Bourse suisse et tarifs Trump : comment protéger votre portefeuille en 2026

Gestionnaire de patrimoine à Zurich analysant la chute du SMI sur des écrans boursiers
Laurent Laurent RousseauGestion de Patrimoine
5 min de lecture 17 avril 2026

L'indice SMI (Swiss Market Index) a chuté de 1,9 % dans les premiers jours d'avril 2026, après l'annonce par Donald Trump de droits de douane de 31 % sur les produits suisses — un taux porté par la suite à 39 %, le plus élevé jamais imposé à un pays développé par les États-Unis. Si des négociations ont ramené ce taux à 15 % quelques semaines plus tard, l'épisode a exposé la fragilité de plusieurs secteurs de la Bourse suisse. Comment protéger votre portefeuille dans ce contexte d'incertitude commerciale ?

Le choc douanier et ses effets immédiats sur la Bourse suisse

Le 2 avril 2026, Donald Trump a annoncé des tarifs douaniers généralisés dans le cadre d'un « Liberation Day » commercial. La Suisse, avec ses exportations fortement orientées vers les États-Unis, a été durement touchée.

Les entreprises horlogères et de luxe ont encaissé les premières pertes : Richemont a chuté de 3 % à l'ouverture, Swatch de 5 %. La raison est claire — les États-Unis représentent 18 % des ventes annuelles de Swatch, et les exportations horlogères suisses vers les États-Unis atteignent environ 4,4 milliards de francs par an selon les données du Secrétariat d'État à l'économie (SECO).

À l'inverse, les géants pharmaceutiques ont mieux résisté. Roche a perdu 1,2 %, Novartis 0,44 %. L'explication tient à la dépendance américaine aux médicaments suisses : Washington ne peut pas se permettre de pénaliser un secteur dont les produits sont essentiels à son système de santé.

Jean-Philippe Bertschy, analyste chez Vontobel, a déclaré en avril que « l'impact des droits de douane américains, s'ils restaient à 39 %, pourrait être dévastateur pour de nombreuses marques suisses ».

Trois secteurs à surveiller : horlogerie, pharma, et les small caps

La crise tarifaire a mis en lumière une réalité que les conseillers en patrimoine connaissent bien : tous les secteurs de la Bourse suisse n'ont pas la même exposition au risque géopolitique.

L'horlogerie et le luxe sont les plus vulnérables. Richemont, Swatch, et dans une moindre mesure des marques de niche, dépendent fortement des consommateurs américains à hauts revenus. Une hausse tarifaire se répercute soit sur le prix final (réduisant la demande), soit sur les marges du fabricant.

La pharmacie offre une protection relative. Roche et Novartis ont des chaînes de production partiellement localisées aux États-Unis, ce qui limite l'exposition directe. Mais le risque politique reste présent : Washington presse les fabricants suisses de réduire leurs prix sur le marché américain.

Les small caps suisses ont montré une résistance surprenante. Moins exposées à l'export américain, elles génèrent une part importante de leurs revenus sur le marché domestique européen, ce qui en fait un refuge relatif en période de tensions commerciales.

La Banque Nationale Suisse face au franc fort

La BNS a réagi rapidement à l'appréciation du franc suisse provoquée par l'incertitude commerciale. En 2025, elle avait déjà quadruplé ses achats de devises étrangères ; en avril 2026, elle est intervenue en achetant l'équivalent de 5,2 milliards de francs en devises étrangères pour freiner l'appréciation.

Un franc trop fort pénalise les exportateurs suisses, qui voient leurs produits devenir plus chers en monnaie étrangère. Pour les investisseurs particuliers, cela crée un double effet : la valeur en francs de leurs actifs libellés en dollars ou en euros peut fluctuer significativement, indépendamment de la performance intrinsèque des entreprises.

La BNS maintient son taux directeur à 0 % pour 2026 et a révisé ses prévisions de croissance à environ 1 % du PIB, contre 1,5 % initialement anticipé. L'inflation reste faible, autour de 0,3 % pour l'année.

Ce que la volatilité révèle sur votre portefeuille

Une correction boursière de l'ampleur observée en avril — même partiellement corrigée depuis — est toujours révélatrice. Elle montre quels actifs sont exposés à des risques exogènes (décisions politiques américaines, variations de change) et lesquels ont une base de revenus plus défensive.

Pour un investisseur suisse moyen, quelques questions méritent d'être posées à un conseiller en gestion de patrimoine :

Mon portefeuille est-il trop concentré sur les exportateurs suisses ? Un portefeuille trop exposé à Richemont, Swatch ou aux entreprises mécaniques suisses est sensible aux chocs tarifaires américains. Une diversification sectorielle peut réduire ce risque.

Quelle est mon exposition aux devises étrangères ? Des actifs libellés en dollars peuvent voir leur valeur en francs évoluer défavorablement si le franc s'apprécie. Des instruments de couverture de change existent, mais ils ont un coût.

Ai-je suffisamment de liquidités pour traverser une période de volatilité prolongée ? En période d'incertitude, la capacité à ne pas vendre en bas de cycle est aussi importante que le choix des titres eux-mêmes.

Est-il pertinent de renforcer les positions défensives ? Les secteurs de la santé, de l'alimentation (Nestlé) ou les infrastructures suisses offrent une moindre exposition aux tensions commerciales.

Quand consulter un gestionnaire de patrimoine

Un épisode de volatilité comme celui d'avril 2026 est précisément le moment où un conseiller professionnel apporte une valeur ajoutée claire. Contrairement à une décision prise sous l'effet de l'émotion — vendre en panique ou renforcer par excès de confiance —, un gestionnaire de patrimoine raisonne sur le long terme en tenant compte de votre situation personnelle.

En Suisse, les frais de gestion varient généralement entre 0,5 % et 1,5 % du patrimoine sous gestion par an. Pour les patrimoines plus petits, des conseillers indépendants facturent à l'heure (entre 150 et 350 CHF selon l'expertise). Un bilan patrimonial complet, avec analyse du risque et rééquilibrage du portefeuille, prend généralement entre deux et quatre heures.

Les sujets couverts lors d'une consultation en période de volatilité incluent : l'analyse de l'exposition sectorielle, la stratégie de rééquilibrage, les implications fiscales des arbitrages envisagés, et la cohérence du portefeuille avec vos objectifs à moyen et long terme.

Avertissement : Cet article est à caractère informatif. Il ne constitue pas un conseil en investissement. Tout investissement comporte des risques, y compris le risque de perte en capital. Consultez un professionnel agréé avant toute décision financière.

La tempête tarifaire n'est pas terminée

Même si les tarifs américains ont été ramenés de 39 % à 15 % à la mi-avril, la situation reste fragile. Le Conseil fédéral négocie un accord commercial avec Washington d'ici fin juillet 2026, mais l'issue est incertaine. De nouveaux pics de volatilité sont possibles.

Dans ce contexte, s'appuyer sur un conseiller en gestion de patrimoine n'est pas un luxe réservé aux grandes fortunes. C'est une démarche rationnelle pour tout investisseur qui souhaite traverser une période d'incertitude commerciale avec une stratégie claire plutôt qu'en réagissant à chaud aux nouvelles du marché. Sur Expert Zoom, vous pouvez consulter rapidement un conseiller en patrimoine qualifié, disponible en ligne.

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