Il est acteur, ancien danseur de compétition, et depuis le 27 février 2026, il fait partie des candidats les plus regardés de la 19e saison de «Let's Dance» sur RTL. Jan Kittmann, 42 ans, connu pour son rôle dans la série «Gute Zeiten, schlechte Zeiten», a impressionné dès le premier show avec 23 points, puis 28 points au deuxième épisode — dont le premier 10 de la saison décerné par le jury. Sa partenaire professionnelle Kathrin Menzinger et lui forment désormais le duo «KittKat», chouchou du public germanophone, y compris en Suisse romande.
Mais derrière les paillettes du show télévisé se pose une question médicale réelle : que se passe-t-il dans le corps d'un adulte qui reprend une pratique physique intensive après des années d'inactivité ? Et quels sont les risques spécifiques de la danse de compétition pour des personnes non entraînées ?
Let's Dance 2026 : ce que le show ne montre pas
«Let's Dance» est construit sur un scénario narratif séduisant : des célébrités non danseuses apprennent en quelques semaines des chorégraphies exigeantes. La saison 19, débutée le 27 février 2026, se termine le 29 mai 2026 avec la grande finale. Cela représente trois mois d'entraînement intensif, jusqu'à plusieurs heures par jour pour les candidats encore en compétition en phase finale.
Jan Kittmann a un avantage indéniable sur la plupart de ses concurrents : il a pratiqué la danse Jazz-Modern à haut niveau pendant huit ans avec le groupe «Outfaced», remportant cinq championnats berlinois consécutifs entre 1999 et 2007. Il n'est donc pas le candidat «zéro» typique de l'émission.
Mais la grande majorité des célébrités participantes, elles, le sont. Et ce sont elles — ou plutôt, leur médecin — qui illustrent parfaitement ce que la reprise sportive intense peut provoquer.
Les blessures les plus fréquentes dans les émissions de danse
Selon les médecins du sport, les émissions comme «Let's Dance» génèrent un profil de blessures bien documenté. Les candidats y sont exposés à plusieurs facteurs de risque simultanés :
Surcharge musculaire et tendineuse. Passer de zéro à plusieurs heures d'entraînement quotidien sans préparation progressive expose les muscles, les tendons et les articulations à des microtraumatismes répétés. Les zones les plus touchées : les chevilles, les genoux, les hanches et le bas du dos.
Entorses et élongations. Les figures de valse, quickstep ou tango nécessitent des positions inhabituelles pour les articulations, notamment une hyper-rotation externe du pied. Une chute ou un mauvais appui peut provoquer une entorse grave.
Syndrome du canal carpien. Moins connu du grand public, ce syndrome touche certains danseurs amateur en raison de la tension exercée sur le poignet dans les prises partenaires en danse de salon.
Stress fractures. Chez les adultes non entraînés, une augmentation trop rapide de la charge d'entraînement peut provoquer des fractures de fatigue, notamment au niveau des métatarses.
D'après la SUVA (Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents), les sports de danse et les disciplines impliquant des sauts répétés figurent parmi ceux à risque d'accidents articulaires pour les pratiquants amateurs adultes.
Reprendre le sport à l'âge adulte : ce que conseille un médecin
Jan Kittmann a 42 ans — une tranche d'âge où la reprise sportive intensive mérite une attention particulière. Les médecins du sport sont formels : plus on avance en âge, plus la préparation à l'effort doit être progressive et encadrée.
Voici ce que conseille un médecin du sport avant de se lancer dans une activité intense :
Bilan de santé préalable. Un électrocardiogramme d'effort, un bilan articulaire et une évaluation de la condition physique de base permettent d'identifier les contre-indications ou les fragilités à prendre en compte avant de commencer.
Progressivité obligatoire. Une règle classique en médecine sportive : ne jamais augmenter la charge d'entraînement de plus de 10% par semaine. Ce rythme semble lent, mais il protège efficacement contre les blessures de surmenage.
Récupération active. Les adultes de plus de 40 ans récupèrent moins vite que les jeunes sportifs. Des séances de récupération active (natation légère, yoga, stretching) doivent faire partie intégrante du programme d'entraînement.
Signaux d'alarme à ne pas ignorer. Douleurs articulaires persistantes après l'entraînement, essoufflement anormal, douleurs thoraciques : ces symptômes justifient une consultation médicale immédiate, pas une adaptation de la chorégraphie.
Quand faut-il consulter un médecin ?
En Suisse, les médecins du sport sont formés pour accompagner précisément ce type de reprise sportive intensive. Une consultation préventive avant de se lancer dans un programme intense — cours de danse, marathon, sport de combat — peut éviter des semaines d'arrêt forcé.
Les indications d'une consultation chez un médecin du sport incluent :
- Reprise après plus de six mois d'inactivité
- Douleur articulaire présente dès le début de l'activité
- Antécédents de blessures musculo-squelettiques
- Plus de 45 ans avec un projet d'activité intense
- Pathologies préexistantes (diabète, hypertension, problèmes cardiaques)
Un médecin peut également prescrire des séances de kinésithérapie préventive pour renforcer les zones de fragilité identifiées, comme les chevilles ou les genoux, avant même que la douleur n'apparaisse.
L'émission comme moteur de mobilisation sportive
«Let's Dance» a un effet bien documenté : chaque saison, les cours de danse enregistrent une hausse des inscriptions en Allemagne, en Autriche et en Suisse alémanique. Cet enthousiasme est positif — la danse est une activité à bénéfices cardiovasculaires et cognitifs réels.
Mais l'image renvoyée par le show — des non-danseurs qui semblent maîtriser la rumba en trois semaines — est trompeuse. Ce que la caméra ne filme pas, c'est la préparation physique, les séances de récupération, le suivi médical et les ajustements constants qu'implique un entraînement de ce niveau.
La bonne nouvelle : si vous souhaitez vous inspirer de Jan Kittmann pour reprendre la danse ou un autre sport, il n'est jamais trop tard. Il vous faut simplement un départ progressif, un bilan préalable, et si possible, l'accompagnement d'un médecin du sport suisse qui connaît votre profil physique.
Avertissement : cet article a une vocation informative générale sur la santé et la prévention. Il ne remplace pas un avis médical professionnel. Consultez un médecin avant de démarrer tout programme sportif intensif.
