Diletta Leotta accouche de Leonardo : ce que la loi suisse garantit aux nouvelles mères en 2026
Le 9 mai 2026, Diletta Leotta a publié sur Instagram une photo de son nouveau-né, simplement légendée "Leonardo" avec un cœur bleu. La présentatrice italienne de DAZN et son mari, le gardien de but allemand Loris Karius — dont le club Schalke 04 venait tout juste de décrocher la promotion en Bundesliga — devenaient parents pour la deuxième fois après leur fille Aria, née en août 2023. Le message a recueilli des dizaines de milliers de likes en quelques minutes, des félicitations de stars du football et de la TV italienne.
Cette naissance, événement mondial sur les réseaux sociaux, soulève une question que des centaines de milliers de femmes en Suisse se posent chaque année : qu'est-ce que la loi garantit concrètement lors d'une maternité ? Entre congé payé, protection contre le licenciement et droits à l'allaitement sur le lieu de travail, le cadre juridique suisse est précis — et souvent méconnu.
14 semaines de congé maternité payé : le minimum légal
Depuis l'entrée en vigueur des allocations perte de gain (APG) pour maternité en 2005, la Suisse garantit à toute femme salariée ou indépendante affiliée à l'AVS un congé maternité d'au moins 14 semaines (98 jours) à partir du jour de l'accouchement.
Pendant cette période, l'employeuse ou l'employeur reçoit de la caisse de compensation une indemnité journalière correspondant à 80 % du revenu moyen de l'activité lucrative, avec un plafond fixé en 2026 à 196 CHF par jour (soit un revenu mensuel maximum de 5 880 CHF pris en charge). Les femmes dont le salaire dépasse ce plafond — comme c'est le cas de nombreuses professionnelles des médias ou du sport — ne voient remboursés que ces 196 CHF/jour, sauf si leur employeur complète volontairement la différence.
Le droit au régime APG maternité est ouvert à toutes les femmes qui, au moment de l'accouchement :
- Sont assurées à l'AVS (obligatoire dès le 1er franc gagné en Suisse)
- Ont exercé une activité lucrative pendant les 9 mois précédant l'accouchement
- Avaient été affiliées à l'AVS pendant les 9 mois précédant l'accouchement
Les travailleuses indépendantes y ont droit dans les mêmes conditions que les salariées.
Protection contre le licenciement : une règle absolue
La maternité en Suisse s'accompagne d'une protection juridique forte contre le congédiement. Le Code des obligations (art. 336c) interdit formellement à tout employeur de résilier le contrat de travail d'une femme :
- Pendant toute la durée de la grossesse
- Pendant les 16 semaines suivant l'accouchement
Si un licenciement intervient pendant cette période protégée, il est nul et non avenu — même si l'employeur invoque des motifs économiques ou organisationnels. La femme peut en principe continuer à travailler comme si le congédiement n'avait pas eu lieu.
En pratique, un avocat spécialisé en droit du travail peut rapidement évaluer la validité d'une résiliation reçue en période de maternité et engager les démarches auprès du tribunal compétent. Les droits des sportives professionnelles comme des salariées ordinaires s'inscrivent dans ce même cadre légal — avec des nuances importantes selon le type de contrat.
Allaitement : temps payé par l'employeur
La loi sur le travail (LTr) prévoit une disposition souvent ignorée : pendant l'année qui suit l'accouchement, le temps consacré à l'allaitement — ou à l'expression du lait maternel — doit être rémunéré par l'employeur, dans les limites suivantes :
- Temps de travail journalier jusqu'à 4 heures : 30 minutes de temps d'allaitement rémunéré
- Temps de travail entre 4 et 7 heures : 60 minutes de temps rémunéré
- Temps de travail de plus de 7 heures : 90 minutes de temps rémunéré
L'employeur doit également mettre à disposition un local approprié ou permettre à la salariée de quitter l'entreprise à cet effet.
Congé paternité et congé parental : où en est la Suisse en 2026 ?
Depuis 2021, la Suisse offre également aux pères un congé paternité de 10 jours ouvrables (deux semaines), à prendre dans les 6 mois suivant la naissance, également indemnisé à 80 % du salaire via l'APG. Loris Karius, si sa situation professionnelle relevait du droit suisse, aurait droit à ce congé après la naissance de Leonardo.
En revanche, la Suisse ne dispose pas encore d'un véritable congé parental partageable librement entre les deux parents — une lacune régulièrement pointée par les syndicats et les associations féminines. Certains cantons (Genève, Vaud) et certaines grandes entreprises ont mis en place des arrangements plus généreux à titre volontaire.
Freelances, indépendantes et conditions particulières
Les femmes exerçant une activité indépendante — comme Diletta Leotta, dont l'activité de présentatrice et influenceuse est partiellement exercée à titre d'entreprise individuelle — bénéficient également de l'APG maternité à condition d'avoir cotisé à l'AVS pendant les 9 mois précédant l'accouchement.
Pour les femmes au bénéfice d'un contrat à durée déterminée qui arrive à échéance pendant la grossesse ou la maternité, des règles spécifiques s'appliquent. La fin de contrat n'est pas considérée comme un licenciement abusif si le terme était prévu avant le début de la grossesse — mais toute résiliation anticipée reste soumise à l'interdiction légale.
Faire valoir ses droits en cas de litige
Si votre employeur refuse de verser les allocations, conteste votre protection contre le licenciement ou ne respecte pas les dispositions sur l'allaitement, plusieurs recours sont possibles :
- La caisse de compensation cantonale gère le versement direct des APG et peut être saisie en cas de non-paiement
- Les prud'hommes cantonaux traitent les litiges liés au licenciement abusif et aux conditions de travail
- Le Service de l'inspection du travail peut intervenir en cas de non-respect des dispositions de la LTr sur l'allaitement
Un avocat spécialisé en droit du travail permet d'évaluer rapidement la situation et de choisir la voie la plus efficace. ExpertZoom met en relation les nouvelles mamans avec des avocats en droit du travail disponibles en Suisse romande — parce que la naissance d'un enfant est une joie, pas un risque juridique à affronter seule.
Les informations juridiques de cet article sont fournies à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un professionnel du droit qualifié.
