Salariée en uniforme de fast-food lisant son contrat de travail dans un restaurant français, lumière froide, ambiance concentration

Convention collective restauration rapide (IDCC 1501) : droits, salaires et préavis des salariés

11 min de lecture 22 avril 2026

Plus de 200 000 salariés travaillent dans la restauration rapide en France sous un contrat régi par la convention collective nationale de la restauration rapide — IDCC 1501. Signée le 18 mars 1988 et étendue par arrêté, cette convention fixe les règles minimales applicables à toutes les enseignes du secteur : salaires, durée du travail, primes, préavis et congés. Si votre employeur est McDonald's, Burger King, KFC, Quick ou une enseigne indépendante de restauration rapide, cette CCN s'applique à vous — sauf accord d'entreprise plus favorable.

Champ d'application : qui est couvert par la CCN restauration rapide ?

La convention collective nationale de la restauration rapide (IDCC 1501) s'applique aux établissements dont l'activité principale est la vente au comptoir de produits alimentaires destinés à une consommation immédiate, avec un temps de préparation réduit. Cela inclut les chaînes de hamburgers, de sandwichs, de tacos, de sushis à la découpe, ainsi que les restaurants de livraison en propre.

Sont exclus de cette convention les établissements relevant de la Convention Collective Nationale des Hôtels, Cafés, Restaurants (HCR — IDCC 1979), qui couvre la restauration à service à table, ainsi que les traiteurs et la restauration collective. La frontière entre les deux CCN repose sur le mode de service : présence de serveurs attablés → HCR ; service au comptoir ou en plateau → CCN restauration rapide.

L'extension par arrêté ministériel rend cette convention obligatoire pour tous les employeurs du secteur, même ceux non adhérents à une organisation patronale signataire. En cas de doute sur l'appartenance de votre établissement, vérifiez le code NAF attribué par l'INSEE : les codes 5610C (restauration de type rapide) et 5610A (restauration traditionnelle) délimitent le périmètre.

Durée du travail et organisation des horaires

La restauration rapide fonctionne souvent en horaires fractionnés, le soir et le week-end. La CCN IDCC 1501 encadre ces contraintes de manière spécifique, dérogeant sur plusieurs points au droit commun du Code du travail.

Durée légale et heures supplémentaires

La durée légale reste fixée à 35 heures par semaine [Code du travail, art. L3121-27]. Les heures réalisées au-delà sont majorées à 25 % pour les 8 premières heures supplémentaires (36e au 43e heure), puis à 50 % au-delà. La CCN ne prévoit pas de dérogation inférieure sur ces taux.

Temps partiel et coupures

Le travail à temps partiel est très répandu dans le secteur. La CCN fixe à 24 heures minimum la durée hebdomadaire garantie, conformément à la loi, sauf dérogation négociée par accord d'entreprise. La durée des coupures quotidiennes ne peut excéder 2 heures pour les salariés à temps partiel, sauf accord exprès du salarié.

Travail de nuit, dimanches et jours fériés

Situation Majoration prévue par la CCN 1501
Travail entre 21h et 6h (nuit) +10 % sur le salaire de base
Travail le dimanche +10 % sur le salaire de base
Jours fériés travaillés +100 % (doublement du salaire)
1er mai travaillé +100 % obligatoire (Code du travail)

Source : art. 30 et 32 de la CCN nationale restauration rapide IDCC 1501

Grille des salaires et primes conventionnelles

La rémunération dans la restauration rapide est encadrée par une grille de classifications qui distingue quatre niveaux, chacun subdivisé en échelons. Ces minima conventionnels sont révisés chaque année par voie d'avenant et s'appliquent en complément du SMIC.

Niveaux de classification (grille simplifiée 2026)

Niveau Poste type Salaire mensuel brut minimum
I (employé) Équipier polyvalent SMIC + 0 à 3 % selon échelon
II (employé qualifié) Hôte/hôtesse de caisse, référent SMIC + 5 à 10 %
III (agent de maîtrise) Shift leader, assistant manager À partir de 1 900 € brut/mois
IV (cadre) Directeur de restaurant À partir de 2 800 € brut/mois

Source : accord salarial CCN 1501 — valeurs indicatives, à vérifier avec l'avenant en vigueur à la date de signature du contrat

Primes légales et conventionnelles

La CCN prévoit plusieurs primes spécifiques :

  • Prime de blanchissage : entre 6 € et 12 € par mois selon la taille de l'établissement, pour l'entretien de la tenue de travail fournie par l'employeur.
  • Repas ou avantage nourriture : l'employeur doit fournir un repas ou équivalent par service travaillé (valeur plancher fixée par avenant — généralement entre 3,90 € et 4,50 € par repas en 2026).
  • 13e mois : non obligatoire par la CCN nationale, mais souvent prévu dans les accords d'entreprise des grandes chaînes.

