Andrighetto revient de commotion et brille au Mondial : quand consulter un médecin après un traumatisme crânien

Sven Andrighetto, attaquant du ZSC Lions, lors d'un match de hockey

Photo : TheAHL / Wikimedia

4 min de lecture 1 juin 2026

Le 25 mars 2026, Sven Andrighetto a perdu connaissance sur la glace de la Swiss Life Arena après une violente collision avec son coéquipier Rudolfs Balcers lors des playoffs de National League. « C'était effrayant », a confié l'attaquant du ZSC Lions, cité par Bluewin. Deux mois plus tard, il brillait au Mondial 2026 en Suisse avec un but et deux assists lors de son retour en compétition internationale — avant de terminer parmi les meilleurs pointeurs du tournoi avec 13 points en 6 matchs.

Cette trajectoire — commotion sévère en mars, performance de haut niveau en mai — pourrait laisser croire qu'une commotion cérébrale n'est qu'une blessure comme les autres. C'est précisément le contraire. Le chemin de Andrighetto illustre ce que le protocole médical rigoureux permet d'accomplir. Il montre aussi ce qui arrive quand ce protocole n'est pas respecté.

Ce qui s'est passé : une commotion avec rechute

Après son accident de mars, Andrighetto a suivi le protocole de retour progressif au jeu imposé par la National League. Il progressait bien — puis a subi une rechute qui a replongé sa situation dans l'incertitude. Selon Planète Hockey, l'attaquant n'était toujours pas certain de participer au Mondial quelques semaines avant le tournoi.

Une rechute après commotion n'est pas rare. Elle survient généralement quand l'activité physique ou cognitive reprend trop tôt, avant que les symptômes ne soient totalement résolus. C'est pourquoi les médecins du sport imposent une progression stricte par étapes : repos total, activité aérobique légère, exercices spécifiques au sport, retour à l'entraînement complet, puis matchs.

Andrighetto n'a repris que lorsqu'il n'avait plus « aucun symptôme depuis plusieurs jours » et que « tout était sous contrôle à 100 % », a-t-il confirmé à Blick. C'est la bonne approche.

5 signaux d'alarme qui exigent une consultation médicale immédiate

La commotion cérébrale touche chaque année des milliers de personnes en Suisse — pas seulement des sportifs professionnels. Chute à vélo, accident de ski, coup en escaladant, choc à la maison : les causes sont banales. Mais certains signes ne doivent jamais être ignorés.

1. Perte de connaissance, même brève. Comme Andrighetto l'a vécu, toute perte de conscience — même de quelques secondes — justifie une évaluation médicale immédiate aux urgences. Ce n'est pas un signe de faiblesse : c'est le signal que le cerveau a été perturbé de façon significative. En hockey, Christoph Bertschy avait déjà illustré la violence de ces chocs en finale, avec des questionnements similaires sur les délais de reprise.

2. Vomissements répétés. Un ou deux vomissements isolés peuvent survenir après un choc. Des vomissements répétés ou en jet indiquent une possible hypertension intracrânienne — une urgence neurologique.

3. Maux de tête qui s'aggravent progressivement. Une céphalée qui augmente au fil des heures (plutôt que de diminuer) est un signe d'alarme qui doit conduire aux urgences sans délai.

4. Confusion, désorientation ou comportement inhabituel. Si la personne ne reconnaît pas ses proches, répète les mêmes questions ou semble « ailleurs », une évaluation neurologique s'impose.

5. Trouble de la vision ou asymétrie pupillaire. Vision double, floue, ou une pupille plus dilatée que l'autre sont des indicateurs neurologiques graves.

Le protocole suisse : en quoi consiste-t-il exactement ?

En Suisse, la prise en charge des commotions cérébrales suit les recommandations du Groupe de concertation international sur les commotions cérébrales dans le sport (CISG), régulièrement mis à jour. Le CHUV à Lausanne dispose d'un service de neurologie spécialisé dans les traumatismes crâniens légers, accessibles sur référence médicale.

Le protocole recommandé pour le grand public comprend :

  • Jour 1-2 : Repos complet (mental et physique), éviter les écrans, les lectures prolongées et tout effort cognitif intense
  • Jour 3-4 : Reprise d'activités légères si aucun symptôme
  • Jour 5-7 : Activité physique modérée sans contact
  • À partir de J8 : Retour progressif aux activités habituelles selon avis médical

Pour les sportifs professionnels, ce protocole est imposé par les fédérations. Pour les particuliers, c'est le médecin de famille ou un neurologue qui guide le processus.

Quand faut-il consulter un médecin — et lequel ?

La règle en Suisse est simple : tout choc à la tête avec perte de connaissance, même brève, mérite un passage aux urgences ou une consultation médicale dans les 24 heures.

En dehors des situations d'urgence, votre médecin de premier recours peut évaluer une commotion légère. Si des symptômes persistent au-delà de deux semaines — maux de tête chroniques, difficultés de concentration, troubles du sommeil — une consultation neurologique est recommandée. Il ne s'agit plus alors d'une commotion « simple » mais d'un syndrome post-commotionnel, qui nécessite une prise en charge spécifique.

Andrighetto a eu la sagesse d'attendre que sa récupération soit totale avant de reprendre. Ce choix, soutenu par son équipe médicale, lui a permis de performer à son meilleur niveau au Mondial. Il peut vous sauver des semaines — voire des mois — de souffrance inutile si vous êtes dans la même situation.

Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de doute après un traumatisme crânien, consultez immédiatement un professionnel de santé ou rendez-vous aux urgences.

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