Patricia Boser : 30 ans de Lifestyle — et si vos droits d'image n'étaient pas protégés ?

Patricia Boser présentatrice TeleZüri Lifestyle dans un studio de télévision en 2026
5 min de lecture 23 juin 2026

Patricia Boser célèbre en 2026 une date exceptionnelle : 30 ans à la tête de Lifestyle, l'émission culte de TeleZüri qu'elle anime depuis le 3 mai 1996. Chaque vendredi, la présentatrice suisse de 58 ans invite des personnalités helvétiques à ouvrir les portes de leur vie privée. Derrière ce record national, une question que peu de Suisses se posent : vos droits à l'image sont-ils vraiment protégés lorsque votre visage circule sur internet, dans les médias ou dans un contrat professionnel ?

Un record dans le paysage médiatique helvétique

Trente ans sans interruption pour une même animatrice sur une même émission : selon TeleZüri, Patricia Boser a interviewé des centaines de personnalités suisses dans le cadre de Lifestyle, des artistes aux entrepreneurs, en passant par des sportifs et des personnages politiques. Sa notoriété est telle qu'elle ne peut, selon ses propres aveux, « faire un pas sans être reconnue ».

En 2026, elle étend sa présence numérique avec Boser intim, une série en ligne diffusée chaque jeudi, dans laquelle elle pose à ses invités des questions directes et souvent déconcertantes. Cette double exposition — télévisuelle et digitale — illustre parfaitement les défis juridiques modernes liés à l'image des professionnels des médias.

Car si Patricia Boser bénéficie de contrats probablement très bien ficelés après trois décennies de carrière, la situation est très différente pour les milliers de Suisses dont l'image est utilisée quotidiennement — souvent sans leur consentement explicite.

Ce que dit le droit suisse sur votre image

En Suisse, la protection de l'image repose sur deux piliers juridiques fondamentaux. Le premier est l'article 28 du Code civil (CC), qui garantit à toute personne le droit de s'opposer à toute atteinte illicite à sa personnalité. Cela inclut la publication non autorisée de votre photo, que ce soit dans un cadre commercial, éditorial ou sur les réseaux sociaux.

Le second pilier est la nouvelle Loi fédérale sur la protection des données (nLPD), entrée en vigueur le 1er septembre 2023. Cette loi renforce considérablement les obligations des entreprises en matière de traitement des données personnelles — y compris les images. Selon le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT), les violations intentionnelles de la nLPD peuvent entraîner des amendes pénales allant jusqu'à 250 000 francs suisses.

Ces règles s'appliquent à tout le monde : une célébrité comme Patricia Boser, bien sûr, mais aussi le restaurateur dont la photo apparaît dans une pub sans accord signé, ou le salarié dont le visage figure dans la brochure de son entreprise sans autorisation écrite.

Contrats médiatiques : les clauses que l'on ne lit jamais

Trente ans de carrière à la télévision impliquent la signature de dizaines de contrats. Ce que révèle l'expérience d'avocats spécialisés en droit des médias suisses, c'est que la grande majorité des contrats de présentation ou de collaboration contiennent des clauses sur l'utilisation des droits d'image — souvent rédigées en faveur de l'employeur ou du diffuseur, et rarement négociées par le cocontractant.

Parmi les points les plus sensibles :

  • L'étendue de la cession : Le contrat autorise-t-il l'utilisation de votre image pour des campagnes publicitaires, des archives ou des rediffusions numériques sur YouTube et les réseaux sociaux ?
  • La durée : Vos droits d'image sont-ils cédés pour la durée du contrat uniquement, ou sans limitation de durée ?
  • L'après-résiliation : Une fois votre collaboration terminée, la chaîne ou l'entreprise peut-elle continuer à exploiter vos images archivées sans vous consulter ni vous rémunérer ?

Dans les cas où ces clauses sont absentes ou ambiguës, les tribunaux cantonaux suisses ont généralement tendance à interpréter la situation en faveur de la personne dont l'image est exploitée — mais cela nécessite le plus souvent une procédure longue et coûteuse.

Cinq situations où vous avez besoin d'un avocat

L'image de Patricia Boser circule depuis 30 ans dans un cadre contractuel organisé. Pour vous, la situation est peut-être bien différente. Voici cinq cas concrets où l'avis d'un expert juridique est indispensable :

  1. Votre photo est utilisée sans consentement par une entreprise, une association ou un média — même à titre non commercial
  2. Vous signez un contrat d'influenceur ou de collaboration avec une marque : les droits d'image doivent être précisément définis pour éviter une exploitation abusive
  3. Vous travaillez dans les médias (radio, TV, podcast) et votre contrat ne précise pas l'utilisation future de vos archives
  4. Votre image a été manipulée ou deepfakée par une intelligence artificielle sans votre accord explicite
  5. Vous avez accordé un droit d'utilisation à un tiers pour une durée précise et souhaitez y mettre fin

Dans chacun de ces cas, un avocat spécialisé en droit des médias ou en droit de la personnalité peut vous guider rapidement vers la solution la plus adaptée à votre situation.

L'image numérique, un enjeu croissant en Suisse

Avec l'essor des intelligences artificielles génératives, la question de l'image dépasse désormais la simple photographie. Des outils permettent aujourd'hui de créer des deepfakes convaincants — des vidéos ou des images reproduisant fidèlement le visage d'une personne réelle, parfois à des fins malveillantes ou commerciales.

Pour une personnalité exposée comme Patricia Boser, le risque de voir son image détournée sans consentement est particulièrement élevé. Mais les particuliers ne sont pas à l'abri : des entreprises utilisent parfois des photos de profil LinkedIn ou des publications Instagram pour alimenter des campagnes publicitaires, sans jamais demander d'autorisation.

En Suisse, ces pratiques sont susceptibles d'engager la responsabilité civile et pénale de leurs auteurs au titre de l'article 28 CC et des dispositions de la nLPD. La clé est d'agir vite : les délais de prescription pour ce type d'atteinte à la personnalité sont relativement courts.

Votre image mérite une protection professionnelle

30 ans de Lifestyle, 30 ans de droits à gérer. Patricia Boser a su construire et maintenir une image forte pendant trois décennies en Suisse — avec, très probablement, l'accompagnement de professionnels du droit à chaque étape de sa carrière.

Vous aussi, quelle que soit votre profession, vous pouvez faire valoir vos droits à l'image et sécuriser vos contrats médiatiques. Un avocat spécialisé sur ExpertZoom peut vous apporter un avis personnalisé sur votre situation, rapidement et en toute confidentialité.

Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique. Pour toute situation individuelle relative aux droits à l'image ou aux contrats médiatiques, consultez un professionnel qualifié.

Nos experts

Avantages

Des réponses rapides et précises pour toutes vos questions et demandes d'assistance dans plus de 200 catégories.

Des milliers d'utilisateurs ont obtenu une satisfaction de 4,9 sur 5 pour les conseils et recommandations prodiguées par nos assistants.