SGA, double MVP avec 83 voix sur 100 : les leçons du supermax à 71 M$ pour les sportifs français

Shai Gilgeous-Alexander, double MVP NBA, en action sur le parquet

Photo : Frenchieinportland / Wikimedia

5 min de lecture 29 mai 2026

Shai Gilgeous-Alexander a été désigné MVP de la saison NBA 2025-2026 pour la deuxième année consécutive, à quelques heures du Game 1 de la finale de la Western Conference contre les San Antonio Spurs. Le meneur des Oklahoma City Thunder a recueilli 83 voix de premier choix sur 100, devançant Nikola Jokić (10) et Victor Wembanyama (5), selon les chiffres publiés par la ligue le 22 mai 2026. À 27 ans, le Canadien devient le 14e joueur de l'histoire à remporter le trophée Maurice-Podoloff deux saisons d'affilée.

Cette consécration n'est pas seulement sportive. Elle scelle aussi un contrat hors-norme : un supermax de 4 ans à 285 millions de dollars signé en juillet 2025, soit 71,25 millions par saison en moyenne. Du jamais-vu dans l'histoire de la ligue. Un cas d'école que les avocats spécialisés en droit du sport analysent désormais comme une référence, y compris pour leurs clients français.

Un trophée qui déclenche des dizaines de millions

SGA signe une saison historique : 31,1 points de moyenne (deuxième scoreur de la ligue), 55,3 % de réussite au tir, 6,6 passes décisives, pour une équipe à 64-18 sur la saison régulière. Le 12 mars 2026, il a battu un record détenu depuis 1963 par Wilt Chamberlain en marquant 20 points ou plus pour le 127e match d'affilée. Sa série atteint désormais 140 matchs, selon ESPN.

Le titre de MVP a une conséquence financière directe. Aux États-Unis, la NBA permet à un joueur reconnu par la ligue (MVP, All-NBA, Defensive Player of the Year) de signer une extension dite Designated Veteran Extension, plus connue sous le nom de supermax. Cette clause, encadrée par la convention collective NBA-NBPA, donne droit à 35 % du salary cap au lieu du plafond standard de 30 %. Pour Gilgeous-Alexander, cela représente un revenu garanti de 364 millions de dollars sur six saisons à partir de 2027, selon CBS Sports.

Pourquoi les avocats du sport français regardent ce contrat

En France, aucun sportif professionnel n'approche ces montants — les plus hauts salaires en Ligue 1 plafonnent autour de 12 millions d'euros annuels. Mais le modèle juridique du supermax intrigue les avocats spécialisés, et trois mécanismes méritent attention.

Premièrement, les escalators de performance : la rémunération du joueur s'ajuste automatiquement en fonction de critères objectifs (sélection All-NBA, votes MVP), sans renégociation au coup par coup. Deuxièmement, la garantie totale du contrat, qui sécurise les revenus du joueur même en cas de blessure de longue durée. Troisièmement, la séparation contractuelle entre salaire de jeu et droits à l'image, qui ouvre la voie à une optimisation fiscale spécifique.

Le Code du sport français prévoit depuis 2017 un dispositif de redevance image (article L222-2-10-1), mais son application reste limitée aux disciplines ayant signé une convention collective sectorielle. À l'inverse, la NBA impose un cadre uniforme à l'ensemble des trente franchises, ce qui rend les négociations plus prévisibles pour le joueur.

La double imposition : un piège à anticiper

Citoyen canadien jouant aux États-Unis, Shai Gilgeous-Alexander est un cas type de fiscalité internationale du sportif. Ses revenus sont taxés à la source par l'État de l'Oklahoma (5 % de taxe d'État) puis soumis à la convention fiscale Canada-États-Unis pour éviter la double imposition.

Un sportif français évoluant à l'étranger — un basketteur en Espagne, un footballeur dans le Golfe, un tennisman aux États-Unis — fait face au même type de problème. Sans planification fiscale, le risque est de payer deux fois l'impôt sur le même revenu. La France a signé plus de 120 conventions fiscales bilatérales, mais leur application reste technique.

Un avocat fiscaliste spécialisé en sport peut aider à :

  • Anticiper la résidence fiscale réelle, sachant que la règle des 183 jours ne suffit pas à elle seule à trancher.
  • Structurer les redevances d'image via une société de gestion adaptée au pays de jeu.
  • Sécuriser les bonus de performance perçus à l'étranger, souvent imposés différemment du salaire de base.
  • Vérifier la déductibilité des frais professionnels (agent, préparateur, soins, équipement).

Trois leçons pour les jeunes athlètes français

Le parcours de SGA — sélectionné en 11e position de la draft 2018, transféré à Oklahoma City en 2019, devenu MVP en 2025 puis 2026 — reste exceptionnel. Mais trois enseignements pratiques s'appliquent à toute carrière sportive professionnelle, du rugby au tennis en passant par le handball.

Négocier dès le premier contrat. Le rookie scale NBA limite la marge des jeunes joueurs, mais SGA a su utiliser chacune de ses extensions pour repositionner son salaire au niveau de ses performances réelles. En France, les premiers contrats professionnels plafonnent souvent les revenus pendant cinq ans. Un avocat du sport peut négocier des clauses de revalorisation indexées sur des critères objectifs : nombre de matchs joués, sélections en équipe nationale, qualification en coupe d'Europe.

Diversifier dès le sommet. Au pic de leur carrière, les MVP investissent et signent des partenariats commerciaux : SGA est associé à plusieurs marques de consommation et de bien-être. La structuration de ces revenus annexes via une société dédiée permet de limiter la pression fiscale personnelle et de préparer la transmission patrimoniale.

Préparer l'après-carrière. La durée moyenne d'une carrière NBA est d'environ 4,5 ans selon les données NBPA. En Ligue 1 française, elle tourne autour de 4 ans selon les statistiques de l'UNFP. Un gestionnaire de patrimoine spécialisé peut orienter l'épargne vers des supports adaptés à un horizon court : assurance-vie multisupport, plan d'épargne retraite, immobilier locatif via SCPI.

Et après le MVP ?

Au-delà du parquet, l'enjeu contractuel le plus immédiat concerne la finale de conférence. Si Oklahoma City remporte le titre face à San Antonio puis le titre NBA, Gilgeous-Alexander pourrait déclencher de nouvelles primes prévues à son contrat. Selon CBS Sports, son extension inclut des incitations liées au Finals MVP et au titre de champion, qui peuvent porter ses revenus 2026-2027 au-delà du seuil annoncé.

Pour les sportifs français qui négocient leur prochain contrat — transfert vers une ligue étrangère, renouvellement avec leur club, structuration de leurs droits à l'image —, le timing pour consulter un avocat du sport ou un gestionnaire de patrimoine n'a jamais été aussi pertinent. Le contrat de SGA prouve qu'un titre individuel se monétise, à condition d'être anticipé dans la rédaction même du contrat.

Pour aller plus loin, lire notre analyse des contrats des joueurs lors des playoffs Spurs-Timberwolves et notre décryptage du droit sportif autour de Lakers-Thunder.

Cet article propose une analyse à visée informative. Il ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Toute situation contractuelle individuelle doit faire l'objet d'une consultation spécialisée auprès d'un avocat du sport ou d'un conseiller en gestion de patrimoine.

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