Le congé de naissance 2026 est mieux rémunéré que tout ce qui existait avant. À partir du 1er juillet 2026, l'indemnisation grimpe à 50 % du salaire net — contre 175 € à 405 € par mois pour l'ancienne PreParE. Mais qui verse quoi, et selon quelle formule ? Ce guide décortique le calcul des indemnités journalières de la Sécurité Sociale, la distinction avec les prestations de la CAF, et les démarches concrètes pour recevoir vos versements sans retard.
Qui paie les indemnités du congé de naissance : l'Assurance Maladie, pas la CAF
La confusion la plus répandue est de croire que la CAF verse l'indemnisation du congé de naissance. C'est une erreur fondamentale : les indemnités journalières du congé de naissance sont versées par l'Assurance Maladie (via la Caisse Primaire d'Assurance Maladie, CPAM), et non par la Caisse d'Allocations Familiales (CAF).
La CAF intervient en parallèle, mais pour d'autres prestations — la Prestation d'Accueil du Jeune Enfant (PAJE), l'allocation de base, la prime à la naissance. Ces deux flux sont complémentaires mais distincts, et proviennent de branches différentes de la Sécurité Sociale.
| Organisme | Ce qu'il verse | Conditions |
|---|---|---|
| CPAM (Assurance Maladie) | Indemnités journalières du congé de naissance | Cotisations sociales suffisantes |
| CAF (branche famille) | PAJE : prime naissance, allocation de base | Conditions de ressources |
| CAF (branche famille) | PreParE (congé parental éducation) | Pas d'activité professionnelle |
| Employeur | Complément conventionnel (si prévu) | Accord collectif ou contrat |
À retenir : Si vous n'avez reçu aucun versement de la CPAM dans les 3 semaines suivant votre déclaration de congé, contactez directement votre caisse et vérifiez que votre employeur a transmis l'attestation de salaire.
Comment est calculée l'indemnité journalière du congé de naissance ?
Le calcul des indemnités journalières (IJ) repose sur le salaire net de référence des 3 derniers mois précédant le congé, ramené à une base journalière et retenu à hauteur de 50 %. Voici la formule :
IJ = (somme des salaires bruts des 3 derniers mois ÷ 91,25) × 0,5
Un abattement de 21 % est appliqué pour les charges sociales (Contribution Sociale Généralisée – CSG, et Contribution au Remboursement de la Dette Sociale – CRDS), ce qui ramène le taux effectif à environ 39,5 % du salaire brut.
Le montant est plafonné au 1/730 du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), soit environ 97,5 €/jour en 2026 (PASS 2026 : 47 100 € [Sécurité Sociale, 2026]).

Exemple concret : Mathilde, infirmière à Lille, salaire brut mensuel de 2 800 €
Mathilde bénéficie du congé de naissance 2026 après la naissance de son premier enfant. Son employeur lui a versé 2 800 € bruts chacun des 3 derniers mois.
Calcul :
- Somme des 3 salaires = 3 × 2 800 € = 8 400 € bruts
- Divisé par 91,25 jours = 92,05 € bruts/jour
- × 50 % = 46,03 € bruts/jour
- Abattement CSG/CRDS de 21 % → IJ nette ≈ 36,36 €/jour
- Pour 60 jours (2 mois) = environ 2 182 € nets sur la période
Sources : Sécurité Sociale / PASS 2026 (47 100 €), calculs indicatifs basés sur la formule des IJ maternité.
Les conditions pour recevoir les indemnités journalières
Bénéficier du congé de naissance ne suffit pas : pour que l'Assurance Maladie verse les indemnités, le parent salarié doit remplir des conditions de cotisations minimales évaluées sur les 3 ou 12 mois précédant le congé.
Pour les salariés mensualisés
- Avoir travaillé au moins 150 heures dans les 3 mois civils précédant le congé, ou 600 heures dans les 12 mois précédents.
- Avoir cotisé sur un salaire brut égal à au moins 1 015 fois le montant du SMIC horaire sur les 6 derniers mois [Assurance Maladie, 2026].
Pour les travailleurs non salariés (TNS, indépendants)
- Être affilié à la Sécurité Sociale des indépendants (SSI) depuis au moins 10 mois consécutifs avant la date de début du congé.
- Avoir cotisé sur une assiette minimale fixée annuellement par décret.
Cas des revenus bas ou irréguliers
Un salarié à temps partiel ou un indépendant avec de faibles revenus peut quand même percevoir une IJ, mais plafonnée à un montant minimum garanti — soit environ 19 à 22 €/jour en 2026 (forfait minimum de l'Assurance Maladie). En-dessous du seuil de cotisation, aucune indemnité n'est versée. Pour les salariés en arrêt maladie juste avant ou pendant le congé de naissance, la réforme de l'arrêt maladie 2026 peut modifier le mode de calcul — consultez votre CPAM pour clarifier votre situation individuelle.
Ce que la CAF verse : prestations familiales et PAJE
La CAF (Caisse d'Allocations Familiales) intervient en complément de l'Assurance Maladie, mais via des prestations distinctes regroupées sous la Prestation d'Accueil du Jeune Enfant (PAJE) :
- Prime à la naissance : versement unique de 1 017 € bruts [CAF, 2026] sous conditions de ressources, à partir du 7e mois de grossesse. Ce n'est pas une indemnité de congé — c'est une aide forfaitaire à l'arrivée de l'enfant.
