La convention collective nationale du camping — IDCC 1618 — régit les relations de travail dans les campings et villages de vacances en France depuis le 13 janvier 1970, mise à jour par accord du 20 janvier 2015. Elle s'applique à plus de 2 500 établissements et concerne des dizaines de milliers de salariés saisonniers et permanents. Salariés en CDD saisonnier, réceptionnistes, agents de maintenance ou responsables d'animation : tous bénéficient de droits spécifiques que le Code du travail seul ne garantit pas.
Champ d'application : qui est couvert par la CCN camping ?
La convention collective nationale du camping (IDCC 1618) couvre l'ensemble des établissements de plein air proposant des emplacements nus ou des hébergements locatifs : campings classés, villages de vacances, parcs résidentiels de loisirs. Elle s'applique sur tout le territoire national, y compris les DOM, dès lors que l'activité principale relève de la catégorie 47.99B, 55.20Z ou 55.30Z (hébergement de plein air) selon la nomenclature NAF de l'INSEE.
Sont exclus du champ : les résidences de tourisme, les auberges de jeunesse relevant d'une autre convention, et les activités d'hôtellerie classique. En cas de doute sur l'applicabilité, le code APE attribué par l'INSEE à l'entreprise sert de premier indicateur — mais seule l'activité réelle est déterminante (Legifrance, texte de la CCN IDCC 1618).
Qui peut vérifier son rattachement ?
Un salarié peut consulter son bulletin de paie : la mention "Convention collective nationale du camping IDCC 1618" doit y figurer. L'employeur a l'obligation légale d'afficher en lieu de travail le texte ou l'intitulé de la convention applicable (art. L. 2262-5 du Code du travail).
Durée du travail et saisonnalité : les règles spécifiques aux campings
La CCN du camping intègre les contraintes de la saisonnalité. La durée légale de 35 heures hebdomadaires s'applique, mais la convention autorise une modulation du temps de travail sur tout ou partie de l'année dans les établissements à ouverture saisonnière.
Les salariés saisonniers peuvent voir leur temps de travail organisé sur la durée de la saison. La CCN prévoit que les équivalences et dérogations liées à l'hébergement de plein air sont négociées au niveau de l'établissement, sous réserve d'un accord collectif ou de consultation des représentants du personnel. Les nuits et dimanches travaillés ouvrent droit à des compensations définies dans les grilles de la convention.
Temps de repos obligatoires
Tout salarié bénéficie d'un repos quotidien d'au moins 11 heures consécutives et d'un repos hebdomadaire de 24 heures. Dans les campings à forte activité estivale, le repos hebdomadaire peut être reporté sous conditions strictes, avec récupération obligatoire dans les 12 semaines suivantes (art. L. 3132-12 du Code du travail).
Rémunération et primes : ce que garantit la CCN camping

La CCN du camping fixe des minima conventionnels par coefficient, qui constituent un plancher en dessous duquel aucun employeur ne peut descendre, même si le Smic est parfois inférieur pour les coefficients les plus bas. Les salaires sont répartis en 5 niveaux et 15 échelons.
| Niveau | Profil type | Coefficient | Salaire mensuel brut min. (indicatif 2026) |
|---|---|---|---|
| I | Agent de service, manœuvre | 160 | ~ 1 801 € (Smic) |
| II | Employé qualifié, réceptionniste | 175–190 | ~ 1 850 – 1 920 € |
| III | Technicien, animateur | 205–235 | ~ 1 960 – 2 050 € |
| IV | Agent de maîtrise, responsable secteur | 250–270 | ~ 2 100 – 2 250 € |
| V | Cadre, directeur d'exploitation | 300–400 | ~ 2 500 – 3 200 € |
Sources : CCN IDCC 1618, grille mise à jour par accord 2015 + revalorisation Smic 2026.
Primes et compléments de salaire
La CCN du camping prévoit plusieurs compléments obligatoires :
- Prime d'ancienneté : 3 % du salaire de base après 3 ans, majorée de 1 % par tranche de 3 ans supplémentaires, dans la limite de 15 %.
- Indemnité de repas : versée lorsque le salarié ne peut pas rentrer chez lui pour le déjeuner (montant fixé par accord de branche).
- Avantages en nature : le logement ou la nourriture fournis par l'employeur font l'objet d'une évaluation forfaitaire conforme aux arrêtés URSSAF.
À retenir : La prime d'ancienneté est automatique et cumulable avec les augmentations générales. Elle ne peut pas être absorbée par une prime discrétionnaire accordée à titre individuel.
Préavis et rupture du contrat : délais et indemnités
Durée des préavis conventionnels
La CCN camping définit des préavis plus protecteurs que le Code du travail pour certaines catégories. En cas de licenciement ou de démission, les durées minimales sont :
| Catégorie | Préavis démission | Préavis licenciement |
|---|---|---|
| Employés (niveaux I–III) < 2 ans | 1 mois | 1 mois |
| Employés (niveaux I–III) ≥ 2 ans | 1 mois | 2 mois |
| Agents de maîtrise (niveau IV) | 2 mois | 2 mois |
| Cadres (niveau V) | 3 mois | 3 mois |
Source : CCN IDCC 1618, titre V — Rupture du contrat de travail.
Le préavis peut être dispensé par l'employeur, qui doit alors verser une indemnité compensatrice de préavis équivalente au salaire qui aurait été perçu. Cette dispense est à l'initiative de l'employeur uniquement ; le salarié ne peut pas s'en prévaloir seul.
