Sebastian Holzmann a raccroché les skis le 27 avril 2026. À 33 ans, le spécialiste allemand du slalom met fin à dix-sept ans de carrière au sein de l'équipe nationale allemande. Deux ruptures successives des ligaments croisés, une saison blanche aux Jeux olympiques de Pékin, puis une décision inévitable. Son histoire soulève une question que beaucoup d'athlètes suisses évitent jusqu'au dernier moment : quand le sport s'arrête du jour au lendemain, votre patrimoine est-il préparé ?
La vague de retraites dans le ski alpin masculin
Holzmann n'est pas seul. Depuis le printemps 2026, l'équipe masculine allemande de ski alpin a vécu une vague de retraites sans précédent sur le circuit de Coupe du Monde. Romed Baumann, Andreas Sander, Anton Tremmel, puis Sebastian Holzmann — quatre piliers qui ont annoncé leur arrêt en quelques semaines. Une génération entière qui tourne la page après des années de compétitions internationales, de blessures, et de reconversions forcées.
Holzmann avait tout pour s'imposer durablement sur le circuit mondial. Spécialiste du slalom, il a accumulé 26 résultats dans les points en Coupe du Monde au fil de sa carrière, avec pour sommet une 5ème place aux Championnats du Monde 2023 à Courchevel-Méribel. Un palmarès solide, mais qui masque une réalité brutale : les blessures lui ont volé deux saisons entières et une partie considérable de son potentiel.
En août 2021, il subit une grave blessure au genou — rupture du ligament croisé antérieur, luxation de la rotule, tendon déchiré nécessitant une chirurgie lourde. Il manque l'intégralité de la saison 2021/22, Jeux olympiques de Pékin inclus. Il revient. Il combat. En décembre 2024, le ligament croisé de l'autre genou cède à l'entraînement. Cette fois, à 32 ans, la remontée est trop longue et trop incertaine. Le 27 avril 2026, il officialise sa décision définitive.
"J'ai réalisé que je ne pouvais plus poursuivre mon sport avec la dévotion totale qu'il requiert", indique-t-il dans son communiqué à la Fédération allemande de ski (DSV). "Mieux vaut s'arrêter et se consacrer à de nouveaux défis." Une formule sobre, qui cache une transition financière et personnelle majeure que peu de sportifs anticipent suffisamment tôt.
Ce que la retraite d'Holzmann révèle sur la prévoyance des athlètes
Pour un gestionnaire de patrimoine, la situation d'Holzmann illustre un risque systémique souvent négligé dans le monde du sport professionnel : l'absence d'anticipation financière face à une carrière courte et brutalement interrompue.
En Suisse, les sportifs professionnels sont soumis à l'obligation de s'affilier au 2ème pilier (LPP — Loi fédérale sur la prévoyance professionnelle). Mais la réalité est souvent décevante. Selon l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS), le taux d'intérêt minimum LPP est fixé à 1,25% pour 2026 — un rendement nettement inférieur à l'inflation sur le long terme. Les fédérations sportives affiliées proposent rarement des plans de prévoyance sur-mesure, les revenus des athlètes varient fortement selon les résultats et les contrats de sponsoring, et les carrières sont structurellement courtes.
Un athlète de haut niveau perçoit généralement ses revenus les plus élevés entre 22 et 33 ans — une fenêtre d'une décennie pendant laquelle l'investissement patrimonial devrait être une priorité absolue. Mais entre les entraînements intensifs, les compétitions internationales, les rééducations et les préparations mentales, la planification financière reste souvent reléguée au dernier plan.
Trois risques patrimoniaux reviennent systématiquement dans les bilans d'athlètes en fin de carrière :
Premièrement, les lacunes de prévoyance : les cotisations LPP sont calculées sur des bases salariales variables, parfois fragmentées entre fédérations, clubs et sponsors. À 33 ans, le capital accumulé dans le 2ème pilier peut être nettement insuffisant pour couvrir une retraite de trente ans.
Deuxièmement, l'absence de diversification : les revenus sportifs sont souvent concentrés dans quelques années fastes, puis orientés vers le train de vie sans stratégie d'investissement structurée. Le 3ème pilier reste sous-utilisé par de nombreux sportifs qui pensent que leur carrière durera encore dix ans.
Troisièmement, l'illusion de durée : beaucoup d'athlètes ne projettent leur carrière que sur deux à trois ans. La retraite semble lointaine à 25 ans. Elle arrive à 33 ans à cause d'une blessure. Pour les sportifs actifs en Suisse — qu'ils soient skieurs, cyclistes, footballeurs ou tennismen — une consultation avec un gestionnaire de patrimoine spécialisé dans les professions sportives avant les 30 ans constitue souvent la décision financière la plus rentable de leur carrière.
Des experts comme ceux disponibles sur ExpertZoom pour la gestion de patrimoine accompagnent précisément ce type de transition, en analysant les lacunes LPP, les opportunités du pilier 3a et 3b, et les stratégies d'investissement adaptées à l'horizon court d'une carrière sportive.
