Coiffeuse française en tablier noir coiffant une cliente dans un salon parisien lumineux avec miroirs ovales et comptoir de produits
11 min de lecture 22 avril 2026

La convention collective nationale de la coiffure et des professions connexes — IDCC 2596 — encadre les conditions de travail de plus de 100 000 salariés dans quelque 33 000 salons en France [Observatoire des Métiers de la Coiffure, 2023]. Signée le 10 juillet 2006 et étendue par arrêté du 3 avril 2007 (JORF du 17 avril 2007), elle s'applique à tous les employeurs du secteur, qu'il s'agisse d'un salon indépendant ou d'une grande enseigne nationale. Ce guide détaille les droits essentiels des coiffeurs salariés et les obligations des employeurs, du salaire minimum à la rupture du contrat de travail.

Champ d'application de la CCN coiffure IDCC 2596

La convention collective de la coiffure et des professions connexes (IDCC 2596) couvre l'ensemble des entreprises dont l'activité principale est la coiffure, le perruquier-posticheur, le barbier ainsi que les professions connexes telles que les instituts de beauté proposant des soins capillaires. Le champ géographique s'étend à la France métropolitaine et aux départements d'outre-mer.

Sont concernés tous les salariés de ces établissements, quel que soit leur statut — apprenti, employé à temps partiel, cadre, ou gérant non-associé. Les employeurs doivent appliquer la convention dès l'embauche du premier salarié. En cas de conflit entre la convention et le contrat individuel de travail, c'est toujours la disposition la plus favorable au salarié qui s'applique, conformément au principe de faveur posé par le Code du travail (article L. 2254-1).

À retenir : La CCN IDCC 2596 est d'application obligatoire pour toutes les entreprises du secteur de la coiffure ayant leur siège social en France. Un coiffeur à domicile ou un barbier indépendant employant du personnel entre dans son champ d'application.

Durée du travail et aménagement du temps

La durée légale du travail dans le secteur est de 35 heures hebdomadaires, comme dans le reste du salariat français. La CCN coiffure IDCC 2596 encadre toutefois plusieurs dispositifs spécifiques liés aux contraintes du métier.

Horaires et jours de travail

Les salons de coiffure peuvent fonctionner du lundi au samedi, voire le dimanche dans certaines zones touristiques ou commerciales autorisées. La convention prévoit un repos hebdomadaire obligatoire d'au moins 35 heures consécutives. Le travail le dimanche donne lieu à une majoration conventionnelle de 20 % du salaire horaire brut pour les salariés volontaires [CCN coiffure, art. 27].

Heures supplémentaires

Les heures effectuées au-delà de 35 heures par semaine sont rémunérées avec les majorations suivantes :

  • 25 % pour les 8 premières heures supplémentaires (de la 36e à la 43e heure)
  • 50 % au-delà de la 43e heure

Ces taux correspondent aux minimums légaux du Code du travail. La CCN n'y déroge pas dans un sens moins favorable au salarié. Un salon employant plusieurs coiffeurs peut également recourir à la modulation du temps de travail sur l'année, à condition de respecter les maxima hebdomadaires (48 heures sur une semaine isolée, 44 heures en moyenne sur 12 semaines).

Temps partiel

Le temps partiel est fréquent dans la coiffure. La durée minimale est fixée à 24 heures par semaine (sauf dérogation à la demande écrite et motivée du salarié). Les heures complémentaires réalisées au-delà du volume contractuel sont majorées de 10 % jusqu'au dixième de la durée prévue, puis de 25 % au-delà.

Coiffeuse appliquant une coloration capillaire avec un pinceau dans un salon de Lyon, gants professionnels et bol de couleur

Rémunérations, primes et grille conventionnelle

La CCN coiffure IDCC 2596 définit une grille de salaires minimaux par coefficient hiérarchique, qui s'impose à tous les employeurs du secteur. Ces minima sont révisés lors des négociations annuelles de branche.

Grille conventionnelle simplifiée (2024)

Niveau Qualification Salaire mensuel brut minimum
1A Apprenti 1re année SMIC applicable
1B Apprenti 2e année SMIC applicable
2A Coiffeur qualifié (CAP) 1 600 €
2B Coiffeur qualifié confirmé 1 680 €
3A Coiffeur hautement qualifié (BP) 1 780 €
3B Coiffeur très hautement qualifié 1 900 €
4 Agent de maîtrise / Responsable de salon 2 100 €
5 Cadre 2 500 €

Source : Grille conventionnelle CCN IDCC 2596, négociation de branche 2024. Ces montants sont des minima ; tout contrat individuel peut prévoir une rémunération supérieure.

