Depuis le 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux sur les revenus du capital ont augmenté de 0,5 point. Cette hausse, adoptée dans le cadre de la Loi de Finances 2026 (LFI 2026) pour financer la réforme des retraites complémentaires, semble modeste — mais son impact sur le rendement net à long terme est réel. Voici comment le calculer et quelles décisions en tirer.
Étape 1 : comprendre la structure des prélèvements sociaux sur le capital en 2026
La Contribution Sociale Généralisée (CSG) n'est pas le seul prélèvement qui pèse sur les revenus du capital. Elle fait partie d'un bloc de contributions sociales regroupées sous le terme « prélèvements sociaux », dont le taux global est passé de 17,2 % à 17,7 % au 1er janvier 2026.
| Contribution | Taux 2025 | Taux 2026 | Variation |
|---|---|---|---|
| CSG (Contribution Sociale Généralisée) | 9,20 % | 9,70 % | +0,50 pt |
| CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale) | 0,50 % | 0,50 % | 0 |
| Prélèvement de solidarité | 7,50 % | 7,50 % | 0 |
| Total prélèvements sociaux | 17,20 % | 17,70 % | +0,50 pt |
Source : Direction de la Sécurité Sociale, LFI 2026
La hausse porte uniquement sur la CSG. Le taux du Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU, ou « flat tax ») sur les revenus du capital passe donc mécaniquement de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS) à 30,5 % (12,8 % + 17,7 %).
Étape 2 : calculer l'impact réel par type de revenu du capital
L'impact de la hausse n'est pas uniforme selon la nature des revenus. Les calculs suivants permettent de mesurer concrètement la surcharge.
Dividendes et intérêts soumis au PFU
Pour les dividendes et intérêts soumis au PFU, le calcul est direct :
- Avant 2026 : 100 € de dividende brut → impôt = 30 € → revenu net = 70 €
- Après 2026 : 100 € de dividende brut → impôt = 30,50 € → revenu net = 69,50 €
L'impact est de 0,50 € par 100 € de revenu, soit 0,5 % du revenu brut. Sur un portefeuille dividende de 50 000 € annuels, la surcharge représente 250 € de prélèvements supplémentaires. Modeste en valeur absolue, mais cumulé sur 20 ans avec réinvestissement, cet écart représente environ 7 500 € de moins dans le portefeuille (en supposant un taux de rendement constant de 5 %).
Revenus fonciers au barème progressif
Pour les revenus fonciers soumis au barème progressif de l'IR (option ou défaut pour le régime réel), les prélèvements sociaux s'appliquent séparément du barème. La hausse de 0,5 point s'applique directement sur les revenus fonciers nets, sans abattement.
Pour un propriétaire percevant 20 000 € de revenus fonciers nets, la surcharge annuelle est de 100 €. Pour 100 000 € de revenus fonciers nets (plusieurs biens ou loyers élevés), la surcharge est de 500 € par an.
À retenir : la hausse de la CSG n'est pas déductible de l'impôt sur le revenu lorsque les revenus sont soumis au PFU. En revanche, pour les revenus fonciers soumis au barème progressif, 6,8 points de CSG sur les 9,7 % restent déductibles du revenu imposable en N+1 — ce qui tempère l'impact réel pour les contribuables optant pour le barème.
Plus-values mobilières
Pour les plus-values mobilières, la hausse de 0,5 point s'applique directement à l'assiette de la plus-value nette. Les abattements pour durée de détention applicables à l'IR (pour les titres acquis avant 2018 sous certaines conditions) ne s'appliquent pas aux prélèvements sociaux — les PS se calculent sur la plus-value brute.
Étape 3 : identifier les enveloppes et revenus exemptés de la hausse
Certains revenus du capital restent totalement exemptés de CSG et ne subissent donc pas la hausse de 0,5 point :
- Livret A : taux brut net de tout prélèvement (exonération totale CSG + IR)
- Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) : même régime que le Livret A
- Livret d'Épargne Populaire (LEP) : exonéré si le revenu fiscal de référence du foyer est sous le plafond légal (environ 22 000 € pour une personne seule)
- Livret Jeune : exonéré jusqu'à 22 ans
Ces livrets réglementés ne sont pas soumis aux prélèvements sociaux, quelle que soit la hausse du taux de CSG. Cela renforce leur attractivité relative pour la partie liquide du patrimoine.
Pour les épargnants soumis au PFU, le Plan d'Épargne en Actions (PEA) conserve son avantage : après 5 ans de détention, les dividendes et plus-values réalisés dans l'enveloppe PEA sont soumis uniquement aux prélèvements sociaux (17,7 % en 2026), sans impôt sur le revenu. La hausse de 0,5 point s'applique également au PEA, mais le régime reste avantageux face au PFU à 30,5 %. Pour les revenus soumis à la TMI à 41 % ou 45 %, l'économie annuelle via le PEA reste significative même après la hausse.
Notre article sur l'épargne salariale 2026 détaille les changements complémentaires pour les produits d'épargne en entreprise.
