Selina Egloff sacrée championne de Suisse de slalom à St-Moritz : ce que sa victoire révèle sur la médecine du sport en Suisse
La skieuse valaisanne Selina Egloff a remporté ce dimanche 13 avril 2026 le titre de championne de Suisse de slalom à St-Moritz, devançant Aline Danioth de 0,41 seconde. Sa victoire soulève une question que des milliers de sportifs amateurs suisses se posent chaque hiver : comment les athlètes de haut niveau gèrent-ils leurs blessures, et quand faut-il consulter un médecin après une chute sur les pistes ?
Selina Egloff : une victoire au bout de l'effort
La Romande de 23 ans s'est imposée dans des conditions de course difficiles, en l'absence de la tenante du titre Camille Rast. Wendy Holdener, donnée favorite, a terminé au cinquième rang, à seulement 0,12 seconde du podium. Reto Maechler a quant à lui remporté le titre masculin.
Cette victoire couronne une saison solide pour Egloff, qui avait déjà décroché une troisième place en Coupe d'Europe de slalom à Sundsvall en février 2026 — son premier podium en près d'un an. Après des mois de travail sur sa régularité technique, la championne prouve qu'une progression progressive, encadrée par des professionnels de la santé et de la performance, paie sur le long terme.
Pourquoi le ski alpin est une discipline médicalement exigeante
Le ski alpin, et le slalom en particulier, soumet le corps à des contraintes biomécaniques intenses. Chaque passage de porte implique des changements de direction à grande vitesse, avec des charges pouvant atteindre 4 à 6 fois le poids du corps sur les articulations du genou et de la cheville.
Les blessures les plus fréquentes chez les skieurs de compétition — et les amateurs — incluent :
La rupture du ligament croisé antérieur (LCA) : c'est la blessure la plus redoutée des skieurs. La Suissesse Lara Gut-Behrami l'a vécue à trois reprises, dont une avant les JO de Milan-Cortina. La rééducation dure en moyenne 6 à 9 mois.
Les entorses de genou et cheville : moins graves, elles nécessitent néanmoins une prise en charge rapide pour éviter une instabilité chronique.
Les contusions et fractures des poignets : instinctivement, les skieurs tendent les mains en tombant, exposant ainsi les poignets à des fractures dites « de Pouteau-Colles ».
Les traumatismes crâniens : les chutes à grande vitesse peuvent provoquer des commotions, même avec un casque correctement ajusté. Mikaela Shiffrin, la star américaine du slalom également en tendance ce week-end, a souffert d'importants traumatismes — dont des séquelles psychologiques — après sa lourde chute de novembre 2024 à Killington.
Quand faut-il consulter un médecin après une chute sur les pistes ?
Pour le skieur amateur, voici les signaux d'alarme qui nécessitent une consultation médicale sans attendre :
Douleur au genou avec sensation de « craquement » : ce son caractéristique peut indiquer une rupture ligamentaire. Le genou peut initialement sembler stable, puis gonfler dans les heures suivantes.
Douleur à la cheville après une torsion : si vous ne pouvez pas appuyer sur le pied ou si l'œdème est important, une radiographie est nécessaire pour éliminer une fracture.
Maux de tête persistants après un choc crânien : toute commotion cérébrale — même légère — nécessite un repos strict et un suivi médical. Reprendre le ski dans les 24 à 48 heures suivant un choc est fortement déconseillé.
Douleur à l'épaule suite à une chute sur le bras tendu : peut signaler une luxation ou une fracture de la clavicule.
La règle d'or : en cas de doute, ne pas « skier pour voir si ça passe ». Un médecin du sport peut poser un diagnostic précis en consultation, et souvent éviter une aggravation qui prolongerait l'immobilisation.
Ce que la médecine du sport offre aux amateurs comme aux professionnels
Un médecin spécialisé en médecine du sport ne s'occupe pas uniquement des blessures. Il peut :
- Évaluer vos capacités physiques avant la saison : test d'effort, bilan musculaire, analyse de la posture pour identifier les zones de fragilité
- Prescrire une rééducation adaptée : kinésithérapie, proprioception, renforcement musculaire ciblé
- Suivre votre retour progressif au sport après une blessure, en fixant des étapes claires et sécurisées
- Détecter les surentraînements chez les skieurs assidus qui font plusieurs sorties par semaine
En Suisse, les médecins du sport sont accessibles tant dans les centres universitaires que dans les cabinets de ville. Selon Swiss Ski, une préparation physique encadrée hors-saison réduit significativement le risque de blessure grave lors de la reprise hivernale.
Comment prévenir les blessures sur les pistes en 2026 ?
La victoire de Selina Egloff est aussi un témoignage de l'importance du travail préparatoire. Voici les principes clés que tout skieur peut appliquer :
- Préparer ses genoux avant la saison : squats, fentes, exercices de proprioception sont les meilleurs alliés de vos ligaments
- Skier dans ses limites : la majorité des blessures graves surviennent en fin de journée, quand la fatigue altère les réflexes
- Vérifier son équipement : des fixations mal réglées sont une cause majeure d'entorses du genou. Un spécialiste de location peut les ajuster à votre niveau
- Porter un casque adapté : indispensable à tous les âges, il ne protège pas que les enfants
La saison de ski 2025-2026 touche à sa fin dans la plupart des stations romandes, mais les championnats de Suisse rappellent que le slalom se joue aussi bien dans la tête que dans les jambes — et que la santé est la condition première de toute performance.
Pour consulter un médecin du sport ou un spécialiste en Suisse romande, retrouvez les professionnels disponibles sur Expert Zoom : Lara Gut-Behrami et la gestion des blessures du genou.
Cet article a un caractère informatif général et ne remplace pas un avis médical. En cas de blessure, consultez un professionnel de santé qualifié.