Primes et avantages conventionnels

La CCN coiffure prévoit plusieurs primes spécifiques :

  • Prime d'ancienneté : à partir de 3 ans d'ancienneté dans l'entreprise, le salarié bénéficie d'une prime calculée en pourcentage du salaire minimum conventionnel (3 % à 3 ans, 6 % à 6 ans, puis 1 % supplémentaire par an dans certaines limites).
  • Prime de 13e mois : non obligatoire sauf si elle figure dans les usages de l'entreprise ou dans le contrat de travail ; certaines branches locales l'ont intégrée dans leurs accords d'entreprise.
  • Remboursement des frais professionnels : les produits et matériels fournis par le salon restent à la charge de l'employeur. Si le salarié avance des frais (formation, déplacement professionnel), ils sont remboursés sur justificatifs.

Préavis et rupture du contrat de travail

La CCN coiffure IDCC 2596 encadre les conditions de départ — qu'il s'agisse d'une démission, d'un licenciement ou d'une rupture conventionnelle. Ces règles dérogent parfois au Code du travail dans un sens plus favorable aux salariés.

Durées de préavis conventionnels

Motif de rupture Ancienneté < 6 mois Ancienneté 6 mois – 2 ans Ancienneté > 2 ans
Démission 1 semaine 1 mois 1 mois
Licenciement 1 semaine 1 mois 2 mois

Le préavis peut être réduit d'un commun accord entre employeur et salarié. En cas de licenciement pour faute grave ou lourde, aucun préavis n'est dû. La dispense de préavis à l'initiative de l'employeur ouvre droit à une indemnité compensatrice de préavis.

Indemnité de licenciement

L'indemnité légale de licenciement est calculée conformément à l'article R. 1234-2 du Code du travail : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis 1/3 de mois au-delà. La CCN coiffure IDCC 2596 ne prévoit pas de barème plus favorable, mais le salarié peut bénéficier d'une indemnité supérieure si son contrat individuel ou un accord d'entreprise le stipule.

Rupture conventionnelle

La rupture conventionnelle (article L. 1237-11 du Code du travail) est accessible aux coiffeurs salariés en CDI. L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut être inférieure à l'indemnité légale de licenciement. Elle est exonérée de cotisations sociales dans la limite de 2 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (Pass).

À retenir : En cas de licenciement économique collectif, un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) est obligatoire dès 10 licenciements sur 30 jours dans les entreprises de 50 salariés et plus — ce seuil est rarement atteint dans la coiffure, mais les grandes enseignes y sont soumises.

Congés payés et absences dans la coiffure

Les salariés couverts par la CCN coiffure IDCC 2596 bénéficient des dispositions légales en matière de congés, avec quelques aménagements conventionnels.

Congés payés annuels

Le droit légal est de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables (5 semaines) pour une année complète. La période de prise principale va du 1er mai au 31 octobre, mais les salons peuvent organiser la pose différemment selon les besoins de l'activité. La cinquième semaine de congés payés est souvent prise en basse saison (janvier-février dans la coiffure).

Événements familiaux et congés spéciaux

La CCN prévoit des congés pour événements familiaux identiques aux dispositions légales du Code du travail :

  • Mariage du salarié : 4 jours
  • Naissance ou adoption : 3 jours (cumulables avec le congé paternité légal de 28 jours)
  • Décès d'un conjoint, enfant ou parent : 3 jours
  • Mariage d'un enfant : 1 jour

Arrêt maladie et maintien de salaire

En cas d'arrêt maladie, le salarié ayant au moins 1 an d'ancienneté bénéficie d'un maintien de salaire complémentaire aux indemnités journalières de la Sécurité sociale, conformément aux dispositions de la CCN coiffure. Le maintien est progressif :

  • Jusqu'à 30 jours d'arrêt : 90 % du salaire net habituel
  • Du 31e au 90e jour : 66,66 % du salaire net habituel

Ce mécanisme de prévoyance est géré par les organismes désignés par la branche professionnelle. L'employeur est tenu d'affilier ses salariés à ces régimes de prévoyance complémentaire.

Ce que la CCN coiffure apporte de plus que le Code du travail

La convention collective IDCC 2596 déroge à plusieurs reprises au droit commun dans un sens favorable aux salariés. Comprendre ces écarts permet aux coiffeurs de défendre leurs droits avec précision.

100 000+
Salariés couverts
Observatoire Métiers Coiffure, 2023
33 000
Salons employeurs
UNEC, 2023
3 %
Prime d'ancienneté dès 3 ans
CCN IDCC 2596, art. ancienneté

Parmi les apports les plus significatifs de la CCN par rapport au Code du travail :

Préavis de licenciement renforcé. Pour les salariés ayant plus de 2 ans d'ancienneté, le préavis de licenciement est porté à 2 mois, contre 1 mois prévu par le Code du travail pour les non-cadres. Cet avantage offre aux coiffeurs un délai supplémentaire pour retrouver un emploi.

