Milano, de son vrai nom Milane Baybah, est depuis février 2026 l'un des candidats de la 19ème saison de « Let's Dance » sur RTL. Ce chanteur franco-marocain, installé en Allemagne depuis 2018, séduit le public allemand avec sa fusion de pop, de rap et d'influences françaises. Parallèlement, il prépare sa « Diamonds Tour », sa plus grande tournée à ce jour. Mais derrière les paillettes du plateau télé se cache une réalité juridique que beaucoup d'artistes découvrent trop tard : que cède-t-on réellement quand on signe un contrat avec une émission de télévision ?
Ce que « Let's Dance » demande réellement à ses participants
Participer à une émission de divertissement télévisé comme « Let's Dance » n'est pas une simple apparition médiatique. C'est un engagement contractuel qui couvre plusieurs semaines de tournage, avec des répercussions directes sur la vie professionnelle de l'artiste.
Les contrats de ce type incluent généralement des clauses d'exclusivité médiatique : pendant la durée de l'émission, l'artiste ne peut pas participer à d'autres émissions de télévision concurrentes sans accord préalable de la chaîne. Pour un artiste comme Milano, qui mène simultanément une tournée de concerts, ces contraintes peuvent créer des conflits de calendrier aux conséquences financières significatives.
Il existe aussi des clauses de cession de droits d'image et d'exploitation audiovisuelle. Les images tournées lors des répétitions, des performances et des interviews peuvent être utilisées par la chaîne pour des rediffusions, des extraits sur les réseaux sociaux ou des partenariats commerciaux — parfois sans rémunération supplémentaire pour l'artiste, si celui-ci n'a pas négocié ces points.
Les 3 droits clés à négocier avant de signer
Les droits d'image et leur exploitation secondaire : un contrat TV peut autoriser la chaîne à exploiter l'image de l'artiste bien au-delà de la diffusion de l'émission — en publicité, en marketing de la chaîne, en replay illimité. Un artiste doit exiger une limitation temporelle et géographique de cette exploitation, ainsi qu'une rémunération spécifique pour chaque usage commercial additionnel.
La clause d'exclusivité et ses limites : toute clause d'exclusivité doit préciser son périmètre exact. Une exclusivité « médiatique » ne devrait pas s'étendre aux concerts ou aux sorties musicales. Un artiste dont la tournée est programmée simultanément avec le tournage doit obtenir une dérogation explicite pour ses dates de spectacle.
Les droits musicaux liés aux performances : quand Milano danse ou chante sur le plateau de « Let's Dance », les droits associés à ses œuvres musicales ne disparaissent pas. En Suisse et dans l'espace germanophone, la SUISA — société suisse pour les droits des auteurs d'œuvres musicales — protège les droits de diffusion et de performance des artistes. Tout artiste dont la musique est diffusée ou réinterprétée à la télévision a droit à une rémunération via les sociétés de gestion collective compétentes, même s'il est déjà rémunéré par un contrat direct avec la chaîne.
La double casquette de Milano : chanteur international, droits fragmentés
Milano illustre parfaitement la complexité juridique des artistes internationaux. D'origine franco-marocaine, établi en Allemagne, il tourne en Europe et dispose d'un public en Suisse romande. Ses revenus proviennent de sources multiples : ventes de musique, streaming, droits de diffusion télévisée, cachets de concert.
Chacune de ces sources est régie par des règles différentes selon les pays. En Allemagne, c'est la GEMA qui gère les droits musicaux ; en Suisse, la SUISA ; en France, la SACEM. Quand une émission comme « Let's Dance » diffuse ou utilise les œuvres d'un artiste enregistré dans l'une de ces sociétés, les reversements transitent par des accords de réciprocité entre sociétés.
Un artiste qui ne comprend pas cette mécanique peut passer à côté de rémunérations auxquelles il a légalement droit. À l'inverse, il peut aussi sous-estimer les obligations fiscales attachées à des revenus perçus dans plusieurs pays — un contrat TV allemand peut avoir des implications fiscales en Suisse si l'artiste y est résident ou y a des activités.
Ce que risque un artiste mal conseillé
Un contrat de télévision signé sans lecture approfondie peut entraîner des conséquences durables. Des artistes ont déjà perdu le contrôle de leur image pour des années, cédé des droits de diffusion mondiale sans contrepartie financière, ou découvert des clauses de non-concurrence qui ont bloqué leurs activités commerciales plusieurs mois après la fin de l'émission.
À l'inverse, une négociation bien préparée permet d'assurer une visibilité maximale (l'émission diffuse vers des millions de téléspectateurs) sans sacrifier les droits essentiels à la carrière à long terme.
Pour en savoir plus sur la protection des artistes en tournée, consultez notre décryptage sur Laurent Voulzy et les droits d'auteur lors d'une tournée en Suisse en 2026. Pour les droits liés aux émissions TV, découvrez aussi notre analyse sur Sarah Engels à l'ESC 2026.
Quand consulter un avocat spécialisé en droit du spectacle ?
Avant de signer tout contrat avec une chaîne de télévision, une agence de management ou une maison de disques, la lecture d'un avocat spécialisé en droit du spectacle ou en propriété intellectuelle est indispensable. Ce professionnel peut identifier les clauses abusives, négocier des contreparties et s'assurer que les droits fondamentaux de l'artiste sont préservés — quelle que soit la notoriété de la chaîne ou l'attractivité de l'émission.
Sur Expert Zoom, des avocats spécialisés en droit du spectacle et en propriété intellectuelle sont disponibles pour analyser vos contrats et vous conseiller avant signature.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Pour toute situation personnelle, consultez un avocat qualifié.