À retenir : Le salaire réel doit toujours être supérieur ou égal au SMIC en vigueur. En 2026, le SMIC horaire brut est de 11,88 € [Ministère du Travail, janvier 2026], soit environ 1 801,80 € brut mensuel pour un temps plein.

Préavis, rupture du contrat et indemnités de licenciement

La CCN IDCC 1501 précise les durées de préavis applicables à la restauration rapide, qui diffèrent selon l'ancienneté et le niveau de classification du salarié.

Durées de préavis

Niveau Ancienneté Préavis salarié Préavis employeur
I et II < 6 mois 1 semaine 1 semaine
I et II 6 mois à 2 ans 1 mois 1 mois
I et II > 2 ans 2 mois 2 mois
III et IV Toute ancienneté 3 mois 3 mois

Source : art. 22 de la CCN nationale restauration rapide

Indemnité légale de licenciement

L'indemnité de licenciement (hors faute grave ou lourde) est calculée selon la formule légale [Code du travail, art. L1234-9] : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois par année au-delà. La CCN ne prévoit pas de taux supérieur à cette formule légale pour les niveaux I et II, mais certains accords d'entreprise dans les grandes chaînes améliorent ce plancher.

Rupture conventionnelle et démission

La rupture conventionnelle homologuée [Code du travail, art. L1237-19] permet de quitter l'employeur d'un commun accord tout en conservant les droits à l'allocation chômage (France Travail). Elle est accessible dès le 1er jour de contrat sans condition d'ancienneté. La démission, en revanche, ne ouvre droit à l'allocation chômage que dans des cas précis (démission légitime selon France Travail).

Pour une simulation de votre indemnité selon votre situation réelle, le calculateur intégré à cet article prend en compte les paramètres spécifiques à la CCN 1501.

Congés payés, absences et droits spécifiques

La convention collective de la restauration rapide (IDCC 1501) reprend les règles du Code du travail sur les congés payés tout en ajoutant des dispositions propres au secteur.

Congés payés annuels

Le droit commun prévoit 5 semaines de congés payés (30 jours ouvrables) par an [Code du travail, art. L3141-3]. La CCN 1501 ne dégage pas de droit supplémentaire à ce titre, mais l'ordre des départs en congé doit être communiqué aux salariés 2 mois avant le départ. La période légale de prise des congés principaux s'étend du 1er mai au 31 octobre.

Congés pour événements familiaux

Événement Durée du congé
Mariage du salarié 4 jours ouvrés
Naissance ou adoption 3 jours ouvrés
Décès du conjoint ou d'un enfant 3 jours ouvrés
Décès d'un parent (père, mère) 3 jours ouvrés
Mariage d'un enfant 1 jour ouvré

Source : art. 28 de la CCN restauration rapide IDCC 1501

Absences pour maladie et maintien de salaire

Après un an d'ancienneté, le salarié bénéficie d'un maintien de salaire lors d'un arrêt maladie : 90 % du salaire brut pendant 30 jours, puis 66 % pendant 30 jours supplémentaires, sous déduction des indemnités journalières de la Sécurité sociale [Ameli.fr]. Ce dispositif s'applique à partir du 1er jour d'absence sans délai de carence conventionnel (le délai de carence légal de 3 jours pour les IJSS reste applicable).

Bulletin de paie et contrat de travail d'un salarié de la restauration rapide en France, avec les lignes IDCC et salaire en évidence

Ce que la CCN 1501 apporte de plus que le Code du travail

La convention collective de la restauration rapide déroge à plusieurs reprises au code du travail, dans un sens globalement favorable aux salariés. Connaître ces spécificités permet de ne pas laisser des droits sur la table.

Points de dérogation favorables

  1. Réduction de la coupure journalière : Le Code du travail n'impose aucune limite à la durée de la coupure dans la journée. La CCN 1501 plafonne cette coupure à 2 heures pour les temps partiels, protégeant ainsi les salariés des "horaires en accordéon".

  2. Avantage nourriture formalisé : Le Code du travail ne précise pas le montant ou la forme de l'avantage nourriture. La CCN le fixe contractuellement, rendant la suppression du repas gratuit par l'employeur une violation de la convention.

  3. Maintien de salaire maladie dès 1 an : La loi prévoit ce maintien après 1 an d'ancienneté, mais la CCN 1501 le confirme sans introduire de délai de carence conventionnel supplémentaire — ce que certains secteurs permettent.