Prime d'ancienneté systématique. Le Code du travail n'impose aucune prime d'ancienneté automatique dans le secteur privé. La CCN coiffure en impose une dès 3 ans de présence dans la même entreprise, avec un mécanisme d'augmentation progressive.

Prévoyance obligatoire. L'affiliation à un régime de prévoyance complémentaire (maintien de salaire en cas d'arrêt maladie, incapacité, décès) est obligatoire pour tous les employeurs du secteur, alors que le Code du travail n'en fait pas une obligation générale.

Mutuelle santé d'entreprise. Depuis la généralisation de la complémentaire santé en 2016, tous les employeurs sont tenus de proposer une mutuelle. La CCN coiffure a désigné des organismes recommandés pour bénéficier de tarifs de branche négociés, sans obligation d'y souscrire si l'employeur trouve une offre équivalente.

Responsable de salon de coiffure parisien consultant des documents administratifs à son bureau, lumière naturelle et plantes en vitrine

Un cas concret : Léa, coiffeuse salariée à Lyon

Léa est coiffeuse diplômée (BP Coiffure) depuis 4 ans dans le même salon lyonnais. Son employeur lui a annoncé un licenciement économique lié à la fermeture de l'établissement. Grâce à la CCN coiffure IDCC 2596, elle peut faire valoir :

  1. Un préavis de 2 mois (au lieu du mois légal pour les non-cadres), car son ancienneté dépasse 2 ans.
  2. Une indemnité de licenciement calculée sur la base de son salaire brut des 12 derniers mois, avec le coefficient légal de 1/4 mois par année pour les 4 premières années.
  3. Une indemnité compensatrice de congés payés si elle n'a pas soldé ses congés au moment du départ.
  4. Le maintien de sa mutuelle pendant la période de préavis, pris en charge à 50 % minimum par l'employeur.
  5. Un droit au dispositif de Conseil en Évolution Professionnelle (CEP) pour envisager une reconversion ou une formation.

Son niveau 3A dans la grille conventionnelle lui garantissait un minimum de 1 780 € brut mensuel. Si son employeur lui versait moins, elle peut saisir le Conseil de Prud'hommes compétent dans un délai de 3 ans à compter du premier rappel de salaire manquant [Code du travail, art. L. 3245-1].

Questions fréquentes sur la CCN coiffure IDCC 2596

La CCN coiffure s'applique-t-elle aux auto-entrepreneurs coiffeurs à domicile ? Non. La convention collective nationale de la coiffure et des professions connexes (IDCC 2596) ne concerne que les salariés et leurs employeurs. Un coiffeur auto-entrepreneur ou micro-entrepreneur exerce à titre indépendant et n'est pas soumis à cette convention. Elle devient applicable dès qu'il emploie un salarié.

Quelle est la durée de conservation des bulletins de paie ? En France, les bulletins de paie doivent être conservés sans limitation de durée par le salarié depuis 2017 [Loi El Khomri, art. 26]. L'employeur doit les conserver au moins 5 ans. Il est recommandé aux coiffeurs salariés de les garder toute leur vie, notamment pour le calcul des droits à la retraite.

Un employeur peut-il payer moins que le minimum conventionnel ? Non. Le salaire minimum conventionnel de la CCN coiffure IDCC 2596 constitue un plancher en dessous duquel aucun employeur ne peut descendre. Si le SMIC national est plus élevé que le minimum conventionnel pour un niveau donné, c'est le SMIC qui s'applique. En cas de non-respect, le salarié peut obtenir le rappel de salaire devant le Conseil de Prud'hommes.

Comment trouver le texte officiel de la CCN coiffure ? Le texte intégral est disponible gratuitement sur Légifrance, rubrique "Conventions collectives", sous le code IDCC 2596. Il est mis à jour à chaque avenant signé par les partenaires sociaux de la branche (employeurs représentés par l'UNEC, salariés par FO, CGT, CFTC et CFDT).

La CCN coiffure couvre-t-elle les apprentis ? Oui, les apprentis entrent dans le champ de la convention. Leur rémunération est calculée selon le barème légal de l'apprentissage (pourcentage du SMIC selon l'âge et l'année de formation), mais les autres dispositions conventionnelles (durée du travail, congés, prévoyance) leur sont applicables dès le premier jour de contrat.


Avertissement : Les informations présentes sur cette page sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas un conseil juridique. Pour toute situation individuelle relative à l'application de la CCN coiffure IDCC 2596, consultez un avocat spécialisé en droit du travail ou un conseiller de l'Union Syndicale de la Coiffure.

Les conventions collectives en France : guide complet pour salariés et RH

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