Marc, 33 ans, skieur fribourgeois : ce que son bilan révèle concrètement
Prenons le cas de Marc, skieur alpin semi-professionnel fribourgeois évoluant sur le circuit national suisse. À 26 ans, il signe ses meilleurs contrats : entre son salaire fédéral et son sponsoring, il perçoit CHF 140 000 brut par an. Il cotise au LPP obligatoire via sa fédération régionale, mais sans plan de 3ème pilier ni placement complémentaire. À 33 ans, il subit une rupture du LCA et ne peut plus compétitionner au niveau requis. Que se passe-t-il concrètement ?
Son capital LPP à 33 ans : sur sept ans de cotisations à taux moyen (environ CHF 10 500/an d'épargne dans le 2ème pilier), il a constitué un capital d'environ CHF 80 000. Capitalisé au taux LPP de 1,25% pendant 32 ans jusqu'à ses 65 ans, ce montant atteint CHF 119 000 — soit une rente mensuelle LPP d'environ CHF 480/mois. Avec l'AVS, Marc peut espérer CHF 2 000 à 2 200/mois total de rente à 65 ans. Insuffisant pour maintenir son niveau de vie actuel.
Avec une stratégie patrimoniale dès 26 ans : si Marc avait investi CHF 600/mois en pilier 3a (maximum légal 2026 : CHF 7 056/an pour un salarié) et CHF 1 200/mois en pilier 3b (fonds indiciels diversifiés) depuis ses 26 ans jusqu'à 33 ans, soit sept ans de contributions, à un rendement annuel moyen de 5% pour la partie pilier 3b : son capital additionnel aurait atteint CHF 142 000 à 33 ans. Ce capital, laissé fructifier à 5% pendant 32 ans encore, représente CHF 664 000 de capital retraite supplémentaire.
L'écart entre les deux scénarios : une rente à CHF 480/mois LPP seule, ou CHF 480/mois LPP plus un capital de CHF 664 000 qui peut financer CHF 1 700/mois supplémentaires pendant 30 ans (rente privée à taux constant). La décision de structurer ou non son épargne entre 26 et 33 ans représente, dans ce scénario, une différence de CHF 1 700/mois pendant toute la retraite.
En outre, un accompagnement patrimonial dès 26 ans aurait également permis à Marc d'identifier les rachats de lacunes LPP possibles avant son arrêt, de structurer ses revenus de sponsoring via une société simple pour limiter sa charge fiscale, et d'anticiper une formation de reconversion (brevet fédéral de moniteur de ski, formation en management sportif) avec un fonds dédié.
Trois priorités pour les sportifs suisses actifs
La retraite de Sebastian Holzmann n'est pas un cas isolé — c'est un avertissement systémique. Voici ce qu'un gestionnaire de patrimoine recommande en priorité aux sportifs professionnels et semi-professionnels actifs en Suisse.
Évaluer ses lacunes LPP le plus tôt possible. Le 2ème pilier suisse permet de racheter des lacunes de cotisation avec une déductibilité fiscale intégrale sur le revenu imposable. Un rachat de CHF 40 000 peut représenter une économie d'impôt de CHF 10 000 à 18 000 selon le canton de résidence, selon les barèmes 2026. Cette fenêtre d'optimisation se ferme dès la retraite professionnelle.
Utiliser le pilier 3a dès le premier revenu imposable. Le plafond 2026 est de CHF 7 056 par an pour les salariés. Ce montant est déductible du revenu imposable et fructifie à l'abri de l'impôt jusqu'au retrait. Pour un sportif dans une tranche à 30%, chaque CHF 7 056 versé génère environ CHF 2 100 d'économie fiscale annuelle — un rendement immédiat avant même la performance de l'investissement.
Anticiper la transition de carrière avec un fonds dédié. La reconversion d'un athlète — entraîneur fédéral, consultant en performance sportive, commentateur, reconversion dans une autre branche — exige parfois des formations ou des investissements initiaux importants. Constituer un fonds de transition de CHF 500 à 1 000/mois pendant les années actives évite de devoir liquider des actifs patrimoniaux dans l'urgence, souvent à un moment fiscalement défavorable.
Simon Ammann, écarté des JO de Milan-Cortina 2026, a illustré la même transition lors de son arrêt : planifier sa fin de carrière sportive n'est pas un luxe, c'est une nécessité stratégique. Il en va de même pour Holzmann, pour Marc, et pour des milliers de sportifs actifs en Suisse romande aujourd'hui.
Pour un bilan patrimonial complet adapté à votre situation d'athlète professionnel ou semi-professionnel, consultez un expert en gestion de patrimoine sur ExpertZoom — la plateforme suisse qui met en relation les particuliers avec des conseillers qualifiés dans votre région.
Avertissement YMYL : cet article est fourni à titre informatif général. Il ne constitue pas un conseil financier, fiscal ou patrimonial personnalisé. Consultez un professionnel qualifié pour votre situation individuelle.

Isabelle Rey