En ce 24 juillet 2026, les habitants du sud de Barjols reçoivent des alertes FR-ALERT les invitant à évacuer immédiatement. Plus de 2 700 hectares ont déjà brûlé dans le Var depuis le 21 juillet, selon France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur, 500 personnes ont été déplacées à Pontevès, Correns, Cotignac et Montfort-sur-Argens, et 800 pompiers sont mobilisés avec six avions bombardiers d'eau. Derrière les images spectaculaires se pose une question que des milliers de propriétaires en zone à risque évitent souvent de poser : ma maison est-elle réellement préparée à résister à un feu de forêt ?
Le Var sous les flammes : un bilan qui interpelle les propriétaires
L'incendie parti de Pontevès le 21 juillet a progressé à une vitesse redoutable sous l'effet du mistral, franchissant les coupe-feux naturels et se rallumant plusieurs fois malgré les efforts des sapeurs-pompiers du Var et des renforts nationaux. Plus de 500 personnes ont dû quitter leur domicile en urgence, certaines sans même avoir le temps de récupérer leurs documents d'identité, d'après les informations relayées par les autorités préfectorales du Var.
Ce type d'incendie n'est pas une exception. Le Var est l'un des départements français les plus exposés aux feux de forêt : sa végétation dense de chênes verts et de pins maritimes, combinée aux vents forts et à des étés de plus en plus secs, en fait une zone à haut risque structurel. Les Plans de Prévention des Risques Incendie de Forêt (PPRIF) s'y appliquent à de nombreuses communes, dont Barjols, Cotignac et les alentours de Pontevès.
Pourtant, la très grande majorité des maisons situées en zone PPRIF n'ont jamais fait l'objet d'un diagnostic de vulnérabilité au feu. Les propriétaires pensent souvent que le débroussaillement obligatoire suffit. En réalité, il représente la première ligne de défense — indispensable, mais loin d'être suffisant à lui seul.
Ce que révèle un feu de forêt sur la vulnérabilité de votre habitat
Un expert en amélioration de la maison spécialisé dans les zones à risque identifie plusieurs vecteurs d'ignition que les propriétaires méconnaissent. Le feu ne détruit pas seulement les bâtiments par contact direct avec les flammes : il agit aussi par rayonnement thermique (chaleur intense à distance) et par convection de braises emportées par le vent à plusieurs centaines de mètres.
Les points d'entrée les plus fréquents relevés après sinistre sont les suivants :
- Les ouvertures non protégées : fenêtres en simple vitrage, volets en PVC ou en bois non traités. Une chaleur de 200 °C suffit à faire éclater un vitrage standard.
- La toiture et les chéneaux : les braises s'accumulent dans les angles morts, les gouttières et sous les tuiles déplacées.
- Les aérations et VMC : des grilles non protégées aspirent les fumées chaudes et les particules incandescentes directement dans le volume intérieur.
- Les terrasses en bois : les lames de plancher en essences non traitées peuvent s'enflammer par rayonnement avant que la flamme n'atteigne directement la façade.
- Les joints de dilatation et les fissures en façade : des braises de quelques millimètres peuvent s'y loger et couver pendant des heures.
Les 5 aménagements prioritaires recommandés par un expert
Un professionnel de l'amélioration de la maison intervenant en zone à risque incendie établit généralement une hiérarchie d'interventions en fonction du coût, de l'efficacité et du délai de mise en œuvre.
1. Remplacer les volets par des volets coupe-feu homologués
Les volets classiques en PVC ou en bois ont une tenue au feu quasi nulle. Des volets aluminium à galandage, classés R 30 (30 minutes de résistance au feu), offrent une protection significative. Coût indicatif : entre 350 et 700 € par fenêtre, pose comprise, selon la taille et la motorisation. Pour une maison de plain-pied avec huit ouvertures, le budget total tourne autour de 4 000 à 5 500 €.
2. Poser des grilles anti-braises sur toutes les ventilations
Les grilles inox à maillage fin (inférieur ou égal à 2 mm) empêchent les braises de pénétrer par les bouches de VMC, les sous-faces de toiture et les aérations de vide sanitaire. Coût : 20 à 60 € par grille, installation incluse en cas d'intervention groupée. Pour une maison type, compter 150 à 300 € de fourniture et une journée d'intervention.
3. Sécuriser la toiture et les chéneaux
Un couvreur spécialisé procédera au calfeutrement des zones d'accumulation des braises : remplacement des tuiles cassées ou déplacées, pose de joints intumescents en faîtage, installation de gouttières fermées ou en aluminium avec couvercles grillagés. Budget moyen : 800 à 2 000 € selon la surface et l'état de la toiture.
4. Protéger ou supprimer les éléments combustibles en façade
Les terrasses en bois tropique ou en pin traité peuvent être conservées à condition d'appliquer un saturateur ignifugeant homologué tous les deux à trois ans (produit à partir de 15 €/litre pour 10 m²) ou de les remplacer par des lames composite à faible combustibilité. Plus radical mais plus efficace : remplacer les terrasses bois par du carrelage extérieur ou du béton désactivé.