- Allocation de base : versée jusqu'aux 3 ans de l'enfant, entre 184,62 €/mois (ressources > plafond modéré) et 369,25 €/mois (ressources ≤ plafond bas) [CAF, 2026]. Cumulable avec les IJ du congé de naissance.
- PreParE (Prestation Partagée d'Éducation de l'Enfant) : si un parent décide de prendre le congé parental d'éducation après le congé de naissance, la CAF verse entre 175,35 €/mois (mi-temps) et 405,24 €/mois (plein temps) selon la quotité de travail résiduelle.
La CAF verse également les allocations familiales réformées en 2026 pour les familles avec plusieurs enfants.
La CAF verse-t-elle une aide spécifique pour le congé de naissance 2026 ?
Non, pas directement. La CAF ne gère pas les indemnités journalières du nouveau congé de naissance. Elle continue de verser les prestations PAJE décrites ci-dessus. Si une aide CAF spécifique au congé de naissance est créée par décret d'ici le 1er juillet 2026, elle serait annoncée sur le site officiel caf.fr.
Les démarches pour percevoir les indemnités : étape par étape
- Déclaration de grossesse à la CPAM et à la CAF (avant la fin du 3e mois de grossesse) : cette étape permet l'ouverture du dossier maternité et l'étude des droits PAJE.
- Information de l'employeur (au moins 1 mois avant le début du congé, par courrier recommandé) : fournir les dates prévisionnelles et, si fractionnement, les deux périodes souhaitées.
- Naissance de l'enfant : informer immédiatement l'employeur pour la période obligatoire accolée à la naissance. Transmettre l'acte de naissance dans les 8 jours.
- Transmission de l'attestation de salaire par l'employeur à la CPAM : l'employeur remplit le formulaire Cerfa n° 11137 et le transmet à la CPAM dans les meilleurs délais. Ce document est indispensable pour le calcul des IJ.
- Versement des indemnités par la CPAM : généralement tous les 14 jours, directement sur le compte bancaire renseigné dans l'espace Ameli. Le premier versement intervient en général dans les 3 à 4 semaines suivant la déclaration de naissance.
- Déclaration auprès de la CAF (si vous voulez l'allocation de base PAJE) : via www.caf.fr ou votre espace personnel CAF, déclarez la naissance de l'enfant pour ouvrir vos droits aux prestations familiales.
Que faire si je ne reçois pas mes indemnités dans les délais ?
Vérifiez d'abord dans votre espace Ameli que votre dossier est « en cours d'instruction ». Si l'attestation de salaire n'a pas été transmise par votre employeur, relancez-le par courrier recommandé. En cas de blocage persistant, contactez votre CPAM par téléphone (3646) ou prenez rendez-vous en agence. La CPAM peut régulariser les versements avec effet rétroactif.
Fiscalité et impact social des indemnités du congé de naissance
Les indemnités journalières du congé de naissance sont imposables à l'impôt sur le revenu. Elles doivent être déclarées dans la case dédiée aux revenus de remplacement (salaires, traitements) de votre déclaration annuelle. Depuis 2019, le prélèvement à la source s'applique sur ces IJ selon un taux estimé par l'administration fiscale.
Les IJ sont également soumises à la CSG (9,2 %) et à la CRDS (0,5 %), ce qui réduit le montant net perçu — d'où l'abattement de 21 % intégré dans la formule de calcul. Ces prélèvements sont opérés directement par la CPAM avant versement.
Impact sur les droits à la retraite : Les périodes indemnisées au titre du congé de naissance sont assimilées à des périodes d'assurance pour le calcul des droits à la retraite [Code de la Sécurité Sociale, Art. R. 351-12]. Les trimestres continuent d'être validés pendant le congé, sans condition de salaire minimum sur cette période.
FAQ sur l'indemnisation du congé de naissance 2026
Mon employeur peut-il compléter l'indemnisation de la Sécurité Sociale ? Oui, si votre convention collective ou votre accord d'entreprise prévoit un maintien de salaire total ou partiel pendant le congé de naissance. Vérifiez les clauses de votre contrat et renseignez-vous auprès des ressources humaines ou des représentants du personnel.
Le montant de l'IJ est-il le même pour les deux parents ? Non nécessairement. Chaque IJ est calculée individuellement sur la base du salaire de référence du parent concerné. Si la mère gagne 3 500 € bruts/mois et le père 2 200 € bruts/mois, chacun perçoit une IJ différente.
Une femme qui accouche peut-elle cumuler le congé maternité et le congé de naissance ? Oui, mais pas simultanément. Le congé de naissance est pris après le congé maternité (ou en partie après, pour la période facultative). Les deux types d'indemnités (IJ maternité + IJ congé de naissance) sont calculés selon la même formule, mais versés sur des périodes distinctes.
Avertissement : Les informations présentes sur cette page sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas un conseil juridique ou financier. Les montants d'indemnisation et les conditions d'éligibilité peuvent être ajustés par les décrets d'application du congé de naissance 2026. Consultez votre CPAM ou un avocat spécialisé pour votre situation personnelle.





