Depuis le 1er janvier 2026, les familles de seniors âgés de 70 à 79 ans font face à une hausse du coût de l'aide à domicile. La réforme de l'exonération des cotisations patronales relève en effet le seuil d'éligibilité de 70 à 80 ans pour les personnes non dépendantes, selon la loi de financement de la sécurité sociale 2026.
Ce changement, qui vise à réaliser 100 millions d'euros d'économies annuelles pour l'État, affecte directement les ménages qui employaient une aide à domicile sans bénéficier de l'APA (allocation personnalisée d'autonomie) ni de la PCH (prestation de compensation du handicap).
Ce qui a changé concrètement
Jusqu'en 2025, tout employeur particulier âgé de 70 ans ou plus bénéficiait automatiquement d'une exonération totale des cotisations patronales pour l'emploi d'une aide à domicile. Cette exonération représentait une économie substantielle d'environ 3 euros par heure travaillée.
À compter du 1er janvier 2026, seules les personnes de 80 ans et plus — ou celles percevant l'APA/PCH quel que soit leur âge — conservent cette exonération complète. Les 70-79 ans non dépendants ne sont plus éligibles à ce dispositif spécifique.
En pratique, une famille dont un parent de 75 ans employait une aide à domicile 20 heures par semaine voit sa facture mensuelle augmenter d'environ 250 euros, selon les estimations de l'URSSAF.
Pourquoi cette réforme touche de nombreuses familles
Selon les données de l'INSEE, l'espérance de vie en France est de 85,3 ans pour les femmes et 79,4 ans pour les hommes en 2024. Une large part des seniors de 70 à 79 ans sont autonomes, mais font appel à une aide à domicile pour des tâches quotidiennes comme le ménage, les courses ou l'aide à la toilette.
Le nombre de particuliers employeurs dans cette tranche d'âge est estimé à plusieurs centaines de milliers. Pour beaucoup, la hausse représente un choix douloureux : réduire les heures d'aide, trouver une solution alternative moins coûteuse, ou puiser dans un budget retraite déjà contraint.
Les personnes percevant l'APA ou la PCH, en revanche, ne subissent aucun changement : leurs cotisations patronales restent intégralement exonérées. Ce sont donc les seniors « entre deux chaises » — trop autonomes pour l'APA, mais suffisamment âgés pour avoir besoin d'assistance — qui supportent l'essentiel de la réforme.
Quels recours et alternatives existent ?
Plusieurs dispositifs peuvent partiellement compenser la hausse, à condition de les connaître.
Le crédit d'impôt pour l'emploi à domicile reste inchangé : 50 % des dépenses sont déductibles, dans la limite de 12 000 euros par an (plafond relevable selon les situations). Ce mécanisme réduit de moitié le surcoût, mais uniquement pour les ménages imposables.
La démarche de reconnaissance de dépendance légère est une piste souvent méconnue. Si un médecin traitant constate une perte d'autonomie, même partielle, une demande d'APA peut être déposée auprès du conseil départemental. L'obtention de l'APA — même au niveau 4, le moins élevé — rétablit l'exonération totale.
La médiation familiale et la planification patrimoniale sont aussi à envisager. Pour les familles qui souhaitent maintenir un niveau d'aide adapté, consulter un avocat spécialisé en droit de la famille ou un conseiller en gestion de patrimoine permet d'anticiper les charges liées à la dépendance et d'optimiser les dispositifs fiscaux disponibles.
Ce que dit la loi et comment s'y retrouver
La réforme est inscrite dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, publiée au Journal officiel. Les modalités pratiques sont détaillées sur le portail de l'URSSAF, selon l'article L. 241-10 du Code de la sécurité sociale modifié.
Les employeurs concernés ont reçu une communication de CESU (Chèque emploi service universel) ou de Pajemploi selon leur mode de déclaration. En l'absence de mise à jour, il convient de vérifier directement les montants de cotisations prélevés depuis janvier 2026.
Pour une situation personnelle complexe — parent refusant l'APA, contestation d'un refus, litige avec un salarié à domicile, ou réorganisation familiale de la prise en charge — un avocat en droit social ou en droit de la famille peut apporter un éclairage précieux.
Que faire maintenant ?
Si votre parent est âgé de 70 à 79 ans et emploie une aide à domicile sans percevoir l'APA, voici les étapes recommandées pour l'avril 2026 :
- Vérifiez votre bulletin de salaire CESU : la hausse de cotisations est automatiquement répercutée depuis janvier 2026.
- Demandez une évaluation médicale : si votre proche a des difficultés au quotidien, un médecin peut établir un certificat ouvrant droit à l'APA.
- Contactez votre conseil départemental : les délais d'instruction de l'APA varient entre 2 et 4 mois selon les départements.
- Consultez un expert : pour les situations familiales complexes, un avocat spécialisé peut analyser vos droits et options.
Avertissement : cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique. Les situations individuelles varient selon les ressources, le degré de dépendance et le département de résidence.
Trouver un avocat ou un conseiller spécialisé dans l'accompagnement des seniors et de leurs familles est possible directement sur Expert Zoom. Pour aller plus loin sur les obligations patronales, consultez notre article sur les hausses de cotisations URSSAF 2026 pour les travailleurs indépendants.

Odile Karamazov