5. Respecter et anticiper l'obligation légale de débroussaillement
Le débroussaillement autour de votre maison est une obligation légale en zone à risque incendie, précisée sur le portail officiel georisques.gouv.fr : 50 mètres autour des constructions en forêt ou à moins de 200 mètres d'un bois classé à risque. Mais au-delà du périmètre légal, les experts recommandent d'étendre cette zone à 100 mètres quand le terrain le permet, et d'éliminer toute continuité verticale de végétation (pas de végétation haute sous les arbres, pas de haies menant directement à la façade).
Cas concret : une maison à Barjols en zone PPRIF B
Prenons le cas d'un couple propriétaire d'une maison de 110 m² située à 800 mètres de la forêt dans la commune de Barjols, classée en zone rouge du PPRIF du Var. Ils ont réalisé leur débroussaillement obligatoire sur 50 mètres autour de la maison, mais n'ont jamais effectué de travaux de mise en sécurité structurels.
Lors du passage de l'incendie de juillet 2026, leur maison a été épargnée par chance — les vents ont tourné. Mais un expert en amélioration de la maison mandaté pour un diagnostic post-événement identifie plusieurs failles : volets en PVC sur huit fenêtres, trois bouches de VMC non protégées, gouttières en PVC obstruées par des aiguilles de pin sèches, terrasse de 20 m² en bois non traité.
Estimation des travaux prioritaires :
- 8 volets aluminium anti-feu (R 30) : 4 200 €
- Grilles anti-braises (5 bouches) : 220 €
- Réfection gouttières aluminium fermées : 850 €
- Traitement ignifugeant terrasse (20 m²) : 350 €
- Total : environ 5 620 €
Ce que ce budget change concrètement :
Si un feu de forêt génère un rayonnement thermique intense pendant 20 à 30 minutes sur leur façade — scénario typique lors d'un épisode de mistral dans le Var —, une maison non sécurisée présente un risque élevé d'entrée du feu par les ouvertures. Avec les aménagements listés ci-dessus, les volets R 30 tiennent 30 minutes, le temps pour les pompiers d'intervenir ou pour le front de feu de progresser au-delà de la propriété. La grille anti-braises sur les VMC élimine la principale cause d'ignition interne par particules. Résultat probable : la maison reste protégée là où, sans aménagement, elle aurait risqué d'être totalement détruite.
Du côté assurantiel, plusieurs compagnies acceptent de réviser à la baisse la prime multirisque habitation — entre 8 et 15 % — pour les assurés en zone PPRIF qui peuvent justifier de travaux certifiés. Pour une prime annuelle de 900 €, cela représente 72 à 135 € d'économie par an, soit un retour sur investissement de l'ordre de 40 à 75 ans en termes de prime uniquement. L'intérêt réel reste avant tout la protection du patrimoine, dont la valeur peut représenter plusieurs centaines de milliers d'euros.
Par où commencer dès maintenant
La saison des feux 2026 n'est pas terminée. Les prévisions météorologiques pour les semaines à venir indiquent un maintien des conditions sèches en Provence avec des vents de secteur nord fréquents. Les propriétaires en zone à risque dans le Var ont tout intérêt à agir avant la fin de l'été.
Vérifiez d'abord si votre commune est couverte par un PPRIF via le géoportail des risques naturels. Si c'est le cas, vous avez des obligations spécifiques, y compris en cas de vente du bien (l'état des risques naturels et technologiques est obligatoire et doit être remis à l'acheteur).
Faites ensuite réaliser un diagnostic de vulnérabilité par un artisan ou un expert en amélioration de la maison formé au risque incendie. Ce diagnostic coûte généralement entre 100 et 250 €, et certaines communes du Var proposent des aides ou des diagnostics gratuits dans le cadre de leurs plans communaux de sauvegarde.
Priorisez les grilles anti-braises et les gouttières en premier : ce sont les interventions les plus rapides, les moins chères et parmi les plus efficaces. Elles peuvent être réalisées en une journée pour moins de 500 €. Si vous avez des animaux de compagnie, pensez également à préparer un kit d'évacuation spécifique — retrouvez nos conseils pratiques dans notre guide sur l'évacuation des animaux en cas de feux de forêt.
Pour trouver un expert en amélioration de la maison spécialisé dans les zones à risque incendie, vous pouvez consulter un professionnel directement via ExpertZoom — un premier rendez-vous en ligne permet d'obtenir une estimation sans déplacement et d'identifier les travaux les plus urgents avant la prochaine saison à risque.
Note importante : les coûts indiqués dans cet article sont des estimations moyennes indicatives susceptibles de varier selon la région, les matériaux choisis et les prestataires. Pour toute décision de travaux, faites établir au moins trois devis auprès de professionnels qualifiés RGE ou équivalent.

Pablo