Le 15 juin 2026, le tribunal d'arrondissement d'Oslo a condamné Marius Borg Høiby, fils de la princesse héritière Mette-Marit de Norvège, à quatre ans d'emprisonnement. Il a été reconnu coupable de deux viols, de violences conjugales répétées et de trafic de stupéfiants, sur 34 des 40 chefs d'accusation retenus.
Cette affaire judiciaire retentissante pose des questions que de nombreuses victimes de violences sexuelles se posent aussi en Suisse : quels sont mes droits, et à quoi me sert un avocat ?
Un procès de sept semaines, un verdict sévère
Le procès s'est ouvert le 1er février 2026 à Oslo et s'est clôturé le 19 mars 2026 après sept semaines d'audience. Marius Borg Høiby, 29 ans, faisait face à 40 chefs d'accusation portant sur des faits remontant à 2018.
Le parquet avait requis sept ans et sept mois d'emprisonnement. La défense plaidait dix-huit mois, ne reconnaissant qu'une partie des faits. Le tribunal a prononcé quatre ans de prison. Borg Høiby a suivi l'audience par visioconférence pour des raisons médicales.
Quatre victimes ont reçu une compensation totale de 580 000 couronnes norvégiennes, soit environ 48 250 francs suisses, selon Euronews du 15 juin 2026.
L'égalité devant la loi : même la royauté n'y échappe pas
Le 9 juin 2026, le tribunal de première instance avait accordé une libération temporaire à Borg Høiby, invoquant l'état de santé critique de sa mère. La princesse Mette-Marit est atteinte d'une fibrose pulmonaire incurable et attend une greffe de poumon.
Le 11 juin, la cour d'appel de Borgarting a annulé cette décision. Sa motivation est limpide : « Les difficultés de détention de l'accusé ne sont pas différentes de celles de tout autre prévenu dont un proche est gravement malade. »
Ce principe — l'égalité devant la loi — s'applique avec la même rigueur en Suisse, quelle que soit la notoriété de l'accusé.
Ce que la LAVI garantit aux victimes en Suisse
La Loi fédérale sur l'aide aux victimes d'infractions (LAVI, RS 312.5) est le socle des droits des victimes en Suisse. Elle s'applique à toute personne lésée par une infraction intentionnelle, qu'il s'agisse de violence physique, sexuelle ou psychologique.
La LAVI garantit quatre types de prestations :
- L'aide immédiate : soutien médical, psychologique et social, indépendamment de toute plainte pénale. L'accès à ces soins ne dépend pas de la décision de déposer une plainte.
- L'aide à long terme : prise en charge des frais thérapeutiques sur plusieurs années, parfois décennies.
- L'indemnisation : versée par l'État si l'auteur est insolvable, non identifié, ou si la procédure pénale n'aboutit pas.
- La réparation morale : une contribution forfaitaire pour les atteintes les plus graves à l'intégrité de la victime.
Ces droits sont accessibles via les centres d'aide aux victimes LAVI présents dans chaque canton suisse. Selon le canton, l'accès est gratuit et confidentiel.
Indemnisation civile : une procédure intégrée au procès pénal
En Suisse, les articles 122 à 126 du Code de procédure pénale (CPP) permettent aux victimes de formuler des conclusions civiles directement dans le cadre du procès pénal. Le tribunal peut statuer simultanément sur la culpabilité de l'auteur et sur les dommages-intérêts dus à la victime.
Cette procédure présente un avantage concret : elle évite d'engager une action civile séparée, souvent longue et coûteuse. Si les preuves sont suffisamment solides, le juge pénal se prononce sur la réparation en même temps que sur la condamnation. Dans l'affaire Borg Høiby, les quatre victimes ont obtenu une indemnisation dans le cadre du même jugement.
Ce qu'un avocat peut faire que l'État ne fera pas à votre place
La LAVI et le CPP offrent un cadre protecteur. Mais ils ne remplacent pas un conseil juridique personnalisé. Un avocat spécialisé en droit pénal peut intervenir à plusieurs niveaux.
Avant le dépôt de plainte, il évalue la solidité du dossier, anticipe les difficultés de preuve et conseille sur l'opportunité et le calendrier de l'action judiciaire. Les délais de prescription — 15 ans pour un viol commis sur une personne adulte (art. 97 CP) — peuvent sembler longs, mais attendre affaiblit les preuves disponibles.
Pendant la procédure, il protège la victime lors des auditions. En Suisse, une victime de violences sexuelles a le droit de demander que les auditions se déroulent hors la présence de l'auteur présumé (art. 152 CPP). Un avocat veille à l'application de ce droit et s'assure que la victime ne soit pas victimisée une seconde fois par le processus judiciaire.
Pour les conclusions civiles, il rédige les demandes d'indemnisation avec la précision nécessaire pour maximiser la réparation obtenue. Une formulation incorrecte peut réduire significativement le montant alloué par le tribunal.
Quand consulter ? Le plus tôt possible
Le délai de prescription pour un viol commis sur une personne adulte est de 15 ans en Suisse. Pour les infractions contre des mineurs, ce délai ne commence à courir qu'à leur 18e anniversaire (art. 97 al. 2 CP).
Même si vous ne souhaitez pas porter plainte immédiatement, consulter un avocat en amont clarifie vos options. Certaines démarches de préservation des preuves peuvent être initiées avant tout dépôt de plainte formel.
L'affaire Borg Høiby a duré deux ans entre les premières révélations (août 2024) et le verdict de juin 2026. Elle illustre combien ces procédures sont longues et épuisantes pour toutes les parties. Un accompagnement dès le début réduit cette charge, pour les victimes comme pour leurs familles.
Avertissement : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Chaque situation est unique. Consultez un avocat qualifié pour toute question relative à votre situation personnelle.
Pour savoir quels droits vous avez et comment les faire valoir, consultez un avocat spécialisé sur Expert Zoom. Trouvez un expert juridique en Suisse et obtenez un premier avis adapté à votre situation.

Juliette Mottet