Cinq syndicats de l'Éducation nationale ont appelé à une grève nationale le mardi 31 mars 2026, pour protester contre la suppression de 3 256 postes d'enseignants dans le budget 2026. La mobilisation, qui s'inscrit dans une semaine d'action syndicale du 30 mars au 3 avril, touche aussi bien les écoles primaires que les collèges et lycées partout en France.
Pourquoi les enseignants font grève ce 31 mars
La coalition syndicale — FSU, UNSA Éducation, CFDT, CGT Educ'Action et SUD Éducation — dénonce un plan qui prévoit la suppression de 1 891 postes dans le primaire et 1 365 dans le secondaire, sans aucune revalorisation salariale en contrepartie. Selon les organisations syndicales, les enseignants français restent les moins bien payés d'Europe par rapport à leur niveau de qualification, avec un salaire d'entrée de carrière inférieur d'environ 15 % à la moyenne des pays de l'OCDE.
La grève s'inscrit dans un contexte de tensions sociales persistantes depuis l'automne 2025, période à laquelle le ministère avait annoncé ses premières coupes budgétaires. D'après le ministère de l'Éducation nationale, les établissements resteront ouverts, mais les perturbations sont attendues dans de nombreuses académies, notamment en Île-de-France, en Bretagne et en Nouvelle-Aquitaine.
Ce que ça change concrètement pour les familles
Des fermetures de classes partielles ou totales sont probables le 31 mars. En cas de grève avec moins d'un tiers des personnels en service, les communes sont tenues d'organiser un service d'accueil pour les enfants du primaire, selon l'article L133-1 du Code de l'éducation. Pour les collégiens et lycéens, aucune obligation légale d'accueil n'existe : les parents doivent se renseigner directement auprès de l'établissement.
Il est conseillé aux familles de vérifier la veille si la cantine est maintenue et si les transports scolaires fonctionnent normalement, car les prestataires privés ne sont pas soumis aux mêmes règles que les agents de l'État.
Vos droits en tant que salarié contraint de rester chez vous
Si votre enfant se retrouve sans école ce 31 mars, vous pouvez vous retrouver dans l'incapacité de vous rendre au travail. Voici ce que dit le droit du travail français :
Le recours au télétravail en urgence. Si votre poste est compatible avec le télétravail, votre employeur peut vous demander de travailler depuis chez vous sans délai de prévenance spécifique en cas de circonstance exceptionnelle, selon l'article L1222-11 du Code du travail.
Le congé pour enfant malade ou garde imprévue. Aucun texte de loi général n'oblige l'employeur à vous accorder un jour de congé non planifié pour garde d'enfant lors d'une grève scolaire. Cependant, de nombreuses conventions collectives prévoient des jours pour « événements familiaux » ou « force majeure familiale ». Consultez votre convention collective ou votre accord d'entreprise.
La pose de RTT ou de congé payé. Vous pouvez demander un RTT ou un congé payé, mais votre employeur peut le refuser si le délai de prévenance n'est pas respecté — en général 24 à 48 heures selon le règlement intérieur.
L'absence non rémunérée. En dernier recours, vous pouvez poser une absence non justifiée, mais celle-ci entraînera une retenue sur salaire correspondant aux heures non travaillées.
Attention : si votre employeur refuse toute solution d'aménagement et que vous vous absentez quand même, vous vous exposez à une sanction disciplinaire. Un avocat spécialisé en droit du travail peut vous aider à évaluer vos options avant de prendre une décision.
Ce que les employeurs doivent savoir
La grève ne crée aucune obligation automatique d'aménagement. Un employeur privé n'est pas tenu de mettre en place du télétravail ni d'accorder des congés exceptionnels en raison d'une grève dans la Fonction publique. Il doit cependant veiller à ne pas discriminer les salariés selon leur situation familiale (article L1132-1 du Code du travail).
Prudence avec le licenciement ou la mise à pied. Sanctionner un salarié uniquement parce qu'il s'est absenté pour garde d'enfant, sans examen préalable de sa situation, peut être requalifié en discrimination. La jurisprudence de la Cour de cassation a plusieurs fois rappelé que les circonstances familiales imprévues méritent un traitement individualisé.
Possibilité de mise en activité partielle. Si la grève entraîne une désorganisation majeure de votre entreprise (fournisseurs bloqués, chantiers arrêtés), vous pouvez demander le dispositif d'activité partielle auprès de la Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS). Ce dispositif n'est pas automatique et nécessite une validation administrative.
La préparation reste la meilleure stratégie
Le gouvernement publie chaque matin du jour de grève un bilan de la mobilisation sur le site du ministère de l'Éducation nationale, permettant aux familles de savoir si leur école est ouverte ou fermée. En l'absence d'information officielle, il est conseillé de contacter directement le directeur d'école ou le principal dès le lundi soir 30 mars.
En cas de fermeture confirmée, plusieurs options s'offrent aux parents : réseau familial ou amical, garderie associative de proximité, ou encore recours à un service de garde à domicile ponctuel. Ces solutions restent à la charge des familles, sauf si la mairie a activé le service minimum d'accueil (SMA).
Si votre situation professionnelle est mise en difficulté par cette grève — que vous soyez salarié ou employeur — un avocat en droit du travail peut vous orienter sur vos droits et obligations spécifiques. Sur Expert Zoom, vous pouvez consulter un avocat spécialisé en droit du travail pour évaluer votre situation en quelques minutes.
Avertissement YMYL : Cet article est à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil juridique. Pour toute décision concernant votre contrat de travail ou votre convention collective, consultez un avocat ou votre représentant syndical.
