À 38 ans, Leonardo Genoni affiche 1,00 but encaissé en moyenne et 94,59 % d'arrêts après trois matchs au Championnat du monde de hockey sur glace 2026 : le gardien de l'EV Zug est à portée d'un record historique à un âge où la plupart des athlètes ont déjà raccroché les patins. Sa longévité au plus haut niveau pose une question que tout professionnel à revenu variable devrait se poser : comment préparer la transition financière lorsque la carrière touche à sa fin ?
Genoni, 38 ans et toujours numéro un : un cas rare en hockey professionnel
Leonardo Genoni a disputé toute sa carrière en Suisse, passant par Lugano, Davos, Berne et Zoug. Champion de la Ligue nationale avec les ZSC Lions en 2024, il a porté la Swiss Life Arena de Zurich et la BCF Arena de Fribourg sur son dos depuis l'ouverture du tournoi le 15 mai 2026. La Suisse a battu les États-Unis 3-1, la Lettonie 4-2 et l'Allemagne 6-1 — trois victoires en trois matchs.
À son âge, Genoni approche les 11 blanchissages en Championnat du monde, un record partagé avec trois autres gardiens au niveau mondial. S'il garde la cage hermétiquement fermée encore quelques matchs, il pourrait entrer seul dans l'histoire de l'IIHF.
Mais derrière ces chiffres spectaculaires, Genoni est aussi un sportif professionnel suisse en fin de carrière. Une situation que les conseillers en gestion de patrimoine reconnaissent : c'est souvent dans les deux à trois dernières années d'un pic de performance que les décisions financières les plus importantes — et les plus irréversibles — sont prises.
Revenus d'un hockeyeur suisse : ce que l'on sait (et ce qu'on ne sait pas)
En Suisse, les salaires des joueurs de la Ligue nationale ne sont pas publics. Selon les estimations de la presse spécialisée (MySports, IIHF), les meilleurs joueurs helvétiques perçoivent entre 400 000 et 800 000 CHF par an. Pour un gardien titulaire d'un club comme Zoug avec un palmarès comme celui de Genoni, les estimations se situent dans la fourchette haute, auxquels s'ajoutent les primes d'équipe nationale et les droits à l'image.
Ce type de revenus — élevés mais concentrés sur une fenêtre de 15 à 20 ans — pose un défi patrimonial spécifique. Contrairement à un salarié traditionnel qui cotise 40 ans, l'athlète professionnel dispose d'une période de capitalisation courte et d'une retraite qui peut s'étaler sur 40 à 50 ans.
Les trois erreurs patrimoniales les plus fréquentes chez les sportifs en fin de carrière
1. Sous-cotiser au 2e pilier (LPP) pendant les années de gloire
En Suisse, les salariés cotisent obligatoirement à la prévoyance professionnelle (2e pilier). Mais les joueurs de hockey professionnels sont souvent salariés de leur club, avec une partie de leur rémunération versée sous forme de primes, d'allocations de représentation ou de droits à l'image, qui ne sont pas toujours pleinement soumises aux cotisations LPP.
Résultat : à la retraite sportive, la rente du 2e pilier peut être nettement inférieure au niveau de vie auquel l'athlète s'est habitué. La solution consiste à compléter volontairement via le rachat de lacunes LPP (contributions volontaires fiscalement déductibles) ou via un 3e pilier lié (pilier 3a).
L'AHV-IV donne une vue d'ensemble sur le système des trois piliers suisses et les droits aux prestations selon les cotisations versées.
2. Dépenser les primes de victoire plutôt que les capitaliser
Les tournois internationaux génèrent des primes importantes. Le Championnat du monde 2026, qui se déroule sur sol helvétique avec un budget total de 45 à 50 millions CHF et un bénéfice projeté de 10 millions CHF pour Swiss Ice Hockey, prévoit des primes pour les joueurs des équipes finalistes.
Un conseiller en gestion de patrimoine le dira clairement : une prime de compétition reçue à 35 ou 38 ans doit être traitée comme une opportunité de capitalisation, non comme un revenu courant. Placée en fonds de prévoyance ou investie dans un portefeuille diversifié, cette prime peut représenter une part significative du revenu à la retraite.
3. Négliger la couverture après la fin du contrat
En Suisse, la couverture perte de gain maladie (LCA) et l'assurance-accidents sont liées au contrat de travail. Le jour où le joueur signe la fin de son dernier contrat, cette couverture s'arrête. Or, les anciens sportifs de haut niveau présentent souvent des problèmes de santé chroniques liés aux blessures accumulées : genoux, épaules, hanches.
Prévoir une assurance complémentaire individuelle avant la fin du contrat est indispensable — une démarche que beaucoup d'athlètes repoussent jusqu'à ce qu'il soit trop tard.
Ce que Genoni incarne pour tout professionnel à carrière courte
Le cas de Genoni intéresse au-delà du monde du hockey. Chirurgiens en exercice intense, entrepreneurs qui vendent leur société, cadres dirigeants à revenus variables : tous partagent le même défi — des revenus élevés mais concentrés sur une période limitée.
Les principes sont les mêmes :
- Maximiser les cotisations déductibles en période de hauts revenus (rachats LPP, pilier 3a)
- Diversifier les actifs pour ne pas dépendre d'un seul type de revenu post-carrière
- Planifier la transition 3 à 5 ans avant le changement prévu, pas dans les derniers mois
Un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé dans les carrières atypiques peut bâtir un plan adapté à votre situation, qu'il s'agisse d'une fin de carrière sportive, d'une cession d'entreprise ou d'un changement de statut professionnel.
Genoni, symbole d'une génération de champions helvétiques
La génération de Genoni — avec Roman Josi, Nino Hischier, Timo Meier — représente l'âge d'or du hockey suisse. Ces joueurs ont bâti des carrières qui les ont amenés à la fois en NHL et à porter la croix blanche sur les grandes scènes internationales.
Ce que leur trajectoire illustre, c'est que le pic de performance et le pic de revenus coïncident rarement avec la meilleure préparation financière. La pression sportive, les déplacements constants et la gestion de carrière accaparent toute l'attention. La planification patrimoniale est souvent reléguée au second plan.
C'est précisément pour cela que les sportifs de haut niveau — comme tout professionnel à forte capacité de revenus sur une courte fenêtre — ont intérêt à s'entourer tôt d'un conseiller indépendant.
Note : cet article est fourni à titre informatif. Les décisions de prévoyance et d'investissement dépendent de votre situation personnelle. Consultez un conseiller en gestion de patrimoine agréé pour une analyse individualisée.
Un conseiller disponible sur Expert Zoom peut analyser votre situation patrimoniale et vous aider à planifier sereinement l'après-carrière — sportive ou professionnelle.

Isabelle Rey