Facture d'électricité : la CRE annonce une hausse de +3,1 % au 1er août 2026
La Commission de Régulation de l'Énergie (CRE) a confirmé fin mai 2026 une révision à la hausse du Tarif Réglementé de Vente (TRVE) de +3,1 % au 1er août 2026, liée principalement à l'évolution du TURPE — le Tarif d'Utilisation des Réseaux Publics d'Électricité. Le prix du kWh est actuellement de 0,1940 euro en option Base, après une légère baisse de -0,8 % en février, mais la tendance s'inverse cet été.
Cette augmentation s'inscrit dans un contexte de profonde réforme du marché électrique français. Depuis le 1er janvier 2026, l'ARENH (Accès Régulé à l'Électricité Nucléaire Historique) a disparu, modifiant le calcul de référence des tarifs réglementés. Un changement structurel dont les effets commencent à se ressentir sur les factures des ménages.
La fin de l'ARENH : ce qui a changé depuis janvier 2026
L'ARENH permettait depuis 2011 aux fournisseurs alternatifs d'acheter l'électricité nucléaire d'EDF à un prix fixé réglementairement (42 euros/MWh). Ce mécanisme maintenait artificiellement les prix à la baisse pour les consommateurs qui avaient choisi une offre concurrente d'EDF.
Depuis sa suppression le 1er janvier 2026, le marché de l'électricité fonctionne selon de nouvelles règles : les fournisseurs s'approvisionnent désormais aux prix du marché de gros. Or, selon les données de la plateforme Selectra, le marché spot a franchi la barre symbolique des 100 euros/MWh le 26 mai 2026, avec des pointes à 181 euros/MWh — une hausse de 97 % en un mois.
Dans ce contexte, les ménages ont intérêt à connaître leurs droits avant que la hausse d'août ne se matérialise sur leur facture.
Droit n° 1 : l'information préalable obligatoire
Votre fournisseur d'électricité est légalement tenu de vous informer de toute modification tarifaire avec un préavis minimum d'un mois avant son entrée en vigueur. Cette obligation s'applique aussi bien aux offres aux tarifs réglementés qu'aux offres de marché libre.
Cette notification doit être claire et précise : elle doit indiquer la nature du changement, son ampleur, et vous rappeler votre droit à résilier sans pénalité. Si vous recevez une communication ambiguë ou incomplète, vous pouvez exiger des clarifications écrites.
Concrètement : si vous n'avez reçu aucun courrier ni e-mail de votre fournisseur d'ici le 1er juillet concernant la hausse d'août, vous êtes en droit de lui demander des comptes. L'absence d'information préalable constitue un manquement à ses obligations contractuelles.
Droit n° 2 : la résiliation sans frais en cas de hausse
En cas de hausse tarifaire notifiée par votre fournisseur, vous disposez d'un droit de résiliation sans frais dans un délai d'un mois suivant la réception de l'information. Ce droit s'applique même si vous êtes engagé par un contrat à durée indéterminée.
Pour exercer ce droit, vous devez envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception indiquant que vous souhaitez résilier en raison de la modification tarifaire. Votre nouveau contrat avec un autre fournisseur prend effet généralement dans les deux à trois semaines suivant la résiliation.
Attention : ce droit ne s'applique que si vous êtes en offre de marché libre. Les clients au Tarif Réglementé de Vente (TRVE) ne peuvent pas contester cette hausse, car elle est décidée par la CRE et non par votre fournisseur. Dans ce cas, vous pouvez toutefois envisager de comparer les offres alternatives proposées par la concurrence.
Droit n° 3 : le recours au Médiateur national de l'énergie
En cas de litige avec votre fournisseur — facture anormalement élevée, hausse non justifiée, coupure abusive, refus de remboursement — vous disposez d'un recours gratuit auprès du Médiateur national de l'énergie, autorité publique indépendante créée par la loi Énergie de 2006.
La procédure est simple : vous devez d'abord déposer une réclamation écrite auprès du service client de votre fournisseur. S'il ne vous répond pas dans un délai de deux mois, ou si sa réponse ne vous satisfait pas, vous pouvez saisir le Médiateur. La saisine est entièrement gratuite et peut se faire en ligne. Le médiateur dispose d'un délai de 90 jours pour rendre sa recommandation, qui n'est certes pas contraignante, mais est suivie dans la grande majorité des cas.
D'après les statistiques publiées chaque année, les litiges sur la facturation représentent plus de 60 % des saisines du Médiateur. Les ménages ont donc tout intérêt à utiliser ce dispositif plutôt que de subir en silence des anomalies sur leur facture. La coupure d'électricité pendant la période hivernale (du 1er novembre au 31 mars) est par ailleurs interdite par la loi, même en cas d'impayés.
Ce que peut faire un avocat spécialisé en droit de la consommation
Maud Brégeon, nommée ministre de l'Énergie en 2026, a rappelé les engagements du gouvernement en matière de protection des consommateurs face à la volatilité des prix. Mais les recours administratifs ont leurs limites : en cas de préjudice avéré — erreur de compteur, surfacturation sur plusieurs années, résiliation abusive de contrat —, seul un avocat spécialisé en droit de la consommation peut vous aider à obtenir réparation.
Nos conseillers en droit de l'énergie disponibles sur Expert Zoom peuvent analyser votre situation et vous guider vers les voies de recours les plus adaptées : mise en demeure, saisine du tribunal compétent, ou class action avec d'autres consommateurs lésés.
La hausse de +3,1 % à partir du 1er août 2026 n'est peut-être qu'un début. Les réformes structurelles du marché de l'électricité annoncent des ajustements tarifaires réguliers dans les prochaines années. Connaître vos droits aujourd'hui, c'est vous préparer à agir efficacement demain.
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour une situation spécifique, consultez un avocat spécialisé en droit de la consommation ou en droit de l'énergie.

Samir Benzakour