En juillet 2026, Laura Smet a dû fuir d'urgence sa résidence du Cap-Ferret quand un mégafeu a ravagé la Gironde, forçant l'évacuation de 220 000 personnes et détruisant 240 maisons. Quelques semaines plus tard, l'actrice brisait à nouveau le silence sur Instagram pour appeler vacanciers et touristes à ne pas abandonner la région — relançant une question brûlante que des milliers de sinistrés se posent : quels sont réellement mes droits face à mon assureur ?
Un incendie, 220 000 évacués et une mobilisation nationale
Laura Smet, fille de Johnny Hallyday et de l'actrice Nathalie Baye, réside depuis plusieurs années à Lège-Cap-Ferret avec son mari Raphaël Lancrey-Javal et leur fils Léo. Lorsque le préfet de Gironde ordonne l'évacuation en urgence en juillet 2026, elle quitte son domicile avec les résidents de Porge et de Lège-Cap-Ferret, tandis que les flammes progressent dans la forêt landaise.
Le feu a finalement été maîtrisé au bout de plusieurs jours. Les habitants ont pu rentrer chez eux — mais pas sans séquelles. Laura Smet a pris position sur Instagram : « Partagez ce message », a-t-elle écrit, dénonçant que restaurateurs, hôteliers, ostréiculteurs et commerçants voyaient leurs réservations s'effondrer alors qu'ils étaient ouverts et prêts à accueillir du monde. Un double sinistre : celui causé par les flammes, et l'autre, économique, déclenché par la peur collective.
Pour les 240 foyers dont la maison a été partiellement ou totalement détruite, la question est plus urgente encore : vers qui se tourner, et quoi exiger ?
La garantie CatNat : un droit automatique que beaucoup ignorent
Depuis la loi du 13 juillet 1982, tout contrat d'assurance multirisque habitation (MRH) intégrant une garantie incendie ou dégâts des eaux inclut automatiquement la garantie catastrophe naturelle — dite CatNat. Vous n'avez pas besoin de souscrire une option supplémentaire : la protection est légalement obligatoire.
Pour que cette garantie s'active, deux conditions doivent être réunies. Premièrement, un arrêté interministériel doit constater officiellement l'état de catastrophe naturelle pour votre commune, aléa par aléa. C'est la publication de cet arrêté au Journal officiel qui ouvre le droit à indemnisation — et non la date du sinistre elle-même. Le délai entre l'événement et la publication peut aller de quelques semaines à plusieurs mois.
Deuxièmement, vous devez déclarer le sinistre à votre assureur dans les 10 jours suivant la publication de cet arrêté, conformément à l'article L125-1 du Code des assurances. C'est un délai extrêmement court, souvent méconnu des victimes encore en état de choc ou hébergées en urgence chez des proches.
Pour les sinistrés des incendies de Gironde, des Landes et du Var en 2026, le gouvernement a accordé une dérogation exceptionnelle : les déclarations ont été acceptées jusqu'au 31 août 2026, donnant davantage de temps aux familles pour rentrer chez elles et recenser leurs pertes. Cette mesure, saluée par les associations de sinistrés, n'est pas automatique pour les prochains événements : chaque sinistré doit surveiller de près la date de publication de l'arrêté qui concerne sa commune.
Évacuation forcée : qui prend en charge votre hébergement ?
C'est le point le moins connu du régime CatNat : si votre résidence principale est frappée par un sinistre couvert, votre assureur peut être tenu de financer votre relogement temporaire. La prise en charge standard reconnue en France en 2026 est de trois semaines pour les personnes évacuées de leur résidence principale.
Concrètement, cette garantie peut couvrir :
- Le coût d'un hôtel ou d'un appartement meublé de remplacement ;
- Les frais de garde-meubles si le logement doit être vidé de son contenu ;
- Les frais de relogement d'urgence déclenchés par une injonction préfectorale d'évacuation.
Attention : ces prises en charge supposent que votre commune ait bien été reconnue en état de catastrophe naturelle. Si ce n'est pas le cas, c'est la garantie incendie classique qui s'applique — avec un périmètre d'indemnisation souvent plus restreint, des franchises variables et des exclusions liées aux sinistres de type sécheresse ou propagation de feu de forêt.
