La nouvelle a été confirmée par les journalistes Fabrizio Romano et Niccolò Schira début mai 2026 : Frédéric Massara quittera l'AS Roma à la fin de la saison. Le directeur sportif français, qui avait rejoint le club romain il y a un an après le départ de Florent Ghisolfi, paie les frictions avec le nouvel entraîneur Gian Piero Gasperini. Selon les informations de Maxifoot et Yahoo Sports, l'Olympique de Marseille se serait déjà positionné pour recruter l'ancien directeur sportif de l'AC Milan. Ce départ à haut niveau illustre une réalité juridique méconnue : comment fonctionne la rupture d'un contrat de directeur sportif dans le football européen ?
Massara à Roma : une saison sous pression
Frédéric Massara avait été présenté comme le successeur naturel de Florent Ghisolfi à la direction sportive de l'AS Roma après le recrutement de Gasperini sur le banc. Mais les différences de vision entre les deux hommes se sont révélées incompatibles : l'entraîneur aurait préféré un directeur sportif issu de son réseau, comme Giovanni Manna (Naples), Umberto D'Amico (Atalanta) ou Daniele Pradè, selon les sources italiennes consultées par Chiesa di Totti.
Résultat : une séparation à l'amiable prévue pour début juin 2026, avant même que son contrat n'arrive à terme. Ce scénario — directeur sportif remercié en cours de mandat pour incompatibilité de caractères avec le staff technique — n'est pas rare dans le football européen. Il est porteur de nombreuses conséquences juridiques et financières.
Directeur sportif : salarié comme les autres, ou presque
Dans les clubs français, comme dans la grande majorité des clubs européens, le directeur sportif est un salarié de droit commun. Son contrat relève du droit du travail — le Code du sport pour les personnels des associations sportives, et les conventions collectives du sport professionnel pour les clubs ayant le statut de société commerciale.
En France, la rupture anticipée d'un CDI (contrat à durée indéterminée) sans cause réelle et sérieuse ouvre droit à des dommages-intérêts selon les principes du Code du travail. Pour un directeur sportif en CDD (contrat à durée déterminée), la résiliation anticipée sans accord mutuel est encore plus encadrée : l'employeur doit verser l'intégralité des salaires restants dus jusqu'au terme du contrat.
Mais dans la pratique, les séparations dans le football professionnel se négocient rarement devant un tribunal prud'homal. Elles font l'objet de transactions confidentielles incluant :
- une indemnité transactionnelle (équivalent à plusieurs mois de salaire)
- une clause de confidentialité sur les motifs du départ
- parfois, une clause de non-dénigrement mutuel
La clause de non-concurrence : le nerf de la guerre
Le point sensible dans ce type de séparation reste la clause de non-concurrence. Pour un directeur sportif comme Massara, qui dispose d'un carnet d'adresses stratégique et d'informations confidentielles sur les transferts en cours, cette clause est quasi systématique.
En France, pour être valable, une clause de non-concurrence doit :
- Être indispensable à la protection des intérêts légitimes du club
- Être limitée dans le temps et dans l'espace
- Faire l'objet d'une contrepartie financière (en général 30 à 50 % du salaire pendant la durée d'interdiction)
Sans contrepartie financière suffisante, la clause est nulle et le salarié peut ignorer l'interdiction. Cette règle s'applique directement dans le football français ; en Italie et dans d'autres ligues, les principes sont similaires mais les montants des contreparties varient.
Si l'OM recrute effectivement Massara — club qui lui serait familier du fait de sa connaissance de la Ligue 1 — la question de la compatibilité de ce recrutement avec ses obligations contractuelles envers l'AS Roma se posera. Dans ce type de cas, une transaction entre les clubs ou une renonciation à la clause de non-concurrence est souvent négociée.
Ce que l'affaire Massara révèle pour les managers sportifs français
Le cas de Frédéric Massara n'est pas isolé. En France, des dizaines de directeurs sportifs, managers de formations professionnelles, ou responsables de centres de formation de clubs de L1 et L2 font face chaque année à des ruptures de contrat dans des conditions similaires : incompatibilité avec le coach, changement de stratégie du club, rachat par un nouvel investisseur.
Consulter un avocat spécialisé avant toute signature — et non après le problème — est la règle d'or. Plusieurs points méritent une attention particulière lors de la négociation d'un contrat dans le secteur sportif :
L'indemnité de rupture anticipée. Un CDD rompu avant terme sans accord mutuel donne droit à des dommages-intérêts. La négociation de cette indemnité en amont, inscrite dans le contrat, évite un litige coûteux.
La clause de non-concurrence. Elle doit être rédigée de façon précise, limitée et financièrement compensée. Une clause mal rédigée est une clause inapplicable — ou pire, une clause qui génère un contentieux.
Les droits sur les recrutements opérés. Un directeur sportif qui a contribué à des transferts rentables peut revendiquer des droits spécifiques si son départ intervient avant la réalisation financière complète de ces opérations.
Le préavis et la période de transition. Le respect des délais de préavis contractuels protège les deux parties et évite les litiges sur les arriérés de salaire.
Quand consulter un avocat spécialisé en droit du sport ?
Que vous soyez manager sportif, directeur d'un club amateur, agent FIFA ou responsable de formation, le droit du sport est un domaine technique qui nécessite l'accompagnement d'un professionnel. Un avocat spécialisé peut vous aider à négocier vos contrats, anticiper les clauses problématiques, et défendre vos droits en cas de rupture unilatérale.
Avertissement : Les informations présentées dans cet article sont à titre informatif uniquement et ne constituent pas un conseil juridique personnalisé. Consultez un avocat qualifié avant toute démarche contractuelle.
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