Mattea Meyer de retour après un burn-out : quels sont vos droits face à l'épuisement professionnel en Suisse ?

Mattea Meyer et Cédric Wermuth, co-présidents du PS suisse

Photo : Vouipou / Wikimedia

4 min de lecture 20 avril 2026

La coprésidente du PS suisse, Mattea Meyer, a annoncé le 20 avril 2026 son retour au Conseil national après plusieurs mois d'absence pour cause de burn-out. Son témoignage met en lumière une réalité que vivent des milliers de salariés en Suisse chaque année — et les droits souvent méconnus qui les protègent.

Un retour médiatisé qui libère la parole

Mattea Meyer, co-présidente du Parti socialiste suisse aux côtés de Cédric Wermuth, s'était mise en arrêt maladie à 100 % à la fin du mois de novembre 2025. Dans une publication Instagram relayée par RTS et Le Temps, elle avait décrit « une grande fatigue » et « l'une des périodes les plus difficiles de sa vie ».

Son retour pour la session extraordinaire de fin avril 2026 est une bonne nouvelle pour le PS, mais surtout un signal fort pour les milliers de travailleurs suisses qui hésitent à s'arrêter de peur des conséquences sur leur emploi. Car en droit suisse, le burn-out est encadré — mais encore trop peu connu.

Ce que dit le droit suisse sur le burn-out

En Suisse, le burn-out est reconnu comme une maladie au sens du Code des obligations (CO) et de la Loi fédérale sur le contrat d'assurance (LCA). Cela signifie que les mêmes protections qu'en cas de maladie ordinaire s'appliquent — à condition de respecter certaines démarches.

La protection contre le licenciement est l'un des premiers droits à connaître. Selon l'article 336c du CO, un employeur ne peut pas licencier un salarié pendant les périodes d'incapacité de travail dues à une maladie. Cette protection est valable :

  • 30 jours pendant la première année de service
  • 90 jours de la deuxième à la cinquième année
  • 180 jours à partir de la sixième année

Durant cette période, si l'employeur envoie tout de même une lettre de licenciement, celle-ci est nulle de plein droit. Selon le Secrétariat d'État à l'économie (SECO), les conflits liés à l'épuisement professionnel représentent une part significative des litiges de droit du travail traités chaque année.

Le maintien du salaire est également garanti par la loi. Même sans assurance perte de gain (APG), l'employeur est tenu de verser le salaire pendant une durée déterminée selon l'échelle bernoise ou zurichoise. En pratique, de nombreuses entreprises ont souscrit une assurance perte de gain collective qui couvre jusqu'à 80 % du salaire pendant deux ans.

Les démarches essentielles lors d'un burn-out

Face à l'épuisement professionnel, agir vite et correctement est décisif :

  1. Consulter un médecin immédiatement : Le certificat médical est la pièce maîtresse. Sans attestation médicale, le salarié ne bénéficie d'aucune protection légale spécifique.

  2. Informer l'employeur sans délai : La communication doit se faire le plus tôt possible, par écrit de préférence.

  3. Vérifier son contrat et la CCT (Convention collective de travail) : Certaines conventions sectorielles prévoient des protections renforcées.

  4. Ne pas signer de résiliation de commun accord sous pression : Cette pratique, parfois proposée par des employeurs, prive le salarié de ses droits à l'assurance chômage.

Burn-out et retour au travail : une phase critique

Le retour au travail après un burn-out — comme celui de Mattea Meyer — est souvent la phase la plus délicate. En Suisse, le droit ne fixe pas de modalités précises pour la réintégration progressive, mais plusieurs principes s'appliquent :

  • L'employeur a une obligation de protection de la santé en vertu de l'article 6 de la Loi sur le travail (LTr)
  • Un retour à temps partiel peut être négocié, idéalement formalisé par avenant au contrat
  • L'assurance-invalidité (AI) peut intervenir via ses mesures de réinsertion si le burn-out dure plus de 12 mois

Selon le portail officiel ch.ch sur la maladie et le travail, le stress professionnel touche environ 25 % des actifs en Suisse, et les coûts liés à l'absentéisme sont estimés à plus de 7 milliards de CHF par an. Des chiffres qui illustrent l'ampleur du problème.

Quand consulter un expert juridique ?

Un conseil professionnel devient indispensable si :

  • Votre employeur tente de vous licencier pendant votre arrêt maladie
  • Vous êtes convoqué à un entretien de retour sans accompagnement proposé
  • Votre assurance perte de gain tarde à verser les indemnités
  • On vous demande de signer un document de départ « à l'amiable »

Un avocat spécialisé en droit du travail peut analyser votre situation, vérifier la validité des actes de votre employeur et, si nécessaire, engager une procédure de conciliation. À Genève, Vaud, Berne ou Zurich, les chambres des prud'hommes traitent ces litiges — souvent sans frais en première instance.

Ne restez pas seul face au burn-out

Le retour de Mattea Meyer au Palais fédéral montre qu'un burn-out, même sévère, ne signifie pas la fin d'une carrière. Mais pour traverser cette période sans perdre ses droits, s'informer et être bien conseillé fait toute la différence.

Un consultant juridique peut vous aider à comprendre vos droits, à préparer votre retour au travail et à éviter les pièges courants. Sur ExpertZoom, vous pouvez trouver un avocat spécialisé en droit du travail et obtenir une première consultation en ligne.

Avertissement : Cet article est à titre informatif uniquement. Il ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié pour toute décision concernant votre situation personnelle.

Nos experts

Avantages

Des réponses rapides et précises pour toutes vos questions et demandes d'assistance dans plus de 200 catégories.

Des milliers d'utilisateurs ont obtenu une satisfaction de 4,9 sur 5 pour les conseils et recommandations prodiguées par nos assistants.