La Suisse traverse en juillet 2026 l'une des sécheresses les plus marquées de son histoire récente : dix régions étaient jugées « extrêmement sèches » au 5 juillet, dont le bassin du lac de Zurich et la vallée du Rhin, tandis que le pays vient de vivre la première moitié d'été la plus chaude depuis le début des mesures en 1864. Derrière les restrictions d'arrosage et les interdictions de feu, cet épisode offre aux familles une occasion rare : transformer l'actualité en une leçon de sciences concrète pour les enfants.
Pour beaucoup d'élèves, le « cycle de l'eau » reste une suite de flèches dessinées au tableau. La sécheresse de 2026, elle, rend ces notions visibles : les rivières baissent, les nappes se vident, les sols se craquellent. C'est le moment idéal pour ancrer des concepts que l'école aborde de la 6e à la fin du secondaire.
Une sécheresse qui devient un cas d'école
Depuis le printemps 2026, les précipitations sont restées nettement inférieures à la moyenne pluriannuelle, explique l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). Résultat : la plupart des débits des cours d'eau du Plateau et des Préalpes sont jugés « faibles à très faibles », et les niveaux des nappes phréatiques vont de « légèrement bas » à « extrêmement bas » selon les régions. Les lacs de Constance, de Walenstadt et de Zoug se situent nettement sous leurs moyennes saisonnières.
La chaleur a amplifié le phénomène. Un record de 37,3 °C a été relevé le 8 juillet à Magadino-Cadenazzo, au Tessin, la valeur la plus élevée depuis le début des mesures locales en 1953. Dès le mois de mai, certaines rivières comme l'Aar à Berne et la Reuss à Lucerne avaient dépassé les 20 °C, une première pour cette période.
Ces chiffres ne sont pas de simples statistiques : ils illustrent chaque étape du cycle de l'eau qu'un enfant doit comprendre.
Le cycle de l'eau, rendu visible par la sécheresse
Un cycle de l'eau « normal » repose sur un équilibre : l'évaporation des lacs et des sols, la formation des nuages, les précipitations, puis le ruissellement et l'infiltration qui rechargent les nappes. En 2026, deux maillons de cette chaîne sont défaillants.
D'abord, les précipitations manquent : la pluie qui devrait recharger les réserves n'arrive pas. Ensuite, la chaleur accélère l'évaporation, si bien que le peu d'eau présent repart plus vite dans l'atmosphère. Le résultat est un déséquilibre que l'on peut mesurer dans son propre canton en consultant les niveaux des rivières.
Pour un élève, voir que le lac près de chez lui a réellement baissé donne du sens à un schéma abstrait. C'est ce lien entre le concret et la théorie que recherchent les programmes scolaires suisses en géographie et en sciences de la nature.
Le vocabulaire scientifique à maîtriser
La sécheresse mobilise un vocabulaire précis que les enfants confondent souvent. Trois notions méritent une explication claire à la maison.
L'évapotranspiration combine l'évaporation de l'eau des sols et la transpiration des plantes. Par forte chaleur, elle explose : les végétaux « pompent » l'eau du sol pour la relâcher, ce qui assèche encore davantage la terre. C'est pourquoi les prairies jaunissent si vite en canicule.
La nappe phréatique est la réserve d'eau souterraine qui alimente puits et sources. Elle se recharge lentement, sur des mois, ce qui explique qu'une seule averse ne suffise jamais à mettre fin à une sécheresse — un point que l'OFEV rappelle régulièrement.
Le bassin versant, enfin, désigne le territoire dont toutes les eaux convergent vers un même cours d'eau. Comprendre cette notion aide l'élève à saisir pourquoi une interdiction de pompage, comme celle décidée en juillet par le Conseil d'État neuchâtelois, s'applique à toute une région et non à une seule commune.
Comment un professeur d'appui peut aider
Face à une actualité aussi riche, tous les parents ne se sentent pas à l'aise pour expliquer l'évapotranspiration ou lire un bulletin hydrologique. C'est précisément le rôle d'un professeur d'appui ou d'un spécialiste de l'aide aux devoirs.
Un bon tuteur ne se contente pas de réciter le cours : il part de l'actualité de 2026 pour construire un exercice sur mesure. Mesurer la baisse d'un lac, calculer un déficit de précipitations en pourcentage, dessiner le cycle de l'eau à partir de données réelles — autant d'activités qui transforment une matière parfois jugée aride en projet motivant. Pour les élèves qui préparent des examens de fin d'année ou une maturité, ce type d'ancrage dans le réel améliore nettement la mémorisation.
Un professeur peut aussi désamorcer l'éco-anxiété que ces épisodes suscitent chez certains enfants, en replaçant la sécheresse dans un cadre scientifique compréhensible plutôt qu'alarmant. La Suisse a déjà connu des étés très secs en 2003, 2015, 2018, 2022 et 2023 : montrer que le phénomène est étudié et documenté rassure.
Que faire dès maintenant
Profitez de l'été pour transformer les gestes du quotidien en observations : notez le niveau du lac ou de la rivière la plus proche, comparez la couleur des pelouses avant et après une pluie, expliquez pourquoi votre commune limite l'arrosage. Ces observations nourriront la rentrée scolaire.
Pour suivre l'évolution officielle, le bulletin national sur la sécheresse est mis à jour chaque jeudi après-midi sur la plateforme fédérale de l'Office fédéral de l'environnement. Et si votre enfant peine à relier ces observations aux notions du programme, un professeur d'appui spécialisé en sciences peut faire de cette sécheresse historique un véritable tremplin pédagogique.

Sophie Dupuis