Victoria Luengo, deux films à Cannes 2026 : comment le droit protège votre image face aux utilisations non autorisées

Tournage de la série Reina Roja avec Victoria Luengo à Madrid

Photo : Diario de Madrid / Wikimedia

4 min de lecture 21 mai 2026

Victoria Luengo est l'une des actrices les plus remarquées du Festival de Cannes 2026. L'actrice espagnole de 36 ans figure simultanément dans deux films en compétition officielle cette année : Autofiction de Pedro Almodóvar, sorti en Espagne le 20 mars 2026 (avec 96 852 entrées en premier week-end), et L'Être aimé de Rodrigo Sorogoyen, présenté le 16 mai 2026. Cette double présence en sélection officielle est extrêmement rare dans l'histoire du festival. Elle illustre aussi un défi juridique que peu d'actrices — et moins encore les amateurs — connaissent bien : comment protéger son image quand sa notoriété explose ?

La notoriété soudaine change tout sur le plan juridique

Quand une actrice comme Victoria Luengo passe d'une réputation nationale à une visibilité internationale en quelques jours, son image devient un actif économique à part entière. Les publications de presse, les réseaux sociaux, les plateformes de streaming et les marques de mode commencent à l'utiliser — parfois sans autorisation.

En droit français, le droit à l'image est un droit de la personnalité protégé par l'article 9 du Code civil. Il garantit à toute personne — célébrité ou non — le droit exclusif sur l'utilisation de son image. Ce droit n'est pas automatiquement cédé par le seul fait d'être photographiée dans un lieu public.

Selon la Direction de l'information légale et administrative, toute publication d'image d'une personne identifiable requiert son consentement préalable, sauf exceptions limitées (information d'actualité, liberté de la presse).

Ce que dit la loi sur le droit à l'image en France

Le cadre juridique français est l'un des plus protecteurs en Europe pour les droits des personnes publiques et privées :

Pour une personne publique (actrice, politicien, sportif) : son image peut être utilisée dans un contexte d'information légitime, pour illustrer son activité publique. En revanche, l'utilisation de son image à des fins publicitaires ou commerciales sans autorisation est illégale, même si elle est accessible publiquement.

Pour une personne privée : tout usage nécessite un accord écrit préalable. L'accord verbal ne suffit pas.

La durée du consentement : Un accord signé avec une marque ou une plateforme n'est pas éternel. Il couvre uniquement la période et les usages définis dans le contrat. Toute utilisation hors contrat peut être sanctionnée.

La résistance aux captures d'écran : La généralisation des captures d'écran sur les réseaux sociaux ne crée pas de droits sur l'image d'autrui. Partager une photo non autorisée peut engager la responsabilité civile du diffuseur.

Contrats d'image : les 4 clauses essentielles à vérifier

Que vous soyez actrice, influenceuse, conférencière ou simplement une personne dont l'image est utilisée par un employeur ou une marque, voici les quatre points à vérifier avant de signer tout contrat d'utilisation de votre image :

1. La définition du support : Sur quels supports votre image sera-t-elle utilisée ? Presse papier, digital, réseaux sociaux, affichage, TV, streaming ? Chaque support est un droit distinct.

2. La durée et le territoire : Pour combien de temps ? Dans quels pays ? Une campagne en France et une campagne internationale sont deux droits différents.

3. La rémunération et les redevances : Le droit à l'image peut être cédé à titre gratuit (pour une œuvre d'art, une presse d'information) ou à titre onéreux (pour une publicité commerciale). Dans ce dernier cas, un pourcentage des recettes (redevances) est souvent négociable.

4. La clause de contrôle éditorial : Avez-vous le droit de valider les images avant publication ? Pour les célébrités, cette clause protège contre des utilisations embarrassantes ou hors contexte.

Ce que les artistes non-professionnels ignorent souvent

Le droit à l'image ne concerne pas que les stars de Cannes. En France, des milliers de personnes découvrent chaque année que leur photo a été utilisée sans accord :

  • Par un ancien employeur dans une brochure commerciale
  • Par un site e-commerce pour illustrer un produit
  • Par un autre particulier sur les réseaux sociaux
  • Par une agence de presse dans un contexte inapproprié

Dans tous ces cas, la voie judiciaire est ouverte. Le préjudice subi (moral ou économique) peut donner lieu à une indemnisation. La prescription est de 5 ans à compter de la date de l'utilisation non autorisée.

Quand faire appel à un avocat spécialisé en droit à l'image ?

Un avocat spécialisé en droit des personnes ou droit du cinéma peut intervenir dans plusieurs situations :

  • Vous avez découvert que votre image est utilisée sans votre accord sur internet ou dans une publicité
  • Vous êtes sur le point de signer un contrat de cession de droits à l'image et souhaitez vérifier les clauses
  • Vous êtes dans le secteur du spectacle et souhaitez protéger votre image professionnelle face aux producteurs ou agences
  • Votre image a été modifiée (deepfake, photomontage) sans votre consentement

La double présence de Victoria Luengo à Cannes 2026 rappelle que la notoriété est aussi une responsabilité juridique — pour les artistes comme pour ceux qui utilisent leur image. Un cas similaire s'est posé cette semaine avec Gong Li à Cannes 2026 et les droits à l'image des actrices internationales. Sur ExpertZoom, des avocats spécialisés en droit à l'image et en propriété intellectuelle sont disponibles en téléconsultation pour vous accompagner.

Nos experts

Avantages

Des réponses rapides et précises pour toutes vos questions et demandes d'assistance dans plus de 200 catégories.

Des milliers d'utilisateurs ont obtenu une satisfaction de 4,9 sur 5 pour les conseils et recommandations prodiguées par nos assistants.