Un séisme de magnitude 5,1 a frappé le centre du Pérou le samedi 18 juillet 2026 à 21h24 (heure locale), faisant au moins un mort et une dizaine de blessés. Selon l'Institut géophysique du Pérou (IGP), l'épicentre se situait à sept kilomètres au sud de Chupaca, dans la région andine de Junín, à 24 kilomètres de profondeur. L'US Geological Survey a de son côté évalué la secousse à 5,5. Cet écart d'apparence minime cache en réalité une notion mathématique que bien des élèves suisses peinent à saisir : l'échelle de magnitude n'est pas linéaire, elle est logarithmique.
Ce qui s'est passé au Pérou
Le tremblement de terre a secoué la cordillère des Andes en début de soirée, alors que de nombreux habitants se trouvaient chez eux. Dix-sept minutes après la secousse principale, une réplique de magnitude 3,7 s'est produite, un peu plus au sud et à une profondeur de 18 kilomètres. Les autorités locales ont précisé un premier bilan préliminaire d'un mort et de dix blessés, un chiffre encore susceptible d'évoluer à mesure que les équipes de secours accèdent aux zones montagneuses les plus isolées.
Le Pérou est l'un des pays les plus sismiques de la planète : il repose sur la zone de subduction où la plaque de Nazca plonge sous la plaque sud-américaine. Pour un lecteur suisse, la scène peut sembler lointaine, mais elle offre un support concret pour comprendre une notion qui revient chaque année au programme de mathématiques : le logarithme.
Pourquoi 5,1 et 5,5 ne se ressemblent pas
Sur une règle graduée, la distance entre 5,1 et 5,5 paraît négligeable. Sur l'échelle de magnitude, elle ne l'est pas du tout. Chaque unité gagnée correspond à une amplitude des ondes sismiques multipliée par dix, et à une énergie libérée multipliée par environ 32.
Autrement dit, passer de la magnitude 5,1 à 5,5, ce n'est pas ajouter 0,4 « point » : c'est libérer près de quatre fois plus d'énergie. Un séisme de magnitude 7, comme certains que le Pérou a connus par le passé, libère environ mille fois plus d'énergie qu'une secousse de magnitude 5. Voilà pourquoi un même événement peut faire un mort dans une vallée et des centaines dans une ville densément peuplée.
Mathématiquement, l'énergie E libérée suit une relation de la forme log(E) = 1,5 × M + constante. Le facteur 1,5 explique le « 32 » par unité : dix puissance 1,5 vaut environ 31,6. C'est exactement le type de calcul qui figure dans les exercices de logarithme au gymnase suisse, mais que beaucoup d'élèves manipulent sans en voir l'utilité concrète. Le séisme de Chupaca en offre une illustration parfaite.
L'échelle logarithmique, un obstacle scolaire classique
Les logarithmes constituent l'un des chapitres les plus redoutés du secondaire II. La difficulté n'est pas le calcul en lui-même, mais le changement de raisonnement qu'il impose : passer d'une pensée additive (« j'ajoute ») à une pensée multiplicative (« je multiplie »). Un élève qui croit que 5,5 est « à peine plus » que 5,1 raisonne encore de façon linéaire.
Or cette logique logarithmique se retrouve partout : le pH en chimie, les décibels du bruit, la luminosité des étoiles, ou encore les intérêts composés en économie. Un élève qui maîtrise vraiment le concept à travers les séismes le transposera ensuite sans peine à ces autres domaines. C'est précisément le rôle d'un accompagnement personnalisé : partir d'un événement réel et parlant pour ancrer une notion abstraite.
Comment un tuteur peut débloquer la notion
Un enseignant de soutien scolaire ne se contente pas de refaire l'exercice. Il identifie où se situe le blocage : confusion entre amplitude et énergie, mauvaise lecture d'une puissance de dix, ou difficulté à manipuler la fonction réciproque de l'exponentielle. Sur ExpertZoom, un tuteur en mathématiques peut travailler ces automatismes à partir d'exemples concrets, comme comparer deux séismes réels et calculer le rapport d'énergie entre eux.
Quelques pistes de travail que propose généralement un professeur particulier :
- Vérifier que l'élève sait passer de la forme logarithmique à la forme exponentielle, et inversement.
- Faire calculer le rapport d'énergie entre deux magnitudes données, plutôt que de mémoriser un résultat.
- Relier le chapitre aux autres échelles logarithmiques du programme pour montrer la cohérence de la notion.
- Préparer des exercices d'application tirés de l'actualité, souvent plus motivants qu'un énoncé abstrait.
Pour comprendre comment les scientifiques mesurent réellement ces magnitudes, le Service Sismologique Suisse rattaché à l'EPF de Zurich publie des ressources pédagogiques accessibles, qui expliquent la différence entre magnitude et intensité ressentie.
Une compétence qui dépasse la salle de classe
Comprendre une échelle logarithmique n'est pas qu'un enjeu de note. C'est un outil pour lire correctement l'information : quand un média titre sur une « petite » différence de magnitude, un citoyen formé sait qu'elle peut représenter un facteur d'énergie considérable. Cette lucidité vaut aussi pour les probabilités, les statistiques ou les pourcentages, autant de domaines où l'intuition trompe.
Les mathématiques appliquées à un fait d'actualité — un séisme, un match, un phénomène climatique — restent l'un des meilleurs leviers pédagogiques. On le voit par exemple lorsqu'on transforme une rencontre sportive en exercice de probabilités, une approche déjà explorée pour d'autres événements. L'important est de sortir la notion du manuel pour la rattacher au réel.
Si votre enfant bute sur les logarithmes ou les fonctions exponentielles à l'approche des examens, un accompagnement ciblé de quelques séances suffit souvent à débloquer la compréhension. Le drame de Chupaca rappelle, tristement, que derrière un simple chiffre se cache toute une mécanique — et que savoir la lire commence sur les bancs de l'école.

Laura Favre