Changement d'heure du 25 octobre 2026 : travail de nuit, une heure de plus à payer ?

Infirmière de nuit consultant l'horloge d'un couloir d'hôpital à 3 h du matin
Élise Élise MeyerJuridique
6 min de lecture 19 octobre 2026

Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, à 3 h du matin, les horloges suisses reculeront d'une heure pour passer à l'heure normale. Pour la plupart des gens, c'est une heure de sommeil gagnée. Pour les salariés qui travaillent de nuit, c'est une heure de travail supplémentaire, et la question de sa rémunération se pose aussitôt.

Pourquoi cette date fait-elle parler d'elle ?

Le changement d'heure intervient le dernier dimanche d'octobre, comme chaque année. En 2026, ce dimanche tombe le 25, soit le plus tôt possible dans le calendrier. La Suisse n'avait pas connu une date aussi précoce depuis 2020, comme le rappellent la Südostschweiz et le Journal du Geek dans son édition du 16 octobre 2026. Selon la Südostschweiz, l'Institut fédéral de métrologie (METAS) confirme le calendrier.

Le terme « heure d'hiver » est d'ailleurs un usage courant. Officiellement, la Suisse distingue l'heure d'été de l'heure normale. Le retour à l'heure d'été est annoncé pour le dimanche 28 mars 2027.

Le débat sur la suppression du changement d'heure reste ouvert. Depuis la proposition de la Commission européenne de 2018, aucune décision définitive n'a été prise, selon wetter.com. La Suisse suit de fait ses voisins, car un décalage horaire avec l'Union européenne compliquerait les transports, les échanges et les systèmes informatiques.

La question que se posent les salariés de nuit

Beaucoup de lecteurs se demandent la même chose : « Si je travaille la nuit du 24 au 25 octobre, est-ce que je travaille une heure de plus, et suis-je payé pour cela ? »

La réponse tient en un principe simple. Une équipe de nuit qui commence à 22 h et finit à 6 h, heure normale, dure huit heures sur le papier. Cette nuit-là, elle dure neuf heures réelles, puisque l'heure de 2 h à 3 h est vécue deux fois. En règle générale, ce qui compte pour la rémunération et pour la durée du travail est le temps effectivement travaillé, et non ce qu'affichent les horloges.

Le principe vaut aussi dans l'autre sens. Au printemps, quand les horloges avancent d'une heure, la même équipe ne travaille que sept heures réelles. Chaque employeur règle ce point à sa manière, d'où l'intérêt de lire son contrat et le règlement du personnel.

La loi fédérale sur le travail encadre le travail de nuit, avec notamment des durées maximales et des compensations. Les règles sont différentes selon que la nuit travaillée est occasionnelle ou régulière.

  • Travail de nuit temporaire : la loi prévoit en principe un supplément de salaire d'au moins 25 %.
  • Travail de nuit régulier : il donne en principe droit à une compensation en temps de 10 %.
  • Convention collective : beaucoup de branches (santé, hôtellerie-restauration, industrie, sécurité) ont des règles plus favorables.

Ces règles générales ne disent pas toujours comment traiter l'heure supplémentaire du changement d'heure. C'est la lecture du contrat ou de la convention collective qui tranche, et c'est là qu'un juriste du droit du travail fait la différence.

Un cas concret : l'infirmier de nuit à Lausanne

Prenons le cas d'un infirmier qui travaille de 22 h à 6 h dans une clinique lausannoise. Il est payé 32 francs de l'heure, soit 256 francs pour une nuit de huit heures.

La nuit du 24 au 25 octobre 2026, il est présent à son poste neuf heures réelles. Si son employeur lui verse le forfait habituel de huit heures, il manque 1 heure, soit 32 francs, sans compter les éventuels suppléments.

Voici ce que cela donne selon la situation :

  • Si le contrat paie les heures effectivement travaillées, alors la nuit vaut 9 × 32 = 288 francs, soit 32 francs de plus que d'habitude.
  • Si le contrat prévoit un forfait mensuel, alors l'heure peut être compensée en temps, par exemple en terminant plus tôt une autre nuit. Il faut que cela soit prévu et communiqué.
  • Si la fiche de paie ne reflète rien, alors l'employé doit demander une rectification, par écrit et rapidement, avant que la question ne devienne un litige.

À l'inverse, en mars 2027, la même nuit ne comptera que sept heures réelles. L'employeur qui voudrait payer huit heures serait généreux, mais celui qui retient une heure sans base contractuelle s'expose à une contestation.

Cette comparaison de chiffres montre pourquoi le sujet n'a rien d'anecdotique. Pour une équipe de vingt personnes, l'écart représente 640 francs en une seule nuit.

Qui est concerné, au-delà de la santé ?

Les infirmiers et le personnel soignant sont les premiers touchés, mais ils ne sont pas seuls :

  • les agents de sécurité et les gardiens de nuit ;
  • les boulangers, les chauffeurs et les logisticiens ;
  • les employés d'hôtels et de restaurants ;
  • le personnel des transports et de l'industrie, avec des machines à redémarrer ou des horaires de trains à adapter.

Pour tous ces métiers, la question se règle d'avance. Un employeur qui prévient ses équipes, indique comment l'heure sera comptée et la consigne dans les plannings évite la plupart des malentendus.

Pause, repos et sécurité : les à-côtés de la nuit à neuf heures

Une nuit plus longue ne pose pas qu'un problème de salaire. La loi sur le travail fixe aussi des limites à la durée quotidienne et impose des pauses. Dans la plupart des cas, une pause est exigée dès cinq heures et demie de travail, et elle s'allonge avec la durée de la journée. Une équipe qui passe de huit à neuf heures réelles doit donc voir son planning vérifié, surtout dans les métiers où chaque minute de présence est comptée.

Le repos entre deux services compte également. Un salarié qui finit à 6 h, heure normale, après neuf heures de travail, termine concrètement une heure plus tard que prévu par rapport à l'horloge habituelle. Si son service suivant commence le même soir, le temps de repos minimal de onze heures peut se retrouver amputé. Dans ce cas, c'est à l'employeur d'adapter le planning, et non au salarié de rogner sur son repos.

Enfin, la fatigue est un enjeu de sécurité. Dans le soin, le transport ou l'industrie, une heure de plus en fin de nuit augmente le risque d'erreur. Les employeurs ont un devoir de protection de la santé de leurs collaborateurs, et les représentants du personnel peuvent demander des mesures d'organisation avant la date.

Que faire avant le 25 octobre ?

  1. Relisez votre contrat de travail et la convention collective applicable pour repérer la clause sur les heures de nuit.
  2. Interrogez votre employeur : comment sera traitée la nuit du 24 au 25 octobre ? Demandez la réponse par écrit.
  3. Notez vos heures réelles (arrivée, pause, départ) pour pouvoir comparer avec votre fiche de paie.
  4. Vérifiez le décompte à la fin du mois, y compris les suppléments de nuit.
  5. Consultez un spécialiste du droit du travail si l'employeur refuse de s'expliquer ou si le montant en jeu est important.

Cet article a une portée générale et ne remplace pas un conseil juridique personnalisé. Chaque contrat, chaque convention collective et chaque canton peuvent changer la réponse.

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