Étape 4 : réévaluer l'option barème progressif vs PFU pour les dividendes
La hausse du PFU à 30,5 % modifie très légèrement le point de bascule entre PFU et barème progressif. L'option pour le barème est avantageuse lorsque la tranche marginale d'imposition (TMI) du foyer, combinée aux prélèvements sociaux (mais avec déductibilité partielle de la CSG), aboutit à un taux effectif inférieur à 30,5 %.
| TMI (barème IR) | Prélèvements sociaux nets | Taux effectif barème | vs PFU 30,5 % |
|---|---|---|---|
| 11 % | ~10,4 % | ~21,4 % | ✓ Barème gagnant |
| 30 % | ~10,4 % | ~40,4 % | ✗ PFU gagnant |
| 41 % | ~10,4 % | ~51,4 % | ✗ PFU gagnant |
| 45 % | ~10,4 % | ~55,4 % | ✗ PFU gagnant |
Prélèvements sociaux nets = 17,7 % − déductibilité CSG 6,8 pts × TMI
Conclusion pratique : pour les ménages imposés à 11 % TMI, l'option barème reste avantageuse même après la hausse de 0,5 point. Pour tous les autres, le PFU demeure plus avantageux, et la hausse de 0,5 point ne change pas l'arbitrage fondamental.
Pour en savoir plus sur la déclaration d'impôts 2026, consultez : Déclaration d'impôts 2026 : les 5 erreurs qui coûtent cher.

Quels placements réduire ou arbitrer en 2026 suite à la hausse CSG ?
La hausse de la CSG n'est pas une raison de procéder à des arbitrages massifs — le coût de 0,5 point est trop faible pour justifier des frais de transaction importants. En revanche, elle s'inscrit dans un contexte de montée globale de la fiscalité du capital (CDHR + CSG + taxe holdings + PFU majoré) qui incite à une révision structurelle de l'allocation patrimoniale.
Les épargnants concernés devraient, dans les prochains mois :
- Vérifier la part de leur épargne dans des enveloppes fiscales avantageuses (PEA, assurance-vie, PER) par rapport aux comptes-titres ordinaires
- Évaluer le PEA : si le portefeuille d'actions génère des dividendes importants, le logement dans un PEA supprime l'IR sur ces dividendes (seuls les PS à 17,7 % restent dus)
- Différer les rachats d'assurance-vie non urgents : le PFU à 30,5 % s'applique aux contrats de moins de 8 ans, les contrats mûrs bénéficient du taux réduit de 7,5 % sur les produits sous 150 000 €
- Consolider les positions sur le PER : les versements dans un Plan d'Épargne Retraite (PER) sont déductibles du revenu imposable. Les prélèvements sociaux s'appliquent à la sortie, mais différer l'imposition permet de faire fructifier l'épargne plus longtemps
Questions fréquentes sur la hausse de la CSG revenus du capital 2026
La hausse de la CSG s'applique-t-elle aux plus-values réalisées sur des titres acquis avant 2026 ?
Oui. La hausse s'applique à la date de réalisation de la plus-value, indépendamment de la date d'acquisition. Si vous cédez des titres en 2026 avec une plus-value, elle sera soumise au taux de PS de 17,7 % (et non 17,2 %). La date d'acquisition détermine uniquement les éventuels abattements pour durée de détention applicables à l'IR.
La CSG due sur mes revenus du capital est-elle prélevée à la source ou déclarée ?
Les revenus du capital soumis au PFU font l'objet d'un prélèvement à la source par l'établissement payeur (banque, assurance). La régularisation éventuelle intervient lors de la déclaration annuelle de revenus. Pour les revenus fonciers, les prélèvements sociaux sont calculés et recouvrés par l'administration fiscale directement sur la déclaration de revenus fonciers (formulaire 2044).
Les non-résidents français sont-ils soumis à la hausse de la CSG sur leurs revenus fonciers de source française ?
Les non-résidents de l'Union Européenne affiliés à un régime de sécurité sociale d'un autre État membre de l'UE bénéficient d'une exonération des prélèvements sociaux (remplacés par le prélèvement de solidarité à 7,5 %). La hausse de la CSG ne les concerne donc pas directement. Les non-résidents hors UE restent soumis aux prélèvements sociaux au taux plein de 17,7 %.
Pour l'ensemble des mesures fiscales 2026 impactant votre patrimoine, consultez notre dossier Loi de Finances 2026.
Avertissement : Les informations présentes sur cette page sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas un conseil fiscal. Consultez un conseiller en gestion de patrimoine agréé ou un avocat fiscaliste pour adapter ces dispositions à votre situation personnelle.
L'impact spécifique sur l'assurance-vie : ce qui change pour les épargnants
L'assurance-vie est le premier véhicule d'épargne patrimoniale en France, avec plus de 1 900 milliards d'euros d'encours [Fédération Française de l'Assurance, données 2025]. La hausse de la CSG y produit des effets différents selon l'ancienneté du contrat et le type de support.
Contrats de moins de 4 ans : Les produits de rachat sont soumis au PFU à 30,5 % (12,8 % IR + 17,7 % PS). La hausse de 0,5 point s'applique intégralement.
Contrats entre 4 et 8 ans : Même régime que les contrats courts depuis 2018 — PFU à 30,5 % ou option barème.
Contrats de plus de 8 ans : C'est ici que l'impact est le plus visible pour les épargnants établis. Le taux de prélèvements sociaux passe de 17,2 % à 17,7 %. Sur la fraction des produits bénéficiant du taux préférentiel IR de 7,5 % (sous le seuil de 150 000 € de versements totaux), le taux global passe de 24,7 % à 25,2 %. Au-delà du seuil de 150 000 €, le PFU à 30,5 % s'applique.
Pour les épargnants qui procèdent à des rachats annuels programmés de leur assurance-vie pour compléter leurs revenus à la retraite, la hausse de 0,5 point représente quelques dizaines à quelques centaines d'euros par an selon l'encours et les produits générés. Ce n'est pas une raison de modifier radicalement la stratégie de rachat, mais c'est un paramètre à intégrer dans les simulations de revenus futurs.






