Ramos à 65M€ alors que sa clause est à 120M€ : comment PSG peut-il vendre son attaquant à prix réduit ?

Match de football du Paris Saint-Germain au Parc des Princes, illustrant les enjeux contractuels des transferts de joueurs professionnels

Photo : Chabe01 / Wikimedia

5 min de lecture 26 mai 2026

Ramos à 65M€ alors que sa clause est à 120M€ : comment PSG peut-il vendre son attaquant à prix réduit ?

Son contrat prévoit une clause libératoire fixée à 120 millions d'euros. Pourtant, le Paris Saint-Germain serait prêt à laisser partir Gonçalo Ramos pour environ 65 millions d'euros cet été, selon le journaliste Fabrizio Romano. Chelsea est décrit comme le club le mieux placé, devant l'AC Milan, le FC Barcelone et la Juventus. Alors que le PSG disputera la finale de la Ligue des Champions face à Arsenal le 30 mai 2026 à Budapest, la question de l'avenir de Ramos est déjà au centre des discussions. Pourquoi un club peut-il vendre un joueur bien en deçà de sa clause contractuelle — et quels droits reste-t-il au joueur dans cette situation ?

Qu'est-ce qu'une clause libératoire ?

La clause libératoire (ou release clause) est une disposition contractuelle qui fixe le montant qu'un club extérieur doit verser unilatéralement pour libérer un joueur de son contrat. En La Liga espagnole, ces clauses sont rendues obligatoires par le droit espagnol du travail. En Ligue 1 et dans la plupart des championnats européens, elles sont facultatives — mais de plus en plus courantes dans les contrats des stars.

Gonçalo Ramos, recruté depuis Benfica en 2023 pour environ 65 millions d'euros, dispose d'un contrat courant jusqu'en 2028 incluant une clause fixée à 120 millions d'euros selon plusieurs sources spécialisées. Cette clause garantit théoriquement au PSG de ne pas perdre son attaquant pour moins de ce montant si un club décide de l'activer unilatéralement.

Mais une clause libératoire et une transaction de gré à gré sont deux mécanismes juridiquement distincts.

Gré à gré versus activation de clause : deux régimes différents

La nuance juridique est fondamentale : la clause libératoire protège le club vendeur d'un départ non négocié, mais elle n'empêche pas le club de négocier librement avec un acheteur à un prix inférieur. En d'autres termes, la clause est un plancher unilatéral — pas un prix de vente obligatoire.

Si Chelsea souhaite activer la clause, il doit verser 120 millions d'euros directement. Mais si le PSG et Chelsea se mettent d'accord à 65 millions d'euros dans le cadre d'une négociation bilatérale, cette transaction est tout à fait légale — même si elle se situe en dessous de la clause.

C'est précisément ce scénario qui se profile pour Ramos. Le PSG, qui a accordé peu de temps de jeu à son attaquant cette saison (environ 1 093 minutes en Ligue 1, pour une petite dizaine de titularisations), a peut-être tout intérêt à le vendre à un prix acceptable plutôt que d'attendre un acquéreur capable d'activer la clause.

Quels droits a le joueur dans son propre transfert ?

C'est la question que peu de supporters posent : que peut faire le joueur lui-même ? En droit du travail français et selon le Code du sport, le contrat de travail à durée déterminée d'un sportif professionnel ne peut être rompu que dans des conditions strictement encadrées selon Légifrance. Le joueur ne peut pas partir contre la volonté de son club — même s'il est malheureux, même si un club offre le montant de sa clause.

Deux exceptions existent cependant :

1. L'accord mutuel : Si le club et le joueur s'entendent sur une résiliation anticipée de contrat, le joueur peut partir librement. C'est souvent le cas lorsque les parties veulent éviter une situation conflictuelle.

2. La faute grave du club : Si le club ne remplit pas ses obligations contractuelles (non-paiement de salaires, non-respect des conditions de travail prévues au contrat), le joueur peut saisir les prud'hommes ou la chambre de résolution des litiges de la FIFA pour demander la rupture du contrat à la charge du club. Le PSG a d'ailleurs récemment fait l'objet d'une condamnation par les prud'hommes dans le dossier Mbappé.

Dans le cas de Ramos, le joueur est décrit comme désireux de partir pour obtenir plus de temps de jeu. Mais sans accord mutuel ou faute du club, il doit attendre que PSG trouve un acheteur ou que son contrat expire en 2028.

Pour aller plus loin, l'article Barcola vers le Barça ou Liverpool : ce que disent les contrats de transfert sportif détaille d'autres mécanismes contractuels fréquents dans le football professionnel.

Le rôle de l'agent et du juriste dans les négociations de transfert

Lorsque des sommes de cette ampleur sont en jeu, la présence d'un avocat spécialisé en droit du sport aux côtés du joueur et de son agent n'est pas un luxe — c'est une nécessité. Les domaines d'intervention incluent :

  • La relecture du contrat de transfert : identifier les clauses de bonus, de buy-back (option de rachat par le club vendeur), de sell-on (pourcentage reversé à Benfica sur la revente de Ramos) et les conditions de résiliation.
  • La négociation des conditions du nouveau contrat : durée, salaire de base, primes de performance, droits à l'image.
  • La structuration fiscale du transfert : un joueur portugais transféré en Angleterre depuis la France devra naviguer entre trois régimes fiscaux distincts. Les conventions fiscales bilatérales (France-Portugal, France-Royaume-Uni) sont déterminantes pour l'imposition des primes de signature.
  • La gestion des droits à l'image : de plus en plus, les grandes stars distinguent les revenus sportifs (imposés à la source) des revenus issus de leurs droits d'image (souvent gérés via des sociétés commerciales).

Ce que révèle le dossier Ramos pour les sportifs français

La situation de Gonçalo Ramos — joueur d'élite, sousutilisé, estimé en dessous de sa valeur contractuelle par son propre club — n'est pas rare. En France, des centaines de sportifs professionnels évoluant dans des championnats de football, rugby, basketball ou handball vivent des situations contractuelles complexes où le conseil juridique fait toute la différence.

Note YMYL : Cet article présente des notions générales de droit du sport et de droit du travail. Les situations individuelles dépendent des termes exacts des contrats, du droit applicable et des fédérations concernées. Pour analyser votre contrat sportif, consultez un avocat spécialisé en droit du sport.

Le cas Ramos illustre une réalité méconnue du grand public : dans le football professionnel, un contrat signé n'est pas une garantie de stabilité. Entre les clauses libératoires, les droits à la revente et les règlements des fédérations, la boîte à outils juridique du sportif professionnel est aussi complexe que son jeu de passes.

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