Roberto Savi (Uno Bianca) parle à la TV : quels droits pour les familles des victimes en Suisse ?

Archives criminelles italiennes et dossiers judiciaires des années 1990, affaire Uno Bianca Bologne

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4 min de lecture 6 mai 2026

Roberto Savi, chef historique de la tristement célèbre Bande de la Uno Bianca, est réapparu sur les écrans italiens le 5 mai 2026, dans l'émission Belve Crime diffusée sur Rai 2. Pour la première fois en 32 ans, le condamné à perpétuité a affirmé que ses activités criminelles étaient orchestrées — ou du moins couvertes — par des agents des services secrets italiens. Ses déclarations ont immédiatement provoqué la colère des familles de victimes. En Suisse, notamment au Tessin, cette affaire résonne profondément et soulève une question juridique centrale : quels droits les proches des victimes ont-ils lorsqu'un condamné s'exprime publiquement ?

Qui était la Bande de la Uno Bianca ?

Entre 1987 et 1994, la Bande de la Uno Bianca a terrorisé l'Italie du Nord, principalement la région d'Émilie-Romagne. Ses membres — majoritairement des policiers, dont les frères Roberto et Fabio Savi — ont commis 24 meurtres, plus de 100 braquages et de nombreuses blessures graves. Leur surnom vient de la Fiat Uno blanche qu'ils utilisaient lors de leurs actions.

Roberto Savi, arrêté en 1994, purge depuis lors une peine de réclusion criminelle à perpétuité (ergastolo). Son apparition à Belve Crime le 5 mai 2026 marque sa première déclaration publique majeure depuis sa condamnation. Il y affirme que « des gens extérieurs au milieu criminel » lui garantissaient protection, et qu'il se rendait régulièrement à Rome pour rendre des comptes.

Les déclarations de Savi : portée et implications légales

Alberto Capolungo, président de l'association des familles des victimes de la Uno Bianca, a réagi avec indignation aux extraits diffusés avant l'émission, qualifiant cette interview de « très déplaisante, dégoûtante et suspecte ». Cette réaction soulève une question cruciale : les familles de victimes disposent-elles de mécanismes légaux pour s'opposer à de telles prises de parole médiatiques ?

En droit suisse et en droit comparé européen, plusieurs instruments existent :

Le droit de réponse médiatique : la législation suisse garantit aux personnes directement concernées par des déclarations publiques erronées ou dommageables un droit de réponse. Ce mécanisme est toutefois limité — il s'applique aux médias helvétiques, pas aux diffusions étrangères.

La protection de la dignité des victimes : la Loi fédérale sur l'aide aux victimes d'infractions (LAVI), en vigueur en Suisse, reconnaît des droits spécifiques aux proches : droit à l'information, à la protection et à la réparation. Si des déclarations publiques causent un préjudice moral supplémentaire aux victimes, elles peuvent faire valoir ces droits.

La diffamation et l'injure : si les déclarations d'un condamné portent atteinte à la réputation des victimes ou de leurs familles, des poursuites pour diffamation (art. 173 CP suisse) ou calomnie (art. 174 CP suisse) restent possibles — même depuis la prison.

En Suisse : que peuvent faire les familles ?

La situation des familles de victimes de crimes commis à l'étranger est particulièrement complexe. Voici les principales voies de recours disponibles en Suisse :

Saisir les autorités cantonales LAVI : chaque canton suisse dispose d'un centre de consultation LAVI. Ces centres accompagnent les victimes et leurs proches — y compris ceux de crimes commis hors de Suisse, si la victime résidait en Suisse.

Consulter un avocat spécialisé en droit pénal international : pour contester une émission de télévision diffusant des déclarations jugées blessantes, une demande d'injonction ou une plainte auprès des autorités de régulation audiovisuelle (AGCOM en Italie, OFCOM en Suisse) peut être envisagée.

Demander un droit de regard dans les procédures italiennes : en Italie, les familles constituent partie civile dans les procédures pénales. Toute révélation susceptible d'ouvrir de nouvelles investigations peut être portée devant le Procureur compétent, qui a l'obligation légale d'examiner tout élément nouveau.

Pour les familles résidant en Ticino ou dans d'autres cantons suisses, un avocat spécialisé en droit des victimes peut analyser la situation individuelle et identifier les démarches prioritaires.

Le droit à l'oubli face au droit à l'information

L'affaire Savi illustre une tension fondamentale du droit contemporain : le droit des condamnés à s'exprimer versus le droit des victimes à ne pas être rouvertes leurs blessures. En Suisse, le Tribunal fédéral a progressivement construit une jurisprudence équilibrée, reconnaissant que :

  • La peine de prison ne prive pas le condamné de ses droits fondamentaux, dont la liberté d'expression
  • Les victimes et leurs familles ont un droit constitutionnel à la dignité (art. 7 Cst.)
  • Les médias ont une obligation de traiter les sujets criminels avec égard pour les victimes

Un avocat peut vous aider à naviguer ces tensions, notamment si vous êtes proches d'une victime de crime grave et que vous êtes exposés à des déclarations publiques douloureuses.

L'aide psychologique, une priorité méconnue

Au-delà du droit, les déclarations publiques d'un condamné — surtout lorsqu'il minimise sa responsabilité ou invoque des complices présumés — constituent un véritable traumatisme pour les proches de victimes. En Suisse, les centres LAVI proposent non seulement une aide juridique, mais aussi un suivi psychologique gratuit, indépendant de toute procédure judiciaire.

Si vous ou un proche êtes affectés par la réouverture médiatique d'une affaire criminelle, n'hésitez pas à consulter un professionnel de santé mentale sur Expert Zoom. Un soutien précoce réduit significativement les séquelles du traumatisme secondaire.

Quand consulter un avocat ?

Face à des déclarations publiques d'un condamné, plusieurs situations justifient une consultation juridique urgente :

  • Vous êtes proches d'une victime et ressentez que vos droits sont ignorés dans la médiatisation
  • Vous souhaitez savoir si les nouvelles déclarations peuvent rouvrir une procédure
  • Une chaîne de télévision ou un journal a contacté votre famille sans votre consentement
  • Vous envisagez une action civile pour réparation du préjudice moral supplémentaire

Sur Expert Zoom, vous pouvez consulter en quelques minutes un avocat spécialisé en droit pénal ou en droit des victimes — disponible à Genève, Lausanne, Berne ou Zurich.


Cet article est de nature informative générale. Pour toute situation personnelle, consultez un avocat qualifié. Les références au droit suisse s'appliquent aux résidents en Suisse ; pour les procédures italiennes, un avocat bilingue est recommandé.

Crédits photos : Cette image a été générée par intelligence artificielle.

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