Antoine Griezmann quittera l'Atletico Madrid en juillet 2026 pour rejoindre Orlando City en Major League Soccer (MLS). Annoncée officiellement le 24 mars 2026 par le club américain, cette décision marque bien plus qu'un transfert sportif : elle illustre les choix patrimoniaux auxquels tout sportif de haut niveau est confronté à l'aube de ses 35 ans.
Un départ aux enjeux financiers considérables
Griezmann partira avec un statut de "Designated Player" (DP), le mécanisme qui permet aux clubs MLS de recruter des stars internationales en dépassant le plafond salarial de la ligue — environ 4,9 millions de dollars de base. Selon les sources proches du dossier, son salaire est estimé entre 10 et 15 millions d'euros par saison, avec un contrat courant jusqu'en 2027-2028 et une option pour 2028-2029.
Pour l'attaquant international français (74 sélections), ce choix représente une extension lucrative de carrière tout en anticipant sa fin. Mais au-delà des chiffres, c'est la stratégie de transition patrimoniale qui retient l'attention des conseillers financiers spécialisés dans le sport.
La "retraite dorée" : mythe ou réalité ?
L'image d'un sportif professionnel richissime qui n'a jamais à s'inquiéter de sa retraite est largement surestimée. Selon l'Union des associations européennes de football (UEFA), plus de 30 % des footballeurs professionnels connaissent de sérieuses difficultés financières dans les cinq ans suivant la fin de leur carrière.
Les causes sont souvent les mêmes : revenus qui s'arrêtent brusquement à 35 ou 38 ans, niveau de vie maintenu par habitude, placements mal diversifiés, entourage problématique ou absence de planification à long terme.
Le cas Griezmann est différent : avec 211 buts et 97 passes décisives pour l'Atletico Madrid, il a constitué une base patrimoniale solide. Son passage en MLS lui permettra de prolonger ses revenus de haut niveau de deux à trois années supplémentaires, lui donnant le temps de préparer sereinement l'après-carrière.
Trois stratégies pour sécuriser un patrimoine sportif
Les conseillers patrimoniaux qui accompagnent des sportifs professionnels recommandent généralement trois axes stratégiques dès que la fin de carrière devient prévisible — idéalement cinq à sept ans avant l'arrêt :
1. Diversification des actifs Ne pas concentrer son patrimoine sur des biens immobiliers ou une seule classe d'actifs. À 35 ans, un horizon d'investissement de 30 à 40 ans reste ouvert. Les marchés actions et les fonds indiciels à long terme restent pertinents pour un sportif qui cesse de travailler à mi-vie.
2. Constitution de revenus passifs Droits à l'image, licences commerciales, participations dans des entreprises liées au sport ou à d'autres secteurs : Griezmann a par exemple investi dans l'e-sport (équipe Vitality) et dans des projets immobiliers en Espagne. Ces revenus passifs comblent le vide laissé par le salaire sportif.
3. Planification fiscale anticipée En Suisse, les revenus d'activités sportives exercées à l'étranger font l'objet de conventions fiscales bilatérales. Un footballeur suisse ou résident en Suisse qui joue aux États-Unis doit anticiper la double imposition, les règles de l'IRS américain et les implications de la convention fiscale Suisse–États-Unis.
Selon le Secrétariat d'État aux questions financières internationales (SFI), la Suisse dispose de plus de 100 conventions contre la double imposition — mais leur application concrète nécessite souvent l'accompagnement d'un expert en gestion de patrimoine international.
L'opportunité MLS, un modèle à analyser
La MLS présente une particularité : ses règles de plafond salarial créent une transparence inhabituelle dans le football professionnel. Contrairement à la Liga ou à la Premier League, les contrats DP y sont partiellement publics via la Major League Soccer Players Association.
Pour un athlète suisse ou franco-suisse envisageant de finir sa carrière en Amérique du Nord, cette visibilité facilite la comparaison et la négociation. Mais elle s'accompagne d'une fiscalité américaine complexe : les revenus gagnés sur le sol américain sont soumis à l'impôt fédéral et à l'impôt d'État — en Floride, où évolue Orlando City, il n'y a pas d'impôt sur le revenu au niveau étatique, ce qui représente un avantage non négligeable.
Quand consulter un conseiller patrimonial ?
Le cas Griezmann rappelle que la planification patrimoniale ne s'improvise pas à la dernière minute. Que l'on soit sportif professionnel ou cadre supérieur, les questions à se poser autour de 35-40 ans sont souvent similaires :
- Quel est mon niveau de revenus actuel et combien de temps va-t-il durer ?
- Ai-je diversifié suffisamment pour faire face à un arrêt d'activité ?
- Mes placements sont-ils adaptés à mon horizon de vie ?
- Ma situation fiscale est-elle optimisée pour les années à venir ?
Un conseiller patrimonial spécialisé peut réaliser un audit complet de la situation, modéliser différents scénarios de transition et proposer une allocation d'actifs cohérente avec les objectifs de vie.
Cet article a une portée informative générale. Il ne constitue pas un conseil en investissement ou en gestion de patrimoine personnalisé. Consultez un professionnel qualifié pour toute décision financière.
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