DSDS 2026 : Maric Verch et Lex Spielhaupter éliminés – que reste-t-il aux candidats après la télé-réalité ?

Concert DSDS Live on Tour, candidats sur scène sous les projecteurs lors d'un live show

Photo : AleXXw / Wikimedia

Sophie Sophie FavreJuridique
5 min de lecture 3 mai 2026

Le 2 mai 2026, lors du deuxième Live Show de la saison 22 de DSDS — Deutschland sucht den Superstar — deux nouveaux candidats ont quitté la compétition : Maric Verch et Lex Spielhaupter. Quelques jours auparavant, lors du premier Live du 28 avril, c'était Noemi Stefaniak, Peter Heimerdinger et Valentina Wagner qui avaient reçu le verdict du public. La course vers la grande finale du 9 mai 2026 se resserre désormais autour de cinq candidats : Constance Dizendorf, Abii Faizan, Tyrell Hagedorn, Paco Simic, et le revenant emblématique Menowin Fröhlich.

Mais au-delà des paillettes et des verdicts du public, une question rarement posée mérite toute l'attention : que reste-t-il aux candidats éliminés d'une émission de télé-réalité musicale ? Contrats, droits sur leurs performances, droits à l'image, liberté artistique — autant d'enjeux que seul un avocat spécialisé en droit du divertissement peut dénouer.

Un écosystème contractuel opaque dès le départ

Participer à DSDS ne signifie pas simplement monter sur scène et chanter. Avant même le premier casting filmé, les candidats signent des contrats de participation dont les clauses peuvent s'étendre sur plusieurs années. Ces documents, rédigés par des équipes juridiques professionnelles au service de la production, couvrent des domaines souvent mal compris par les candidats.

Les droits sur les prestations filmées. La production détient généralement les droits sur toutes les images et enregistrements réalisés dans le cadre de l'émission — répétitions, interviews, coulisses inclus. Le candidat éliminé ne peut en principe ni diffuser ni exploiter ces contenus sans autorisation.

Les droits d'image. Les participants autorisent souvent l'utilisation de leur image à des fins publicitaires sur une période définie. La portée de cette cession varie fortement selon les contrats, et beaucoup de candidats signent sans en mesurer l'étendue réelle.

Les clauses d'exclusivité. Certains participants se voient interdire de signer un contrat avec un label, de participer à une autre émission ou de se produire en public pendant un délai pouvant aller de six mois à deux ans après l'élimination. Pour un artiste cherchant à relancer sa carrière, cette contrainte peut s'avérer paralysante.

Que deviennent les droits sur les performances enregistrées ?

C'est la question centrale pour tout candidat éliminé. Quand Maric Verch interprète une reprise lors d'un Live Show diffusé à des millions de téléspectateurs, qui détient les droits sur cette performance ?

En droit suisse comme en droit allemand, les droits voisins protègent les artistes-interprètes sur leurs enregistrements. Toutefois, dans le cadre d'une émission télévisée, les contrats de participation prévoient généralement une cession totale ou partielle de ces droits à la production ou au diffuseur. Le candidat peut donc se retrouver dans l'impossibilité d'exploiter commercialement sa propre performance, même sous forme d'extrait sur ses réseaux sociaux.

La situation diffère si le candidat a interprété ses propres compositions. Les droits d'auteur — gérés en Suisse par la SUISA — restent en principe liés au compositeur, même si les droits voisins sur l'enregistrement ont été cédés. Cette distinction est capitale mais rarement expliquée aux candidats avant leur signature.

Un juriste spécialisé en propriété intellectuelle peut analyser les clauses contractuelles et déterminer précisément ce que le candidat est encore autorisé à exploiter après son élimination.

L'image : un capital à protéger après l'élimination

Pour les candidats qui ont acquis une visibilité grâce à leur passage dans l'émission, les droits à l'image deviennent rapidement une question économique. Des marques peuvent souhaiter les associer à des campagnes publicitaires, des créateurs de contenu les solliciter pour des collaborations rémunérées. Mais si les droits d'image ont été cédés contractuellement à la production, toute exploitation commerciale de la notoriété acquise dans le cadre du programme peut nécessiter l'accord préalable du diffuseur.

Le droit suisse protège fondamentalement la personnalité de chaque individu (article 28 du Code civil suisse). Cependant, la cession contractuelle du droit à l'image pour des finalités précises est parfaitement valide légalement. Les candidats ne mesurent pas toujours l'étendue de ce qu'ils ont signé avant les caméras.

Une consultation avec un avocat spécialisé en droit de la personnalité est vivement recommandée avant de signer tout accord avec une marque partenaire ou de lancer une chaîne YouTube capitalisant sur sa notoriété DSDS.

La rémunération des semaines de tournage : un flou juridique

Contrairement à une idée reçue, les participants à DSDS ne perçoivent pas nécessairement de rémunération pour leurs semaines de tournage. Les contrats prévoient en général une prise en charge des frais — hébergement, déplacements, costumes — mais pas de salaire au sens strict du terme.

Cette situation est juridiquement contestable. Si un candidat consacre plusieurs semaines à plein temps à une émission, sous le contrôle organisationnel de la production, la relation pourrait être qualifiée de contrat de travail. En droit suisse, le Tribunal fédéral s'est montré attentif à requalifier certaines relations contractuelles dans le secteur du divertissement. Une telle requalification ouvrirait droit à des indemnités en cas de résiliation, voire à une couverture chômage.

Ce point, rarement soulevé par les candidats eux-mêmes faute d'information, mérite une analyse juridique sérieuse.

Après l'élimination, quelle liberté artistique ?

Des anciens participants comme Menowin Fröhlich — qui revient à DSDS à 38 ans après un premier passage il y a des années — illustrent à quel point un passage dans une émission peut définir une trajectoire. Pour certains, les clauses d'exclusivité ont retardé la signature d'un premier contrat discographique indépendant. Pour d'autres, la cession de leurs enregistrements a empêché la réutilisation de leurs meilleures performances dans un album personnel.

Avant de participer à une émission musicale, et surtout avant de signer tout document, faire analyser le contrat par un professionnel juridique peut éviter des années de contraintes. La Société Suisse des Auteurs (SSA) propose des ressources pour les créateurs suisses. Vous pouvez consulter leurs orientations sur ssa.ch.

Que faire si vous êtes dans cette situation ?

Si vous avez participé à une émission de télé-réalité musicale et que vous souhaitez relancer votre carrière artistique, plusieurs démarches s'imposent avant toute initiative commerciale ou artistique.

Faites analyser votre contrat de participation par un avocat spécialisé en droit du divertissement ou en propriété intellectuelle. Identifiez précisément la durée et les territoires couverts par vos clauses d'exclusivité. Vérifiez si vos compositions sont correctement déclarées auprès de la SUISA pour percevoir vos droits d'auteur. Consultez un expert juridique avant tout partenariat commercial.

Sur Expert Zoom, des avocats spécialisés en droit du divertissement et en droit du travail peuvent vous aider à évaluer votre situation et à récupérer votre liberté artistique le plus tôt possible.

Avertissement : cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un professionnel qualifié.

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