a subi une blessure inattendue : un coup de coude accidentel de sa partenaire de danse lui a ouvert une plaie au-dessus de l'œil. Pansé, souriant, il a continué à danser. Quelques semaines plus tôt, c'est sa partenaire Mariia Maksina qui s'était blessée à la hanche lors d'une répétition. Les deux incidents ont montré que même dans un cadre télévisé professionnel et hautement encadré, les accidents corporels sont inévitables.
En Suisse, ces situations soulèvent une question de droit fondamentale : peut-on engager la responsabilité civile d'un partenaire de danse, d'un organisateur ou d'un producteur en cas de blessure accidentelle lors d'une activité artistique ou sportive ?
Le cadre légal en Suisse : responsabilité pour acte illicite
Le droit suisse prévoit, à l'article 41 du Code des obligations (CO), une responsabilité générale pour dommages : « Celui qui cause, d'une manière illicite, un dommage à autrui, soit intentionnellement, soit par négligence ou imprudence, est tenu de le réparer. » Mais le mot clé est « illicite ». Un geste accidentel lors d'une activité consentie ne constitue pas automatiquement un acte illicite.
Le principe de l'acceptation du risque : En sport, en danse et dans les activités de contact, le droit suisse reconnaît que les participants acceptent implicitement un certain niveau de risque inhérent à l'activité. Un coup accidentel pendant un cours de judo, un choc lors d'un match de hockey ou un faux mouvement dans un duo de danse professionnelle ne donnent généralement pas lieu à une action en responsabilité civile, sauf en cas de faute grave ou d'imprudence caractérisée.
Quand la responsabilité devient engageable : Si une blessure résulte d'un comportement imprudent, d'un manque de formation, d'un matériel défectueux ou d'un environnement de travail non sécurisé, la question change de dimension. Dans le cas d'émissions de télévision comme Let's Dance, les productions sont tenues d'assurer la sécurité de leurs participants en vertu des règles générales du droit du travail et de la responsabilité de l'organisateur (CO art. 55 pour la responsabilité de l'employeur du fait de ses auxiliaires).
L'assurance accidents en Suisse : une protection automatique
En Suisse, la LAA (Loi fédérale sur l'assurance-accidents) et les règles de l'assurance-accidents professionnelle couvrent en principe les accidents survenus dans un cadre de travail ou de sport organisé. Mais attention : Let's Dance est une production allemande, filmée en Allemagne. Les règles applicables aux participants suisses et non suisses diffèrent selon leur statut (salarié, indépendant, bénévole).
Pour les participants à des concours de danse, des spectacles ou des émissions de télé-réalité en Suisse, il est fortement conseillé de :
- Vérifier si l'organisateur a souscrit une assurance responsabilité civile et accidents couvrant les participants
- Lire attentivement les contrats de participation, qui contiennent souvent des clauses d'exonération de responsabilité
- S'assurer que sa propre assurance-accidents personnelle (LCA) couvre les activités extra-professionnelles
Cours de danse, compétitions amateurs : mêmes règles ?
Beaucoup de Suisses pratiquent la danse en loisir, participent à des compétitions locales ou à des spectacles d'école. En cas de blessure pendant un cours de danse, les règles applicables dépendent du statut du prestataire :
- Cours en école agréée : le prestataire a une obligation de sécurité et engage sa responsabilité en cas de faute (sol glissant, espace inadapté, encadrement insuffisant).
- Cours entre particuliers : les règles de la responsabilité délictuelle (CO art. 41 ss.) s'appliquent, mais il faut prouver la faute.
- Compétition sportive : les règlements fédéraux (par exemple de la Fédération suisse de danse sportive) définissent les conditions de sécurité obligatoires pour les organisateurs.
Vous pouvez également consulter notre article sur les droits des victimes d'accidents du travail en Suisse pour comprendre les recours en cas de blessure dans un contexte professionnel.
Que faire si vous êtes blessé lors d'une activité partagée ?
Si vous êtes victime d'un accident lors d'un cours de danse, d'un spectacle ou d'une activité sportive de groupe :
- Documentez immédiatement : photos, témoins, rapport médical
- Signalez l'accident à l'organisateur ou à l'école dans les 24 heures
- Déclarez votre sinistre auprès de votre assurance-accidents (LAA ou LCA)
- Conservez toutes les preuves de vos frais : consultations médicales, arrêt de travail, rééducation
- Consultez un avocat spécialisé en droit de la responsabilité civile si l'assurance ne couvre pas le préjudice ou si vous souhaitez obtenir une réparation complémentaire
Ce que les juristes retiennent de l'affaire Ross Antony
L'accident de Ross Antony sur Let's Dance 2026 illustre à merveille la complexité des accidents dans les activités artistiques et sportives. Juridiquement, le chanteur n'a probablement aucun recours contre sa partenaire — le geste était accidentel et inhérent à la pratique intensive de la danse. En revanche, si ses blessures avaient nécessité une opération ou une incapacité de travail prolongée, la responsabilité de la production ou de la chaîne émettrice aurait pu être questionnée.
En Suisse, chaque situation est unique. Que vous soyez artiste, sportif amateur ou professionnel, un avocat spécialisé en responsabilité civile peut vous aider à comprendre vos droits et à évaluer vos options en cas d'accident.
Avertissement : cet article est à titre informatif uniquement. Pour toute situation spécifique, consultez un professionnel du droit qualifié.

Sophie Magnin