Steven Spielberg : son film UFO sort le 12 juin 2026, qui détient les droits d'auteur en Suisse ?

Steven Spielberg en 1999, portrait du réalisateur américain

Photo : Helene C. Stikkel / Wikimedia

4 min de lecture 8 juin 2026

Steven Spielberg prépare son retour au cinéma avec un film événement sur les ovnis, désormais fixé au 12 juin 2026. Ce projet, porté par Universal Pictures et Amblin Partners, mobilise des stars comme Emily Blunt et Josh O'Connor. Derrière le spectacle hollywoodien, cette annonce relance une question souvent négligée : qui détient réellement les droits sur une œuvre cinématographique en Suisse ?

Un blockbuster Spielberg débarque le 12 juin 2026

Universal Pictures a confirmé en février 2025 que le prochain film de Steven Spielberg sortira le 12 juin 2026, et non le 15 mai comme initialement prévu. Ce report permet d'éviter une concurrence directe avec Avengers: Doomsday et The Mandalorian & Grogu. Le long-métrage, encore sans titre officiel, explore une thématique d'ovnis, un terrain familier pour le réalisateur d'E.T. l'extra-terrestre et de Rencontres du troisième type.

Le scénario est signé David Koepp, collaborateur historique de Spielberg (Jurassic Park, La Guerre des mondes). La distribution réunit Josh O'Connor (Challengers), Emily Blunt (Oppenheimer), Colman Domingo, Colin Firth et Eve Hewson. Ce casting international soulève des enjeux contractuels complexes, notamment sur la répartition des droits entre coproducteurs et distributeurs.

En Suisse, où le cinéma national coexiste avec une forte présence des productions américaines, ces superproductions interrogent le cadre légal local. La Loi fédérale sur le droit d'auteur et les droits voisins (LDA, RS 231.1) définit précisément les règles applicables aux œuvres audiovisuelles. Toute personne impliquée dans la création d'un film sur le territoire helvétique doit connaître ces dispositions.

Le droit d'auteur suisse face aux superproductions

La législation suisse protège les œuvres cinématographiques comme des œuvres de collaboration. Selon l'article 7 de la LDA, sont considérés comme auteurs le metteur en scène, l'auteur du scénario, le compositeur de la musique et les autres créateurs ayant apporté une contribution substantielle. Cette définition diffère des pratiques hollywoodiennes, où les studios revendiquent fréquemment l'intégralité des droits via des clauses contractuelles.

En Suisse, le droit moral est inaliénable. L'article 16 de la LDA stipule que l'auteur conserve le droit de reconnaissance de sa paternité et le droit à l'intégrité de son œuvre. Même en cas de cession totale des droits d'exploitation, le créateur peut s'opposer à toute modification portant atteinte à sa réputation. Cette protection s'applique aux collaborations internationales lorsqu'un élément de création est réalisé en Suisse.

Les droits patrimoniaux, eux, peuvent être cédés ou concédés sous licence. L'Institut fédéral de la propriété intellectuelle (IPI), basé à Berne, recommande de formaliser chaque transfert par écrit. Une convention orale, même courante dans certaines industries, expose les parties à des litiges coûteux sur l'étendue des droits cédés.

Contrats de coproduction : les pièges juridiques helvétiques

Les films internationaux impliquent souvent des coproductions suisses, que ce soit pour les décors, la postproduction ou le financement. Dans ces configurations, la répartition des revenus entre parties devient un terrain miné. La LDA prévoit une présomption de coauteur pour les principaux contributeurs créatifs, mais les contrats de coproduction peuvent redéfinir cette répartition.

Un point de vigilance particulier concerne les clauses de rétrocession. Certains studios étrangers exigent des producteurs suisses une cession des droits pour l'ensemble des exploitations, y compris celles non prévues au moment de la signature. La jurisprudence suisse, notamment les arrêts du Tribunal fédéral en matière de droit d'auteur, a tendance à restreindre l'interprétation extensive de telles clauses au profit des auteurs.

La gestion collective joue également un rôle central. Les sociétés de perception suisses, comme la SSA pour les droits des auteurs d'œuvres audiovisuelles, assurent le recouvrement des rémunérations dues aux créateurs. Tout producteur ou distributeur actif en Suisse doit s'acquitter de ces contributions, sous peine de poursuites civiles. Pour mieux comprendre ces enjeux, lisez notre analyse sur les droits de la personnalité dans les biopics.

Quand faire appel à un expert juridique ?

La complexité croissante des productions internationales rend indispensable une consultation préventive. Un avocat spécialisé en propriété intellectuelle peut vérifier la conformité d'un contrat de coproduction avec la LDA, négocier les clauses de cession ou défendre les droits moraux d'un créateur. Cette expertise devient critique lorsqu'un film génère des revenus importants sur le marché suisse.

Les réalisateurs indépendants, les scénaristes et les compositeurs suisses collaborant avec des maisons de production étrangères doivent notamment surveiller trois éléments : l'étendue géographique de la cession, la durée des droits transférés et les modalités de rémunération différée. Une clause mal négociée peut priver un auteur de revenus significatifs lors des rediffusions ou du streaming.

Les exploitants de salles de cinéma et les plateformes de diffusion en Suisse doivent également veiller à détenir les licences appropriées. La diffusion d'une œuvre sans autorisation expose à des sanctions pénales prévues par l'article 69 de la LDA, incluant des peines d'emprisonnement jusqu'à un an ou des amendes.

Le marché du streaming modifie également la donne. Les contrats signés avant l'essor des plateformes ne prévoient souvent pas les modalités de rémunération pour la diffusion numérique. En Suisse, le principe de l'article 9 de la LDA impose une rémunération équitable pour chaque mode d'exploitation. Les auteurs peuvent donc réclamer un complément de rémunération lorsqu'un film initialement prévu pour les salles dark est rediffusé sur une plateforme suisse.

Avertissement juridique : Le présent article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Chaque situation contractuelle présente des spécificités qui nécessitent une analyse personnalisée par un professionnel du droit.

Nos experts

Avantages

Des réponses rapides et précises pour toutes vos questions et demandes d'assistance dans plus de 200 catégories.

Des milliers d'utilisateurs ont obtenu une satisfaction de 4,9 sur 5 pour les conseils et recommandations prodiguées par nos assistants.