Tulsi Gabbard démissionne pour son mari malade : vos droits de proche aidant en Suisse

Tulsi Gabbard, ancienne Directrice du renseignement national américain

Photo : Gage Skidmore / Wikimedia

Élise Élise MeyerJuridique
4 min de lecture 22 mai 2026

Tulsi Gabbard démissionne pour soigner son mari : en Suisse, quels droits pour accompagner un proche gravement malade ?

Le 22 mai 2026, Tulsi Gabbard a annoncé sa démission du poste de Directrice du renseignement national américain (DNI), avec effet au 30 juin 2026. La raison invoquée : le diagnostic d'un cancer osseux extrêmement rare chez son mari, Abraham Williams. Elle devient ainsi la quatrième membre du cabinet Trump à quitter ses fonctions en 2026. Au-delà des enjeux géopolitiques, sa décision soulève une question que des millions de salariés en Suisse et en Europe se posent un jour ou l'autre : quels sont mes droits si je dois cesser de travailler pour m'occuper d'un conjoint gravement malade ?

Congé pour proches aidants : ce que prévoit la loi suisse

En Suisse, le droit à l'absence pour soins à un proche a été renforcé par la révision du Code des obligations (CO) entrée en vigueur en 2021. Selon l'article 329h du CO, un employé peut s'absenter jusqu'à trois jours par événement pour soigner un proche malade, dans la limite de dix jours par année civile.

Ce droit concerne les conjoints, partenaires enregistrés, parents, enfants et toute personne vivant en ménage commun. La maladie doit nécessiter la présence du salarié. Pendant cette période, l'employeur ne peut pas licencier le travailleur — sauf pendant la période probatoire.

Pour les situations plus longues — comme une maladie grave chronique ou terminale —, d'autres mécanismes entrent en jeu.

Cancer osseux rare : une maladie longue durée qui change tout

Le cancer osseux primitif (ostéosarcome, sarcome d'Ewing) représente moins de 1 % de tous les cancers selon les statistiques de l'Office fédéral de la santé publique. Les traitements — chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie — peuvent s'étaler sur douze à dix-huit mois, avec des phases d'hospitalisation intensive.

Dans ces cas, trois jours de congé sont largement insuffisants. La question se pose alors : est-il possible de réduire son temps de travail sans perdre son emploi ?

La réponse en droit suisse : oui, dans certains cas, par accord mutuel avec l'employeur. Aucune loi n'oblige un employeur à accepter un temps partiel, mais les conventions collectives de travail (CCT) dans de nombreux secteurs (santé, éducation, administration publique) prévoient des dispositions plus favorables.

Que se passe-t-il en cas de démission volontaire ?

À l'inverse du cas Gabbard — qui a choisi de démissionner —, un salarié suisse qui quitte son poste pour soigner un proche perd ses droits aux allocations de chômage. La loi sur l'assurance-chômage (LACI) exige en effet une cause non imputable à l'assuré pour ouvrir les droits.

Trois alternatives à la démission :

  1. Congé non payé : négocié avec l'employeur, il permet de suspendre le contrat sans le rompre. Aucune obligation légale pour l'employeur de l'accorder, mais beaucoup y consentent.

  2. Incapacité de travail pour raisons de santé propres : si le stress ou l'épuisement lié aux soins affecte votre santé, un médecin peut constater une incapacité de travail. Cela active les indemnités de l'assurance perte de gain (APG).

  3. Congé de proche aidant de longue durée : depuis 2021, un congé de 14 semaines (avec allocation) est prévu pour accompagner un proche souffrant d'une maladie grave nécessitant une prise en charge importante. Ce congé est partiellement indemnisé via les APG à hauteur de 80 % du revenu.

L'assurance maladie couvre-t-elle les soins à domicile ?

Pour l'aidant profane (conjoint, enfant), la question des coûts est également centrale. En Suisse, l'assurance obligatoire des soins (LAMal) prend en charge une partie des soins à domicile si ceux-ci sont ordonnés par un médecin et dispensés par des professionnels reconnus (Spitex, infirmiers). Les soins prodigués par le conjoint lui-même ne sont en revanche pas remboursés par l'assurance de base.

Certaines assurances complémentaires couvrent toutefois des prestations supplémentaires comme la garde de nuit, les soins palliatifs à domicile ou les frais de transport. Un conseiller spécialisé peut analyser votre couverture actuelle et identifier les manques.

Comment aborder la conversation avec son employeur ?

La transparence reste la meilleure stratégie. Informer son employeur dès que possible, expliquer la situation sans entrer dans des détails médicaux intimes, et proposer des solutions (télétravail, horaires décalés, réduction temporaire du taux d'occupation) permet souvent de trouver un arrangement sans rompre le contrat.

Garder une trace écrite de tous les échanges est essentiel. Si l'employeur répond favorablement, un avenant au contrat de travail formalisant les nouvelles conditions protège les deux parties. Un avocat ou un conseiller RH peut vous aider à rédiger cet avenant de manière à préserver vos droits à long terme.

Ce qu'un expert peut faire pour vous

Face à une maladie grave dans votre cercle proche, les décisions à prendre — maintenir ou quitter son emploi, activer des assurances, renégocier un contrat — sont lourdes de conséquences juridiques et financières. Un avocat spécialisé en droit du travail peut analyser votre situation, vérifier vos droits selon votre contrat et votre CCT, et vous accompagner dans la négociation avec votre employeur.

Pour en savoir plus sur vos droits, consultez le Code des obligations suisse (art. 329h sur le congé pour proches aidants), ou prenez rendez-vous avec un juriste spécialisé sur ExpertZoom.


Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou médical. Consultez un professionnel qualifié pour toute situation individuelle.

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