Slovénie 3-2 Tchéquie en OT au Mondial : ce que gagnent vraiment les joueurs non-NHL

Match de hockey sur glace au Championnat du monde IIHF, joueurs en action sur la patinoire

Photo : Акутагава / Wikimedia

Laurent Laurent RousseauGestion de Patrimoine
4 min de lecture 19 mai 2026

La Slovénie a créé l'une des grandes surprises du Championnat du monde de hockey sur glace 2026 en renversant la République tchèque 3-2 aux prolongations le 16 mai, à Fribourg. Marcel Mahkovec a inscrit le but décisif à 1:14 de la prolongation, portant le gardien Lukas Horak — auteur de 32 arrêts — au rang de héros national. Ce soir à 16h20 (CET), la Slovénie affronte la Slovaquie dans le groupe B, alors que le tournoi se poursuit jusqu'au 31 mai dans les deux enceintes suisses (Zurich et Fribourg). Au-delà du spectacle sportif, cette performance relance une question rarement posée : que gagnent réellement les joueurs de hockey qui représentent de petits pays au plus haut niveau mondial, et comment gèrent-ils leurs revenus sur le court terme d'une carrière sportive ?

Ce que les joueurs reçoivent pendant le Mondial IIHF

Contrairement aux idées reçues, le Championnat du monde de hockey n'est pas une compétition rémunérée. L'IIHF prend en charge l'hébergement, les repas et les frais de voyage des joueurs, mais ne verse aucun salaire pour la participation. Les fédérations nationales offrent parfois des primes de résultat — quelques milliers d'euros pour une victoire de prestige comme celle sur la Tchéquie — mais ces montants restent symboliques.

Pour les joueurs évoluant en NHL (comme certains Canadiens ou Américains qui rejoignent leur sélection après les séries éliminatoires), la question ne se pose guère : leur contrat principal les couvre. Mais pour un joueur slovène, qui évolue dans une ligue européenne comme la KHL autrichienne, la EBEL ou la Ligue nationale suisse, la réalité est bien différente. Leurs salaires annuels se situent généralement entre 30 000 et 120 000 euros — parfois davantage pour les meilleurs profils — avec des contrats courts, souvent d'une ou deux saisons, renouvelables selon les performances.

Les défis financiers des athlètes non-NHL

Un joueur de hockey professionnel non-NHL fait face à des défis financiers spécifiques que peu de conseillers en patrimoine maîtrisent vraiment :

Irrégularité des revenus. Les contrats changent fréquemment de pays en pays. Un joueur slovène peut passer d'un club autrichien à un club suisse en l'espace d'un été, avec des régimes fiscaux, des systèmes de prévoyance et des droits aux prestations sociales radicalement différents à chaque étape. En Suisse, un joueur professionnel cotise au 2e pilier (LPP), mais perd souvent ses droits acquis s'il part après moins de deux saisons.

La carrière courte. L'âge moyen de la fin de carrière en hockey professionnel se situe entre 33 et 36 ans. Sans planification précoce, un joueur peut se retrouver à 35 ans avec des revenus qui chutent brutalement, sans filet suffisant. Les Suisses comme Genoni, qui a prolongé sa carrière jusqu'à 38 ans, font figure d'exception.

La fiscalité internationale. Jouer dans plusieurs pays sur une carrière crée des obligations fiscales complexes : double imposition possible, déclarations croisées, question du domicile fiscal effectif. En Suisse, les athlètes résidents bénéficient de forfaits fiscaux dans certains cantons — mais les conditions d'éligibilité et d'optimisation nécessitent un accompagnement professionnel.

Ce que cela signifie pour les sportifs suisses

La situation des joueurs slovènes illustre une réalité partagée par de nombreux athlètes professionnels de niveau intermédiaire : ils gagnent bien par rapport à la moyenne, mais leurs revenus sont volatils, leur horizon de carrière est court, et leurs connaissances en matière de gestion patrimoniale restent souvent limitées.

Pour un joueur de la Ligue nationale suisse (LNA) gagnant entre 100 000 et 400 000 CHF par an, les questions qui se posent sont concrètes :

  • Prévoyance vieillesse : comment compléter le 2e pilier légal avec une solution de prévoyance privée (pilier 3a) adaptée aux revenus variables ?
  • Investissement progressif : comment diversifier les revenus d'une carrière sportive sans se retrouver dépendant d'un seul actif à la retraite ?
  • Protection en cas de blessure : les assurances accidents LCA (loi sur le contrat d'assurance) couvrent-elles suffisamment l'incapacité de gain, notamment si elle survient hors des heures d'entraînement officielles ?

L'article Genoni, 38 ans et au sommet du Mondial : ce que sa longévité enseigne sur la gestion patrimoniale explore les enjeux de la retraite sportive pour les joueurs de long niveau — un modèle que la Slovénie inspire à sa façon.

Que retenir de la surprise slovène pour votre propre stratégie financière ?

La montée en puissance de joueurs issus de petits pays comme la Slovénie résulte en partie d'une meilleure structuration des fédérations nationales, qui ont appris à valoriser leurs talents locaux — y compris sur le plan contractuel et financier. Selon Swiss Olympic, la Suisse a développé des programmes de soutien aux athlètes d'élite qui incluent une composante de conseil patrimonial et de transition professionnelle post-carrière.

Cette approche structurée n'est pas réservée aux grandes stars. Tout sportif suisse générant des revenus réguliers de son activité — que ce soit en LNA, dans des ligues régionales ou via des mandats d'ambassadeur de marque — devrait consulter un gestionnaire de patrimoine spécialisé pour optimiser sa situation dès le début de sa carrière, et non en fin de parcours.

Un conseiller en gestion de patrimoine peut vous aider à construire un plan financier personnalisé, adapté à la durée et à l'irrégularité typiques d'une carrière dans le sport professionnel en Suisse.

Avertissement : cet article est à visée informative et ne constitue pas un conseil financier ou juridique. Pour toute situation personnelle, consultez un professionnel qualifié.

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