Indemnité de licenciement
L'indemnité légale de licenciement est calculée à raison de 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis 1/3 de mois au-delà (art. R. 1234-2 du Code du travail). La CCN du camping ne prévoit pas de taux supérieur au légal pour les non-cadres — le légal s'applique donc. Pour les cadres niveau V, vérifiez si un accord d'entreprise améliore ce taux.
Utilisez l'outil de calcul de l'indemnité de licenciement pour simuler le montant applicable à votre situation selon la CCN IDCC 1618.
CDD saisonnier : règles particulières
Le contrat de travail saisonnier est très répandu dans le secteur du camping. Il obéit aux règles du CDD de droit commun, avec une particularité : aucune indemnité de fin de contrat (prime de précarité) n'est due pour les emplois saisonniers au sens strict (art. L. 1243-10 du Code du travail). En revanche, si le CDD est qualifié d'"usage" sans véritable caractère saisonnier, la prime de précarité de 10 % s'applique.
Congés payés et absences : droits des salariés de camping
Acquisition et prise des congés payés
Tout salarié acquiert 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables (5 semaines) pour une année complète — identique au Code du travail. La CCN du camping précise les modalités spécifiques pour les salariés saisonniers :
- Les congés acquis sur une saison peuvent être pris en fin de contrat ou reportés si un nouveau contrat est conclu dans le même établissement la saison suivante.
- L'indemnité compensatrice de congés payés versée en fin de CDD saisonnier représente 10 % de la rémunération brute totale perçue sur la durée du contrat.
- L'ordre des départs en congé doit être affiché au moins 1 mois avant le début de la période de congé collective (art. D. 3141-6 du Code du travail).
Absences pour maladie
En cas d'arrêt maladie, la CCN du camping prévoit le maintien du salaire net selon le principe de subrogation dès lors que l'ancienneté est atteinte :
- À partir de 6 mois d'ancienneté : maintien à 100 % du salaire net pendant 30 jours, puis 75 % pendant 30 jours supplémentaires.
- À partir de 1 an : maintien à 100 % pendant 60 jours, puis 75 % pendant 60 jours.
Ces durées s'entendent déduction faite des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale (Ameli.fr). Le décompte reprend à zéro pour chaque arrêt sans lien avec le précédent.
Autres absences autorisées
La convention collective prévoit des congés pour événements familiaux au moins aussi favorables que la loi : 4 jours pour mariage ou Pacs, 3 jours pour la naissance d'un enfant, 5 jours pour le décès d'un conjoint ou enfant, 3 jours pour le décès d'un parent. Ces jours s'imputent sur le mois de l'événement sans réduction de salaire.
Ce que la CCN camping apporte de plus que le Code du travail

La convention collective nationale du camping déroge favorablement au Code du travail sur plusieurs points essentiels. Ces dérogations constituent des droits acquis que l'employeur ne peut pas unilatéralement supprimer.
| Domaine | Code du travail (minimum légal) | CCN camping (IDCC 1618) |
|---|---|---|
| Prime d'ancienneté | Non obligatoire | Obligatoire dès 3 ans d'ancienneté |
| Maintien salaire maladie | Après 1 an (60 jours à 90 %) | Dès 6 mois (30 jours à 100 %) |
| Préavis cadres | 3 mois | 3 mois (identique) |
| Congés événements familiaux | 4 jours mariage | 4 jours mariage (identique) |
| Modulation saisonnière | Accord d'entreprise requis | Autorisée dans la branche |
À retenir : La CCN camping améliore la situation des salariés sur la prime d'ancienneté et le maintien de salaire en cas de maladie. En revanche, pour les indemnités de licenciement des non-cadres, le taux légal s'applique sans bonification conventionnelle.
Classification et évolution professionnelle
La grille de classification à 5 niveaux et 15 échelons permet une évolution progressive. Un agent de service (niveau I) qui acquiert des compétences en réception ou animation peut prétendre au niveau II ou III après accord avec l'employeur. La CCN n'impose pas de critères automatiques d'avancement — la promotion reste à l'initiative de l'employeur — mais elle fixe les minima planchers pour chaque niveau.
Questions fréquentes sur la CCN du camping
La convention collective du camping s'applique-t-elle aux salariés saisonniers à temps partiel ?
Oui. La CCN du camping s'applique à tous les salariés de l'établissement, quelle que soit la nature du contrat (CDI, CDD saisonnier) et la durée du travail (temps plein ou temps partiel). Les droits sont calculés au prorata du temps de travail pour les éléments qui s'y prêtent (congés, indemnités).
Comment sont calculées les heures supplémentaires dans un camping ?
Les 8 premières heures supplémentaires par semaine (36e à 43e heure) sont majorées de 25 %. Au-delà de la 43e heure, la majoration passe à 50 %. Dans les établissements ayant conclu un accord de modulation, les heures sont comptabilisées sur la période de référence — seules les heures dépassant le seuil annuel constituent des heures supplémentaires.
Un salarié saisonnier peut-il bénéficier de la prime d'ancienneté ?
La prime d'ancienneté est calculée en tenant compte de l'ensemble des contrats de travail conclus avec le même employeur, y compris les contrats saisonniers successifs. Dès que le cumul atteint 3 ans de travail effectif dans l'établissement, la prime s'ouvre.
Que faire en cas de non-respect de la convention collective ?
Le salarié peut saisir l'Inspection du travail (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités — DREETS) ou consulter un avocat spécialisé en droit du travail. Le délai de prescription pour les rappels de salaire est de 3 ans à compter du jour où le salarié a eu connaissance du non-paiement (art. L. 3245-1 du Code du travail).
Avertissement : Les informations présentes sur cette page sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas un conseil juridique. Consultez un avocat pour votre situation personnelle.