Cas concret : Sophie et Marc, propriétaires à Lège-Cap-Ferret
Prenons le cas d'un couple ayant acheté leur maison de 85 m² en résidence principale à Lège-Cap-Ferret pour 420 000 €, couverte par un contrat MRH pour une valeur de reconstruction estimée à 350 000 €.
Le 15 juillet 2026, le préfet ordonne l'évacuation. Sophie et Marc sont hébergés pendant trois semaines dans un appartement loué à Bordeaux pour 1 200 €. Le 5 août 2026, un arrêté interministériel reconnaît l'état de catastrophe naturelle pour leur commune.
Si leur maison est partiellement détruite à hauteur de 60 % de sa valeur (soit 210 000 €) : La franchise CatNat légale en zone non soumise à un Plan de Prévention des Risques Naturels (PPRN) est de 380 €. L'indemnisation nette atteint donc 209 620 €. Les 1 200 € de relogement sont pris en charge intégralement sur présentation de justificatifs — la franchise CatNat ne s'applique pas aux frais d'hébergement d'urgence.
Si leur commune n'avait pas obtenu la reconnaissance CatNat : la garantie incendie simple s'activerait, mais les frais de relogement ne seraient pas systématiquement couverts. L'indemnisation dépendrait des clauses contractuelles, avec une franchise souvent plus élevée et des exclusions possibles pour les sinistres liés à la propagation de feux de forêt.
Ce cas illustre un fait souvent ignoré : l'écart entre une bonne et une mauvaise indemnisation tient parfois moins à l'ampleur des dégâts qu'à la reconnaissance administrative de la catastrophe et à la rapidité de réaction du sinistré. Un avocat spécialisé en droit des assurances peut accompagner les propriétaires dans leurs recours si l'arrêté tarde à paraître, si la commune rejette la demande ou si l'assureur minimise l'évaluation des dommages.
Depuis juillet 2026, 12,1 millions de maisons en zone à risque
La France a franchi un seuil symbolique en 2026. Selon la carte d'exposition aux risques actualisée par l'arrêté du 9 janvier 2026, 12,1 millions de maisons individuelles sont désormais classées en zone d'exposition moyenne ou forte aux aléas naturels — soit 61,5 % du parc résidentiel national.
C'est une hausse significative par rapport aux années précédentes, qui change la donne pour des milliers de propriétaires qui ne se pensaient pas exposés. En zone de risque forte soumise à un PPRN, la franchise CatNat s'élève à 1 520 € au lieu de 380 €, et les possibilités de modulation de l'indemnisation par l'assureur sont plus larges. Il n'est donc plus anodin de vérifier la classification de sa commune sur le portail national Géorisques — une démarche qui peut faire varier votre indemnisation de plusieurs milliers d'euros.
Ce que vous devez faire dans les prochains jours
Si vous êtes ou avez été sinistré par un incendie en Gironde, dans les Landes ou le Var en 2026, voici les démarches prioritaires, telles que définies par la réglementation en vigueur sur service-public.fr :
Dans les 48 heures suivant le sinistre :
- Contactez votre assureur par écrit (idéalement par e-mail avec accusé de lecture ou par courrier recommandé) ;
- Photographiez l'intégralité des dommages avant tout nettoyage ou déblayage — ces images seront vos preuves ;
- Renseignez-vous auprès de la mairie pour savoir si une demande de reconnaissance CatNat a été déposée à la préfecture.
Dans les 10 jours suivant la publication de l'arrêté : 4. Envoyez votre déclaration de sinistre formelle, en indiquant le numéro de l'arrêté interministériel ; 5. Demandez la désignation d'un expert d'assurance contradictoire si vous contestez l'évaluation proposée.
En cas de litige : 6. Saisissez le médiateur de l'assurance (accès gratuit et sans avocat obligatoire) ; 7. Consultez un avocat spécialisé — le délai de prescription pour agir est de deux ans à compter de la date de l'arrêté CatNat.
Pour toute situation complexe — maison en indivision, bien loué à un tiers, logement non couvert par un PPRN ou sinistre survenu dans une commune qui tarde à déposer sa demande — l'accompagnement d'un juriste reste la garantie la plus solide d'obtenir ce à quoi vous avez droit. Sur Expert Zoom, des avocats spécialisés en droit des assurances et en droit immobilier consultent à distance, sans déplacement requis.
Avertissement : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. En cas de litige avec votre assureur ou de situation particulière, consultez un professionnel qualifié.

Audrey Camara