Christian Eriksen prépare activement la Coupe du monde 2026 avec le Danemark, cinq ans après son arrêt cardiaque survenu lors de l'Euro 2020. Le milieu de terrain évolue toujours sous implant de défibrillateur cardiaque, un dispositif qui a également permis au gardien argentin Mauricio Nievas de reprendre l'entraînement en mars 2026 après un malaise similaire. Cette double actualité ravive les interrogations sur la reprise du sport de haut niveau après un accident cardiaque et le rôle crucial du cardiologue dans ce parcours.
L'arrêt cardiaque d'Eriksen et le protocole de retour
Le 12 juin 2021, Christian Eriksen s'effondrait en plein match contre la Finlande à Copenhague. Réanimé sur le terrain par les secours médicaux, il avait ensuite reçu un défibrillateur automatique implantable (DAI), permettant son retour à la compétition dès huit mois plus tard. En 2026, le joueur de 33 ans continue d'évoluer en Premier League et avec la sélection danoise, illustrant la capacité d'un suivi cardiaque rigoureux à autoriser la poursuite d'une carrière sportive intense.
En mars 2026, le gardien argentin Mauricio Nievas a suivi une trajectoire comparable après un arrêt cardiaque en janvier lors d'une séance d'entraînement avec Deportivo Madryn. Opéré d'un pontage coronaire puis équipé d'un DAI, il a entamé sa réhabilitation avec l'objectif de retrouver les terrains professionnels. Selon l'organisation FIFPRO, sa prise en charge médicale intégrale par l'association des footballeurs argentins garantit un suivi spécialisé indispensable à ce type de retour. Ces deux cas soulignent l'importance d'une réponse médicale immédiate et d'un protocole de récupération structuré.
Quels examens pour reprendre le sport après un malaise cardiaque ?
La reprise d'une activité sportive intense après un événement cardiaque obéit à des protocoles stricts validés par les sociétés de cardiologie européennes. L'examen préalable d'un cardiologue constitue la première étape obligatoire. Celui-ci prescrit généralement un électrocardiogramme de repos, une échocardiographie pour évaluer la fonction cardiaque, et un test d'effort progressif. Pour les sportifs de haut niveau, une épreuve d'effort maximale sous contrôle médical est requise pour évaluer précisément la tolérance cardiaque à l'intensité compétitive.
Le DAI implanté chez Eriksen surveille en permanence le rythme cardiaque et délivre un choc électrique en cas de fibrillation ventriculaire, l'une des principales causes de mort subite du sportif. Cette technologie, désormais miniaturisée et fiable, permet à de nombreux patients de mener une vie quasi normale, y compris sportive. Toutefois, la pratique reste encadrée : les sports à risque de choc direct au thorax, comme le rugby, le hockey sur glace ou certains arts martiaux, sont généralement déconseillés aux porteurs de DAI car l'impact pourrait endommager le dispositif.
Le rôle du cardiologue du sport dans le suivi suisse
Le cardiologue spécialisé en médecine du sport joue un rôle central dans l'évaluation de la récupération et l'autorisation de reprise. Au-delà des examens techniques, il évalue le profil génétique du patient, l'origine précise de l'arythmie et les facteurs de risque associés comme l'hypertension ou le cholestérol. En Suisse, les centres spécialisés en cardiologie sportive, notamment à Genève, Lausanne et Zurich, proposent des bilans complets incluant holter ECG de 24 à 48 heures et épreuves d'effort spécifiques adaptées au profil de chaque athlète.
Ces bilans s'adressent non seulement aux athlètes professionnels mais aussi aux amateurs réguliers qui pratiquent un sport d'endurance. Un malaise pendant un footing, une palpitation inhabituelle ou un essoufflement anormal justifient une consultation sans délai. La prévention demeure plus efficace que l'intervention d'urgence : la Fondation Suisse du Cœur rappelle que le dépistage précoce et la gestion des facteurs de risque réduisent significativement la probabilité d'accident cardiaque fatal chez le sportif.
Quand consulter un expert après un effort inhabituel ?
Toute personne ressentant des douleurs thoraciques, des vertiges, des palpitations rapides ou une fatigue disproportionnée lors d'un effort doit interrompre immédiatement son activité et consulter un cardiologue dans les 24 à 48 heures. Les sportifs de plus de 35 ans, en particulier ceux reprenant l'activité après une interruption prolongée, doivent absolument privilégier un bilan cardiovasculaire préalable. Ce geste simple permet de détecter une anomalie silencieuse, comme une cardiomyopathie hypertrophique ou un trouble du rythme, avant qu'elle ne dégénère en arrêt cardiaque.
L'exemple de Christian Eriksen démontre qu'un suivi médical rigoureux et un dispositif de protection adapté autorisent la poursuite d'une carrière sportive de haut niveau. Pour le grand public, la leçon est identique : le corps envoie des signaux avant la catastrophe. Un cardiologue sportif peut interpréter ces signaux, adapter l'entraînement à l'état cardiaque réel du patient et, si nécessaire, prescrire un traitement préventif ou un dispositif de surveillance. Prendre rendez-vous avant le malaise reste la meilleure stratégie pour continuer à pratiquer son sport en toute sécurité.
Avertissement : cet article traite de sujets médicaux à titre informatif. Il ne remplace en aucun cas un avis médical personnalisé. En cas de symptômes cardiaques, contactez immédiatement un médecin ou le numéro d'urgence médicale 144.

Sophie Keller