  4. Durée de préavis accélérée pour niveaux I/II : Avec moins de 6 mois d'ancienneté, le préavis d'une semaine (contre 1 mois prévu par défaut dans certains secteurs) peut être un avantage pour les salariés souhaitant changer rapidement d'employeur.

Ce que la CCN ne prévoit pas

La CCN 1501 reste silencieuse sur certains points : pas de prime d'ancienneté obligatoire (contrairement à la CCN HCR), pas de 13e mois garanti, et pas de prime de panier systématique pour les salariés roulants. Ces éléments peuvent néanmoins exister dans des accords d'entreprise négociés au niveau de chaque chaîne de restauration.

Pour contextualiser ces droits dans le quotidien des enseignes, l'analyse sur McDonald's et la hausse des prix : vos droits face aux nouvelles tarifications illustre concrètement l'application du droit de la consommation dans la restauration rapide.

Responsable de fast-food français en polo marine consultant le planning des équipes dans un restaurant de banlieue parisienne

Comment vérifier que votre employeur applique bien la CCN 1501 ?

Voici les 5 étapes à suivre pour s'assurer que vos droits sont respectés dans la restauration rapide.

  1. Vérifiez l'IDCC sur votre bulletin de paie : La mention "Convention collective nationale de la restauration rapide — IDCC 1501" doit figurer sur votre fiche de paie [Code du travail, art. R3243-1]. Si une autre IDCC apparaît, renseignez-vous auprès de l'inspection du travail.

  2. Contrôlez votre salaire face à la grille : Rapprochez votre salaire mensuel brut du minimum conventionnel correspondant à votre niveau de classification. Si votre rémunération est inférieure, signalez-le à votre représentant du personnel ou au Conseil de prud'hommes.

  3. Vérifiez les majorations sur votre bulletin : Les heures supplémentaires, le travail de nuit et le travail le dimanche doivent apparaître avec leurs taux de majoration respectifs. Une ligne "heures supplémentaires" sans majoration est une irrégularité.

  4. Consultez le document unique d'évaluation des risques (DUERP) : Ce document, obligatoire dans tout établissement [Code du travail, art. R4121-1], doit être accessible aux salariés. Dans la restauration rapide, les risques de brûlures, de glissades et de troubles musculo-squelettiques (TMS) doivent y figurer.

  5. Contactez l'inspection du travail (DREETS) en cas de non-respect caractérisé : les coordonnées de la Direction Régionale de l'Économie, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités (DREETS) de votre région sont disponibles sur travail-emploi.gouv.fr.

À retenir : En cas de litige sur l'application de la CCN 1501, le Conseil de prud'hommes est la juridiction compétente. La procédure de conciliation préalable est obligatoire et gratuite pour le salarié.

Questions fréquentes sur la convention collective restauration rapide

Suis-je couvert par la CCN 1501 si je travaille en intérim dans un fast-food ? Non. Les salariés en intérim sont couverts par la convention collective de la société d'intérim (travail temporaire), et non par celle de l'entreprise utilisatrice. Toutefois, leur rémunération doit être au moins égale à celle que percevrait un salarié permanent de même qualification dans l'établissement [Code du travail, art. L1251-18].

La CCN 1501 s'applique-t-elle aux auto-entrepreneurs qui livrent pour des fast-foods ? Non. Les auto-entrepreneurs ou micro-entrepreneurs travaillant via des plateformes de livraison (Uber Eats, Deliveroo, etc.) sont en principe des travailleurs indépendants et ne relèvent d'aucune convention collective. Une présomption de salariat peut toutefois être requalifiée par les juges [Cass. Soc., 4 mars 2020, affaire Uber].

Mon contrat prévoit un salaire inférieur au minimum de la grille. Est-ce valable ? Non. Les minima conventionnels sont d'ordre public social : toute clause contractuelle fixant un salaire inférieur est réputée non écrite. L'employeur doit aligner la rémunération sur le minimum de la grille applicable dès que celui-ci est revalorisé.

Peut-on cumuler plusieurs emplois dans la restauration rapide ? Oui, le cumul d'emplois est légal tant que la durée totale de travail ne dépasse pas 10 heures par jour et 48 heures par semaine (ou 44 heures en moyenne sur 12 semaines) [Code du travail, art. L8261-1]. Le salarié doit informer ses employeurs de ses autres contrats si les limites risquent d'être atteintes.

Quelle est la différence entre la CCN restauration rapide et la CCN HCR ? La CCN Hôtels, Cafés, Restaurants (HCR — IDCC 1979) couvre les établissements à service à table et les hôtels. La CCN 1501 couvre le service au comptoir, en plateau ou à emporter. La CCN HCR prévoit une prime d'ancienneté et des grilles salariales différentes. Pour approfondir les enjeux nutritionnels et réglementaires du secteur, l'article Burger King : ce que cache vraiment le fast food offre un éclairage complémentaire.


