Le 31 mai 2026, lors de la cérémonie de clôture du Championnat du monde de hockey sur glace à Zurich, Andres Ambühl sera officiellement intronisé au Hall of Fame de la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF). À 42 ans, le Grison qui a porté le maillot de la Suisse lors de 20 Championnats du monde consécutifs — un record absolu — rejoint les légendes du sport helvétique. Mais au-delà du symbole sportif, sa retraite pose une question que trop peu de champions anticipent : comment gérer la transition financière après une carrière professionnelle aussi longue et prestigieuse ?
Un record qui n'a pas de prix — mais qui a une valeur
Andres Ambühl a disputé 151 matches en top division aux Championnats du monde, un record mondial. Il a remporté trois médailles d'argent avec la Suisse (2013, 2024, 2025) et a passé l'essentiel de sa carrière au HC Davos, club emblématique des Grisons, en National League. La Fédération internationale a exceptionnellement renoncé au délai d'attente habituel de deux ans post-retraite pour le consacrer aux côtés de Florence Schelling (gardienne légendaire du hockey féminin suisse) et de Ralph Krueger (entraîneur bâtisseur).
Cette longévité exceptionnelle — plus de 20 ans au plus haut niveau — est rare dans le sport professionnel. Elle a des implications financières majeures : Ambühl a perçu des revenus professionnels réguliers sur une période exceptionnellement longue, constituant ainsi un capital et une base de revenus que la plupart des sportifs n'ont pas la chance de développer autant.
La réalité financière des sportifs professionnels suisses en fin de carrière
En Suisse, un joueur de National League (la ligue nationale suisse de hockey) gagne entre 80 000 et 600 000 francs par saison selon son niveau, avec les stars du championnat parfois au-delà. Pour un joueur comme Ambühl, qui a atteint le sommet de la hiérarchie suisse sur deux décennies, la question n'est pas seulement celle de la pension — c'est celle de la reconversion du capital accumulé.
La retraite sportive à 42 ans ne correspond pas à la retraite légale suisse (64/65 ans). Il reste donc une fenêtre de vingt ans ou plus pendant laquelle l'ancien athlète doit vivre de ses actifs, de revenus alternatifs ou d'une reconversion professionnelle. C'est précisément là que la planification patrimoniale devient critique.
Les pièges classiques de la retraite sportive anticipée
Plusieurs écueils guettent les sportifs professionnels qui n'ont pas planifié leur transition :
Le désalignement des flux de revenus : Un athlète qui perçoit des revenus importants pendant 15-20 ans, puis rien, doit avoir constitué suffisamment d'actifs productifs pour maintenir son niveau de vie. Sans investissement progressif pendant la carrière active, la chute peut être brutale.
La fiscalité des indemnités de fin de carrière : En Suisse, les indemnités de départ et les revenus liés à des contrats de longue durée peuvent être soumis à une imposition particulière. Un conseiller fiscal peut structurer ces flux pour en minimiser l'impact.
Les droits à l'AVS et à la prévoyance professionnelle (LPP) : Les cotisations versées pendant la carrière ont généré des droits à la prévoyance. Mais à 42 ans, la rente AVS ne sera accessible que dans 22 ans. La question est donc de savoir comment combler cet écart grâce à l'épargne constituée.
La valorisation des droits à l'image : Un champion comme Ambühl continue de bénéficier d'une notoriété commerciale après sa retraite. Endorsements, conférences, rôles d'ambassadeur de marque — ces revenus peuvent être structurés de façon optimale sur le plan fiscal grâce à une société commerciale personnelle.
Ce qu'un conseiller en gestion de patrimoine peut faire pour un sportif à la retraite
Un gestionnaire de patrimoine spécialisé dans les athlètes professionnels analyse plusieurs axes prioritaires lors de la transition vers la retraite sportive :
Audit patrimonial complet : recenser tous les actifs (épargne, immobilier, prévoyance, placements), les dettes éventuelles, et les sources de revenus futures (LPP, AVS différée, droits à l'image).
Stratégie de placement à long terme : les actifs accumulés pendant la carrière doivent être investis de façon à générer des revenus durables sur 20 à 30 ans. En Suisse, cela combine généralement des placements en obligations, actions diversifiées, immobilier locatif et instruments de prévoyance libre (pilier 3b).
Optimisation fiscale du troisième pilier : même après la retraite sportive, il est possible de racheter des années de prévoyance professionnelle ou de placer des montants dans le troisième pilier si une activité indépendante génère des revenus. Ces versements sont déductibles du revenu imposable.
Planification successorale : un athlète de 42 ans doit commencer à réfléchir à la transmission de son patrimoine, notamment si des enfants sont concernés. Le droit successoral suisse ayant évolué en 2023, les marges de liberté testamentaire ont été élargies.
Comme le montrent d'autres trajectoires dans le hockey suisse, les questions patrimoniales des joueurs professionnels évoluent dès la fin de la carrière compétitive, et anticiper ce passage est toujours plus efficace qu'y réagir après coup.
L'exemple Ambühl : une carrière modèle, une retraite à construire
Andres Ambühl a incarné pendant deux décennies la rigueur, la longévité et l'exemplarité dans le sport suisse. Ces mêmes qualités — planification, persévérance, intelligence tactique — sont précisément celles qui font la différence en gestion de patrimoine.
L'intronisation au Hall of Fame IIHF est une reconnaissance ultime. Mais c'est aussi une invitation à réfléchir à ce qui vient après : comment transformer un capital sportif en capital financier durable, comment structurer une seconde carrière en tenant compte des atouts acquis (notoriété, réseau, expertise), et comment protéger ce que des années de travail ont construit.
Pour tout sportif professionnel ou ancien athlète confronté à ces questions, un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé peut apporter une vision claire et des solutions concrètes. Sur ExpertZoom, des experts sont disponibles pour une première consultation.
Cet article est fourni à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Consultez un professionnel qualifié pour votre situation spécifique.

Laurent Rousseau