Stellantis annonce la suppression de 1 100 postes en France d'ici octobre 2026, dans le cadre d'un plan de restructuration touchant plusieurs sites industriels. Face à cette vague de licenciements, les salariés doivent connaître leurs droits pour négocier dans les meilleures conditions.
Un plan social d'ampleur chez le constructeur automobile
En 2026, Stellantis poursuit une stratégie de réduction des effectifs entamée en 2025, où plus de 2 500 postes avaient déjà été supprimés en France. Le groupe cible désormais au moins 1 800 suppressions supplémentaires, dont 1 100 via des ruptures conventionnelles collectives (RCC) à conclure avant le 30 octobre 2026, selon les informations de Les Clés du Social.
L'usine de Poissy, dans les Yvelines, concentre les inquiétudes. Quelque 2 000 emplois y sont menacés à terme, avec la fin annoncée de la production de l'Opel Mokka d'ici 2028. Le 10 mars 2026, les salariés se sont mobilisés pour dénoncer ce qu'ils appellent une « fermeture programmée », relayée par France 3 Île-de-France.
La CGT est restée à l'écart des accords de RCC signés en 2026, tandis que FO, CFE-CGC, CFDT et CFTC ont finalement paraphé un texte incluant une revalorisation salariale de 2,1 % — contre 0,9 % proposé initialement — obtenue au terme de cinq tours de négociation.
La rupture conventionnelle collective : ce que les salariés doivent savoir
La RCC est un dispositif de droit du travail permettant à un employeur de proposer des départs volontaires à ses salariés, sans recourir à un licenciement économique classique. Contrairement au licenciement, elle ne peut être imposée : le salarié doit accepter librement.
Les conditions accordées chez Stellantis incluent, selon les accords en vigueur :
- Une indemnité incitative représentant 4 à 8 mois de salaire brut
- Un passeport d'intégration professionnelle
- Un accompagnement à la transition professionnelle
Mais attention : ces montants varient selon l'ancienneté, le poste occupé et la catégorie professionnelle. Les salariés qui se précipitent à signer sans négocier individuellement laissent souvent de l'argent sur la table.
Avertissement YMYL : Les informations contenues dans cet article sont données à titre informatif et général. Elles ne constituent pas un conseil juridique personnalisé. En cas de doute sur votre situation, consultez un avocat spécialisé en droit du travail.
Le rôle clé d'un avocat en droit social
Face à un plan de restructuration de cette ampleur, l'accompagnement juridique individuel fait souvent la différence. Un avocat spécialisé en droit du travail peut :
- Vérifier la légalité de l'accord signé par les partenaires sociaux
- Négocier votre package de départ en s'appuyant sur votre ancienneté réelle et vos droits acquis
- Contester un licenciement abusif si vous estimez être pressé de partir contre votre gré
- Vous conseiller sur le cumul des droits : ARE (allocation chômage), retraite anticipée, formation professionnelle
De nombreux salariés Stellantis n'ont jamais eu affaire à une procédure de ce type. Un premier rendez-vous avec un professionnel du droit permet souvent de démêler des situations complexes.
Que faire si votre usine est menacée de fermeture ?
La situation de Poissy illustre un risque plus large : même si votre poste n'est pas visé immédiatement, une fermeture de site à l'horizon 2028 change l'équation. Les salariés qui agissent tôt disposent de plus d'options.
Les experts en droit social recommandent plusieurs démarches préventives :
- Consulter les accords RCC dès leur publication pour comparer les indemnités proposées avec les minima légaux
- Ne pas signer sans délai de réflexion — la loi impose un délai minimal de 15 jours entre la proposition et la signature
- Interroger votre CSE (Comité Social et Économique) sur les perspectives d'emploi à moyen terme
- Anticiper une reconversion en utilisant votre CPF (Compte Personnel de Formation) avant d'avoir signé un accord de départ
Selon l'accord Stellantis en cours, le groupe s'est engagé à recruter 1 600 personnes en CDI en 2026 dans des « métiers d'avenir » — une ouverture à surveiller de près.
L'après-Stellantis : préparer la transition
La restructuration chez Stellantis s'inscrit dans un mouvement de fond qui touche toute l'industrie automobile européenne, sous la pression de la transition vers l'électrique. Les salariés qui partent dans le cadre d'une RCC bénéficient du statut de demandeur d'emploi et peuvent immédiatement s'inscrire à France Travail pour percevoir l'ARE.
La durée d'indemnisation dépend du nombre de trimestres cotisés. À cela s'ajoute la possibilité de suivre une formation financée via le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP), un dispositif renforcé pour les licenciements économiques dans les entreprises de plus de 1 000 salariés — ce qui est le cas de Stellantis.
Pour naviguer dans cet environnement complexe et défendre au mieux vos intérêts, un avocat spécialisé en droit du travail peut vous accompagner à chaque étape — de la lecture de l'accord à la signature du solde de tout compte.
Retrouvez un professionnel du droit du travail près de chez vous sur Expert Zoom pour une première consultation.
