Le 25 mai 2026, Susan Bandecchi dispute son premier match dans le tableau principal d'un Grand Chelem. La Tessinoise de 27 ans, classée WTA 215, a arraché sa qualification pour Roland Garros 2026 au terme d'un parcours des qualifications remarquable — dont deux balles de match sauvées contre la Slovaque Dominika Salkova au deuxième tour. Elle affronte désormais l'Espagnole Cristina Bucsa, tête de série 31 (WTA 31). Mais au-delà du résultat sportif, cette qualification historique soulève une question concrète : que faire du prize money lorsqu'un athlète touche soudainement des revenus inattendus de l'une des plus grandes scènes du tennis mondial ?
Un parcours de combattante jusqu'au grand tableau
Originaire de Montagnola, village perché au-dessus de Lugano au Tessin, Susan Bandecchi est une figure discrète du circuit WTA depuis plusieurs années. Lors de la précédente édition de Roland Garros à laquelle elle avait participé — en 2021 —, elle n'avait pas réussi à franchir le dernier tour des qualifications. Cinq ans plus tard, en 2026, elle réussit ce que peu espéraient : s'imposer 6:1, 6:2 contre Hruncakova au tour décisif des qualifications, et rejoindre enfin le tableau principal.
Ce type de percée est rare pour une joueuse classée en dehors du top 200. Elle illustre cependant une réalité fréquente dans le sport de haut niveau : les revenus peuvent être irréguliers, concentrés sur quelques semaines de l'année, et varier considérablement d'une saison à l'autre. La gestion de ce patrimoine financier est un enjeu sous-estimé.
Combien gagne-t-on à Roland Garros en 2026 ?
La dotation totale de Roland Garros 2026 s'élève à 71,5 millions de dollars, selon CBS Sports, soit l'une des plus importantes de l'histoire du tournoi. Chaque finaliste de simple féminin repart avec environ 1,45 million de dollars. Mais pour une joueuse qualifiée qui sort au premier tour du tableau principal, le prize money est déjà significatif : 87 000 euros (soit environ 101 000 dollars), selon les barèmes officiels du tournoi de Roland Garros.
Pour une athlète dont le classement ne lui permet pas encore de disputer régulièrement des tournois WTA 1000 ou des Grands Chelems, cette somme représente plusieurs mois — voire une saison entière — de revenus habituels, une fois les frais de voyage, de coaching, d'équipement et les taxes déduits.
Prize money et fiscalité suisse : les pièges courants
La Suisse dispose d'un régime fiscal avantageux pour les résidents, mais les revenus sportifs générés à l'étranger — comme un prize money perçu en France — n'échappent pas à l'imposition. Voici les principaux points d'attention pour un·e athlète suisse :
Imposition dans le pays de la compétition : la France applique une retenue à la source sur les prize money versés aux non-résidents. Le taux varie selon les conventions fiscales bilatérales. La Suisse et la France disposent d'une convention de double imposition qui peut permettre d'éviter une taxation cumulative — mais les démarches administratives pour en bénéficier ne sont pas automatiques.
Déclaration en Suisse : les revenus sportifs à l'étranger doivent être déclarés en Suisse dans la déclaration fiscale cantonale et fédérale. Pour une résidente du Tessin comme Bandecchi, c'est le canton du Tessin qui applique ses taux d'imposition sur le revenu mondial.
AVS et cotisations sociales : les athlètes professionnels suisses indépendants sont soumis à l'AVS (Assurance-vieillesse et survivants) sur leurs revenus nets, à un taux pouvant dépasser 10%. Ces cotisations s'appliquent également aux revenus étrangers.
Un conseiller en gestion de patrimoine ou un fiscaliste spécialisé dans le sport peut aider à optimiser ces aspects légalement — en structurant correctement les revenus, en planifiant les provisions pour les périodes creuses et en s'assurant que les conventions de double imposition sont bien appliquées.
Construire une stratégie patrimoniale pour un revenu irrégulier
La carrière d'une joueuse de tennis professionnelle est par nature imprévisible : une blessure, une baisse de forme, ou simplement l'évolution du classement WTA peut provoquer une chute brutale des revenus. Pour Susan Bandecchi comme pour d'autres sportifs en mi-carrière, trois règles de base s'appliquent en matière de gestion patrimoniale :
1. Constituer une réserve d'urgence. Selon les recommandations des conseillers financiers spécialisés en sport, la réserve devrait couvrir 12 à 18 mois de charges fixes (coaching, voyages, assurances, logement). Pour un athlète dont les revenus sont concentrés sur quelques semaines par an, cette réserve est vitale.
2. Investir sur le long terme, pas dans l'urgence. L'erreur classique est de placer un prize money inattendu dans des actifs risqués (cryptomonnaies, start-ups) dans l'euphorie d'une belle performance. Les conseillers recommandent des placements diversifiés et liquides : fonds indiciels, obligations, ou assurance-vie suisse en francs suisses, moins exposée aux fluctuations de change.
3. Anticiper la fin de carrière. Contrairement aux salariés, les sportifs professionnels ne bénéficient pas automatiquement du deuxième pilier (LPP). La souscription à une prévoyance liée 3a ou à un plan de prévoyance individuel est recommandée dès les premiers revenus significatifs.
Quand consulter un conseiller en gestion de patrimoine ?
Un gestionnaire de patrimoine spécialisé en revenus sportifs peut vous accompagner dans les situations suivantes :
- Réception d'un prize money ou d'une prime de performance inattendue
- Signature d'un contrat de sponsoring avec des revenus en devises étrangères
- Transition vers la semi-retraite sportive ou la reconversion professionnelle
- Optimisation fiscale légale entre cantons suisses ou avec des pays étrangers
La percée de Susan Bandecchi à Roland Garros 2026 est une belle occasion de rappeler que derrière chaque succès sportif se cachent des décisions financières qui méritent l'avis d'un professionnel. Sur Expert Zoom, des experts en gestion de patrimoine pour sportifs et professions libérales peuvent vous aider à structurer vos revenus, quelle que soit leur provenance.
Avertissement : cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier ou fiscal. Consultez un conseiller en gestion de patrimoine ou un fiscaliste qualifié pour un accompagnement personnalisé.
Pour en savoir plus sur les règles fiscales applicables aux résidents suisses percevant des revenus à l'étranger, consultez le portail officiel ch.ch sur l'impôt sur le revenu en Suisse.

Isabelle Rey