Avertissement : Les informations présentes sur cette page sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas un conseil juridique. Les dispositions de la CCN 1501 évoluent par voie d'avenants réguliers. Consultez un avocat spécialisé en droit du travail ou l'inspection du travail pour votre situation personnelle.

Les conventions collectives en France : guide complet pour salariés et RH

Voir le dossier complet
Convention collective de la métallurgie (IDCC 3248) : droits et salaires complets
Juridique

Convention collective de la métallurgie (IDCC 3248) : droits et salaires complets

La convention collective de la métallurgie (IDCC 3248), entrée en vigueur le 1er janvier 2024, est le texte unique qui remplace plus de 75 conventions territoriales et nationales du secteur. À reten

15 min de lectureApril 4, 2026
Convention collective du commerce alimentaire (IDCC 2216) : vos droits expliqués
Juridique

Convention collective du commerce alimentaire (IDCC 2216) : vos droits expliqués

Trois millions de Français font leurs courses chaque jour dans un supermarché ou une épicerie. Les caissiers, employés polyvalents, responsables rayon et manutentionnaires qui les accueillent sont, po

9 min de lectureApril 4, 2026
Convention collective des transports routiers (IDCC 16) : marchandises vs voyageurs
Juridique

Convention collective des transports routiers (IDCC 16) : marchandises vs voyageurs

Conducteur de marchandises ou de voyageurs : même IDCC, droits différents. La Convention Collective Nationale des Transport

7 min de lectureApril 4, 2026
Convention collective HCR (IDCC 1979) : 8 droits essentiels pour l'hôtellerie-restauration
Juridique

Convention collective HCR (IDCC 1979) : 8 droits essentiels pour l'hôtellerie-restauration

Le secteur de l'hôtellerie-restauration emploie 1,2 million de salariés en France [DARES, 2024], mais c'est aussi l'un des secteurs où les droits sont les plus méconnus et les plus souvent non respect

6 min de lectureApril 4, 2026
Convention collective de la propreté (IDCC 3043) : droits des agents d'entretien
Juridique

Convention collective de la propreté (IDCC 3043) : droits des agents d'entretien

Combien gagne un agent d'entretien soumis à la convention collective de la propreté ? Peut-il refuser de suivre un client lorsqu'une entreprise change de prestataire ? La [Convention Collective Nation

4 min de lectureApril 4, 2026
Comment trouver sa convention collective : IDCC, code APE et Légifrance en 5 étapes
Juridique

Comment trouver sa convention collective : IDCC, code APE et Légifrance en 5 étapes

Quand Laure reçoit son premier bulletin de salaire dans son nouveau poste de coordinatrice logistique, elle cherche la ligne "Convention Collective" — et trouve un sigle incompréhensible suivi d'un co

7 min de lectureApril 4, 2026
Convention collective automobile (IDCC 1090) : guide complet des droits salariés
Juridique

Convention collective automobile (IDCC 1090) : guide complet des droits salariés

La convention collective nationale du commerce et de la réparation de l'automobile, du cycle et du motocycle et des activités connexes, ainsi que du contrôle technique automobile — connue sous l'IDCC

11 min de lectureApril 21, 2026
Convention collective prévention et sécurité (IDCC 1351) : droits et salaires des agents
Juridique

Convention collective prévention et sécurité (IDCC 1351) : droits et salaires des agents

La convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité — IDCC 1351 — encadre les droits et obligations de plus de 160 000 salariés travaillant dans le gardiennage, la surv

9 min de lectureApril 22, 2026
Convention collective IDCC 1505 : droits des salariés du commerce alimentaire
Juridique

Convention collective IDCC 1505 : droits des salariés du commerce alimentaire

La convention collective nationale du commerce de détail alimentaire non spécialisé — IDCC 1505 régit les conditions de travail de plusieurs centaines de milliers de salariés en France : caissiers

10 min de lectureApril 22, 2026
CCN BTP ouvriers (IDCC 1596) : droits, salaires et congés expliqués
Juridique

CCN BTP ouvriers (IDCC 1596) : droits, salaires et congés expliqués

Votre employeur compte moins de 11 salariés et travaille dans le secteur du bâtiment ? La convention collective nationale des ouvriers employés par les entreprises du bâtiment visées par le décret du

11 min de lectureApril 22, 2026

Nos experts

Avantages

Des réponses rapides et précises pour toutes vos questions et demandes d'assistance dans plus de 200 catégories.

Des milliers d'utilisateurs ont obtenu une satisfaction de 4,9 sur 5 pour les conseils et recommandations prodiguées par nos assistants.