Anne Schedeen décède à 77 ans : ce que la succession d'une actrice enseigne sur votre patrimoine en Suisse

Notaire examinant un testament manuscrit et des documents de succession sur un bureau, alliance et photo de famille posées à côté — bureau notarial Genève 2026
Isabelle Isabelle ReyGestion de Patrimoine
5 min de lecture 15 juin 2026

Anne Schedeen, la maman d'ALF, nous lègue une leçon sur la succession

Dans la nuit du 14 au 15 juin 2026, Anne Schedeen — l'actrice américaine qui incarnait Kate Tanner dans la célèbre série télévisée ALF (NBC, 1986-1990) — s'est éteinte à l'âge de 77 ans. Sa famille a annoncé son décès sur Facebook, soulignant qu'elle « est partie paisiblement ». Aucune cause de décès n'a été communiquée.

Mariée depuis 55 ans à Christopher Barrett, mère d'une fille, entourée de chiens de refuge baptisés Roo et Red : Anne Schedeen laissait derrière elle une famille aimante et une vie bien remplie. Mais au-delà de l'émotion, son décès rappelle une réalité qui concerne chacun d'entre nous en Suisse : avons-nous réellement planifié ce qui arrivera à nos biens ?

Ce que le droit suisse dit sur la succession

En Suisse, la succession est régie par le Code civil suisse (CCS), notamment ses articles 457 et suivants. Si vous décédez sans testament — ce qu'on appelle la succession ab intestat —, la loi définit précisément qui hérite et dans quelle proportion.

L'ordre de priorité légal est le suivant : vos descendants directs (enfants, petits-enfants) héritent en premier. À défaut de descendants, c'est le conjoint ou partenaire enregistré, puis les parents, puis les frères et sœurs. Ce point surprend régulièrement : votre partenaire de vie non marié n'hérite légalement de rien, même après des décennies de vie commune, si vous n'avez pas rédigé de testament.

Pour les couples mariés comme l'étaient Anne Schedeen et Christopher Barrett depuis 55 ans, le droit suisse prévoit une réserve héréditaire garantie au conjoint survivant. Mais cette réserve peut s'avérer insuffisante pour maintenir le niveau de vie du conjoint lorsque le patrimoine est principalement immobilier ou partagé avec des enfants.

Le portail officiel ch.ch propose un guide pratique en français sur la succession en Suisse, utile comme première orientation avant toute consultation professionnelle.

Pourquoi le testament reste indispensable, même pour les familles soudées

Même avec une famille bien organisée et des relations harmonieuses, le testament est l'outil qui permet d'exprimer ses volontés au-delà de ce que la loi prévoit par défaut. En Suisse, il peut être rédigé de deux façons principales :

  • Le testament olographe : entièrement manuscrit, daté et signé. Pas besoin de notaire, mais aucune validation préalable n'est possible — et le risque d'erreur formelle est réel.
  • L'acte authentique : rédigé par un notaire en présence de deux témoins. Plus sûr juridiquement, cette formule est recommandée pour les patrimoines complexes.

Avec un testament, vous pouvez notamment avantager votre conjoint au-delà de sa part légale, désigner un exécuteur testamentaire de confiance, léguer un bien spécifique à une personne précise — et même prévoir des dispositions pour vos animaux de compagnie.

C'est d'ailleurs sur ce dernier point qu'Anne Schedeen offre une leçon inattendue : sa famille a explicitement mentionné ses chiens Roo et Red dans l'annonce de son décès, signe d'un attachement profond. En Suisse, il est possible d'inclure des dispositions pour le soin de vos animaux dans un testament, en désignant un soignant de confiance et en prévoyant une somme pour leur entretien.

Les cinq erreurs les plus fréquentes en matière de succession

Les conseillers en gestion de patrimoine rencontrent régulièrement les mêmes erreurs chez leurs clients :

1. Absence totale de testament. Environ 60 % des Suisses décèdent sans avoir rédigé de dernières volontés, selon les estimations du secteur notarial. La loi s'applique alors mécaniquement, sans tenir compte de vos souhaits réels.

2. Testament obsolète. Un testament rédigé il y a vingt ans ne reflète plus la réalité familiale et patrimoniale d'aujourd'hui — naissance d'enfants, divorce, remariage, décès d'un héritier désigné.

3. Méconnaissance de la fiscalité cantonale. En Suisse, l'impôt sur les successions est cantonal. Certains cantons, comme Zurich et Genève, exonèrent le conjoint et les enfants directs. D'autres appliquent des taux significatifs pour les héritiers plus éloignés ou les concubins.

4. Oubli des actifs numériques. Comptes bancaires en ligne, cryptoactifs, bibliothèques de photos numériques, abonnements payants — ces biens existent et méritent une mention explicite dans le testament, avec transmission des accès à une personne de confiance.

5. Confusion entre assurance-vie et succession. Une police d'assurance-vie avec désignation de bénéficiaire échappe à la succession légale. C'est à la fois un avantage de planification et un piège si les désignations ne sont pas mises à jour après un changement de situation familiale.

Quand consulter un expert en gestion de patrimoine ?

La succession est le sujet que l'on remet le plus souvent à plus tard. La mort d'une personnalité — même éloignée de notre quotidien — a parfois le mérite de nous sortir de cette procrastination.

Voici les situations qui justifient une consultation sans attendre :

  • Vous avez des enfants issus de plusieurs unions
  • Votre partenaire n'est pas votre conjoint légal (concubinage)
  • Vous possédez un bien immobilier, une participation dans une entreprise ou des actifs à l'étranger
  • Vous avez récemment hérité et souhaitez anticiper la prochaine transmission
  • Vous êtes expatrié en Suisse avec des héritiers dans plusieurs pays

Les experts en gestion de patrimoine et en planification successorale disponibles sur Expert Zoom peuvent répondre à vos questions en ligne, sans déplacement, et vous orienter vers les démarches concrètes adaptées à votre situation cantonale.

Ce que nous rappelle Anne Schedeen

55 ans de mariage, une famille aimante, une carrière télévisée gravée dans la mémoire collective de millions de téléspectateurs des années 1980 et 1990 : Anne Schedeen a laissé une empreinte humaine forte. Mais au-delà de la nostalgie, c'est la question pratique et universelle qu'elle nous pose involontairement : avez-vous prévu ce que vous laisserez derrière vous ?

En Suisse, le droit offre une grande souplesse pour organiser votre patrimoine selon vos valeurs et vos affections. Encore faut-il agir avant qu'il ne soit trop tard. Un expert en gestion de patrimoine ou un notaire peut vous aider à bâtir une succession sereine — pour vous, et pour ceux que vous aimez.

Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal. Consultez un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine pour adapter ces recommandations à votre situation personnelle.

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