SMI rebondit, tarifs Trump demeurent : comment sécuriser votre épargne face à la volatilité suisse

Investisseur suisse consultant des graphiques boursiers sur des écrans à Zurich
Antoine Antoine FavreGestion de Patrimoine
4 min de lecture 24 avril 2026

Le Swiss Market Index a perdu jusqu'à 1,9 % en une seule séance d'avril 2026, frappant son niveau le plus bas depuis le 22 avril, après que le président américain Donald Trump a annoncé l'imposition de droits de douane de 39 % sur les exportations suisses vers les États-Unis. Richemont et Swatch ont été les titres les plus touchés. Puis le SMI a rebondi de plus de 3 % en quelques jours après une détente géopolitique au Moyen-Orient. Pour les investisseurs suisses, ce yo-yo boursier pose une question concrète : faut-il agir, attendre, ou revoir sa stratégie ?

Ce qui s'est vraiment passé sur la bourse suisse

Le 20 avril 2026, le SMI, indice phare de la bourse suisse géré par SIX Group, a subi une session brutale. Le secteur du luxe a pris le plus de coups : les actions Richemont (Cartier, IWC, Vacheron Constantin) et Swatch ont plongé, car ces deux groupes réalisent une part significative de leurs ventes aux États-Unis.

En revanche, les valeurs pharmaceutiques — Roche et Novartis en tête — ont mieux résisté. La raison : les médicaments ont été explicitement exclus de la liste des produits soumis aux nouveaux droits de douane américains.

Selon l'expert financier John Plassard, analyste à Mirabaud Wealth Management, « cette hausse [du rebond] repose sur une hypothèse de stabilisation encore très incertaine, ce qui devrait maintenir une volatilité élevée au cours des prochaines séances ».

Pourquoi la Suisse est particulièrement exposée

La Suisse est une économie très ouverte : ses exportations vers les États-Unis représentent une part considérable de son PIB, notamment dans les montres, les machines-outils, les produits chimiques et les produits pharmaceutiques. Un tarif de 39 % sur la majeure partie de ces exportations est un choc structurel, pas seulement conjoncturel.

Près de 56 500 entreprises suisses auraient déjà soumis des demandes de remboursement de taxes, représentant 127 milliards de dollars au total. Mais selon les analystes, Donald Trump entend rétablir ces taxes par d'autres mécanismes — le dossier est loin d'être clos.

Pour les particuliers qui détiennent des actions d'entreprises suisses — directement ou via des fonds — cette instabilité se traduit directement dans la valeur de leur portefeuille.

Ce que conseillent les gestionnaires de patrimoine

Dans ce contexte, la tentation de réagir vite est forte. Mais la plupart des conseillers en gestion de patrimoine s'accordent sur trois principes :

1. Ne pas confondre volatilité et perte définitive. Une chute de 1,9 % en une session, suivie d'un rebond de 3 %, illustre que les marchés réagissent aux rumeurs et aux annonces avant de se rééquilibrer. Vendre dans la panique cristallise une perte qui aurait pu être temporaire.

2. Revoir la diversification sectorielle. La différence de comportement entre le luxe (très exposé aux États-Unis) et la pharma (protégée par les exemptions de médicaments) illustre l'intérêt de ne pas concentrer son portefeuille dans un seul secteur. Un bilan de diversification avec un conseiller est pertinent après ce type d'événement.

3. Distinguer horizon court et long terme. Si vous n'avez pas besoin de votre capital dans les deux à cinq prochaines années, la volatilité actuelle du SMI ne justifie pas un désinvestissement. En revanche, si votre horizon est court (retraite imminente, achat immobilier), une révision de votre allocation peut s'imposer.

D'autres épisodes récents de volatilité sur les marchés suisses — comme la chute de l'action Sika de -45 % en 2026 — ont déjà illustré comment une analyse individuelle peut différer de la dynamique de l'indice global.

Faut-il consulter un conseiller en gestion de patrimoine ?

La réponse courte : oui, si vous n'êtes pas certain que votre portefeuille est calibré pour absorber des fluctuations de cette ampleur.

Un gestionnaire de patrimoine indépendant peut, en une consultation, répondre à des questions précises : votre exposition aux actions suisses est-elle proportionnée à votre tolérance au risque ? Avez-vous des instruments de couverture (obligations, fonds monétaires) en cas de nouvelle dépréciation ? Votre assurance-vie troisième pilier est-elle optimisée ?

Dans un contexte de tarifs douaniers instables et de tensions géopolitiques persistantes, les décisions financières ad hoc prises sous pression sont souvent contre-productives. Une stratégie revue avec un expert indépendant est, sur la durée, bien plus efficace qu'une série de réactions à chaud.

Ce que les prochaines semaines vont révéler

L'incertitude reste entière. La trêve douanière qui a provoqué le rebond du SMI peut être remise en cause par une nouvelle déclaration de Trump ou une escalade dans les négociations commerciales américano-européennes. Les experts financiers recommandent de surveiller deux indicateurs clés : les annonces sur les négociations Suisse-États-Unis concernant les exemptions sectorielles, et les résultats trimestriels des entreprises du SMI, attendus dans les prochaines semaines.

En attendant, la règle d'or reste celle-ci : plus votre patrimoine est exposé aux marchés actions, plus une consultation régulière avec un conseiller qualifié est un investissement, pas une dépense.

Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Consultez un conseiller en gestion de patrimoine agréé avant toute décision financière.

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