TX Group arrête le papier de 20 minutes en 2026 : quels droits pour les salariés licenciés en Suisse ?

Kiosque à journaux à Zurich affichant des quotidiens suisses, dont 20 minutes, en 2011

Photo : Thomas Leuthard from Zug, Switzerland / Wikimedia

5 min de lecture 13 juin 2026

En janvier 2026, les kiosques suisses ont dit adieu au journal papier de 20 minutes. Après l'annonce de TX Group en juin 2025 de supprimer jusqu'à 80 postes et de basculer vers le tout-numérique, des dizaines de collaborateurs ont dû faire face à l'incertitude d'une restructuration massive. En Suisse, un licenciement collectif n'est pourtant pas une fatalité sans recours : la loi prévoit des protections précises, et trop de salariés ne les connaissent pas.

La transition numérique frappe la presse suisse romande

TX Group, maison mère de 20 minutes et du matin.ch, a officialisé en juin 2025 la fin des éditions papier de ses titres gratuits. L'objectif : concentrer les ressources sur les plateformes numériques et les applications mobiles. Les rédactions de Suisse romande et alémanique ont été fusionnées en une rédaction nationale avec des pôles à Lausanne, Berne et Zurich. Les bureaux régionaux de Bâle, Genève, Lucerne et Saint-Gall ont fermé avant la fin 2025.

Selon la RTS, TX Group a finalement confirmé 9 licenciements définitifs et 19 départs volontaires — un chiffre inférieur à la fourchette initiale de 80 postes, grâce notamment à l'action du Syndicat des médias et du SSP-VPOD, qui ont obtenu un plan social pour les employés concernés. Mais la situation reste représentative d'une tendance plus large : Sunrise a supprimé 190 postes début 2026, Skyguide envisage jusqu'à 220 suppressions d'ici 2027, et Swiss Steel a annoncé 800 licenciements. Le secteur médiatique n'est pas épargné.

Qu'est-ce qu'un licenciement collectif selon le droit suisse ?

La loi suisse encadre strictement le licenciement collectif aux articles 335d à 335g du Code des obligations (CO). Il y a licenciement collectif lorsque, dans une période de 30 jours, un employeur met fin aux rapports de travail d'au moins 10 salariés dans une entreprise de 21 à 99 personnes, d'au moins 10 % des salariés dans une entreprise de 100 à 299 personnes, ou d'au moins 30 salariés dans une entreprise de plus de 300 personnes.

TX Group, avec ses centaines d'employés, est clairement soumis à ces dispositions. Cela génère des obligations légales précises pour l'employeur — et des droits réels pour les salariés.

Le plan social : le bouclier des salariés licenciés

L'un des acquis les plus importants lors d'un licenciement collectif est le plan social. Si la loi suisse ne l'impose pas systématiquement, la jurisprudence a évolué vers une quasi-obligation pour les grandes entreprises. Un plan social comprend généralement :

  • Des indemnités de départ calculées en fonction de l'ancienneté et du salaire,
  • Un accompagnement à l'outplacement : bilan de compétences, coaching en recherche d'emploi,
  • Le maintien du salaire pendant la période de consultation,
  • Des aménagements horaires pour permettre les démarches de recherche d'emploi.

Chez 20 minutes, les syndicats ont obtenu un plan social après plusieurs semaines de négociation. Les employés licenciés ont bénéficié de conditions supérieures au minimum légal. C'est là tout l'intérêt d'une représentation syndicale rapide — ou d'un conseil juridique dès l'annonce de la restructuration.

D'autres cas récents en Suisse illustrent cette réalité : lors des suppressions de postes chez Helvetia et Baloise, les salariés qui avaient consulté rapidement un avocat spécialisé ont obtenu des conditions de départ sensiblement meilleures.

Délais légaux et procédure : ce que l'employeur doit respecter

La procédure légale impose à l'employeur plusieurs étapes avant tout licenciement collectif :

  1. Consultation des travailleurs : l'employeur doit informer la représentation du personnel le plus tôt possible en expliquant les motifs, le nombre de postes supprimés et les mesures envisagées (art. 335f CO).
  2. Notification à l'autorité cantonale du travail : le SECO (Secrétariat d'État à l'économie) doit être notifié. Le délai de 30 jours ne peut pas commencer avant cette notification.
  3. Délai de résiliation protégé : le contrat de travail ne peut prendre fin avant l'expiration du délai de 30 jours à compter de la notification.
  4. Délais de congé individuels : chaque salarié conserve ses droits au délai de congé individuel selon l'art. 335c CO, soit 1 mois la 1re année, 2 mois de la 2e à la 9e année, 3 mois dès la 10e année de service.

Si l'une de ces étapes est manquée ou bâclée par l'employeur, le licenciement peut être contesté devant le Tribunal des prud'hommes compétent dans le canton concerné.

Indemnités chômage : vos droits après la perte d'emploi

Après un licenciement, les salariés suisses ont droit aux allocations de chômage (AC/LACI), sous plusieurs conditions : avoir cotisé au minimum 12 mois sur les 2 dernières années, s'inscrire à l'ORP (Office régional de placement) dès le premier jour de chômage — idéalement avant même la fin du contrat —, et être disponible à l'emploi.

Le taux de remplacement est de 70 % du salaire assuré (plafonné à 12 350 CHF/mois), porté à 80 % pour les bénéficiaires ayant des charges familiales ou un salaire modeste. La durée maximale d'indemnisation peut atteindre 400 jours, soit environ 18 mois.

Bon à savoir : certaines conventions collectives de travail (CCT) dans les médias prévoient des conditions plus favorables. Vérifiez si votre secteur est couvert avant de signer un accord de départ.

Quand faire appel à un avocat spécialisé en droit du travail ?

Plusieurs situations justifient une consultation rapide avec un avocat ou un expert juridique :

  • Le plan social proposé vous semble insuffisant par rapport à votre ancienneté,
  • Des irrégularités de procédure ont été commises (délais non respectés, consultation absente),
  • Vous soupçonnez un licenciement abusif motivé par des raisons discriminatoires ou de représailles,
  • Votre contrat contient une clause de non-concurrence que vous souhaitez contester,
  • Vous avez simplement besoin de savoir si vos droits ont été respectés.

Selon le Code des obligations suisse, art. 335d–335g (fedlex.admin.ch), les droits des salariés lors d'un licenciement collectif sont clairement définis. S'informer tôt — dès l'annonce de la restructuration — permet d'obtenir des conditions de départ significativement meilleures. Agir dans les premières semaines est déterminant.

Protégez vos droits dès l'annonce d'une restructuration

La fin du journal papier de 20 minutes symbolise la transformation profonde des médias suisses. Mais derrière le symbole, ce sont des femmes et des hommes qui ont dû défendre leurs droits dans un contexte de changements rapides.

Avertissement : cet article est fourni à titre d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Chaque situation étant différente, consultez un avocat spécialisé en droit du travail pour analyser votre cas.

Si vous traversez une restructuration, un licenciement collectif ou si vous estimez que le plan social proposé ne reflète pas vos droits, un avocat spécialisé peut vous accompagner dès maintenant. Sur ExpertZoom, trouvez un expert juridique en Suisse disponible rapidement, sans engagement initial.

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