Erling Braut Haaland mène la Norvège à la Coupe du monde 2026, à commencer par le match face à l'Irak ce mardi 16 juin, au Gillette Stadium de Boston. Sur le terrain, le buteur de Manchester City est intouchable. En dehors, sa vie privée intrigue : père d'un petit garçon né fin 2024 avec sa compagne de toujours, la footballeuse Isabel Haugseng Johansen, le couple n'est pas marié. Une situation très commune qui, en France, soulève de vraies questions de droit.
Le couple Haaland, un cas d'école du concubinage
Erling Haaland et Isabel Haugseng Johansen forment un couple stable, parents d'un enfant, mais sans union officielle. C'est exactement ce que le droit français appelle le concubinage, ou union libre. Selon les sources publiées en juin 2026, rien n'indique de mariage ou de fiançailles à venir : le couple assume une vie de famille discrète, sans passer devant le maire.
Ce mode de vie séduit de plus en plus de couples, en Norvège comme en France. Mais beaucoup ignorent que vivre ensemble, même longtemps et avec des enfants, ne crée presque aucun droit automatique entre les partenaires. C'est là que les surprises peuvent être douloureuses, le jour où survient un imprévu.
Ce que le concubinage ne protège pas
Contrairement au mariage, le concubinage n'organise ni la solidarité financière, ni la protection du survivant. Comme le rappelle le site officiel service-public.gouv.fr, qui compare mariage, Pacs et union libre, les concubins sont juridiquement considérés comme deux personnes indépendantes. Concrètement :
- Aucune part d'héritage légal entre concubins. Si l'un décède sans testament, l'autre n'hérite de rien, même après vingt ans de vie commune.
- Pas de pension de réversion automatique dans la plupart des régimes de retraite.
- Une fiscalité séparée : chacun déclare ses revenus de son côté, sans imposition commune.
- Aucune protection du logement si le bien appartient au seul partenaire décédé : le survivant peut, en théorie, devoir quitter les lieux.
Pour un enfant, en revanche, la situation est différente. La filiation, dès lors qu'elle est établie, protège l'enfant : un enfant né hors mariage a exactement les mêmes droits qu'un enfant né de parents mariés, notamment en matière d'héritage vis-à-vis de ses deux parents. C'est le couple, et non l'enfant, qui reste juridiquement fragile.
Les outils pour se protéger sans se marier
Bonne nouvelle : ne pas vouloir se marier n'oblige pas à rester sans filet. Plusieurs solutions existent pour les couples qui souhaitent organiser leur vie commune :
- Le Pacs, qui crée une solidarité et certains avantages fiscaux et patrimoniaux, sans aller jusqu'au mariage.
- Le testament, indispensable pour transmettre une partie de ses biens à son partenaire, dans la limite de la réserve héréditaire réservée aux enfants.
- L'achat immobilier en indivision avec des clauses adaptées, ou via une société civile immobilière, pour sécuriser le logement familial.
- La reconnaissance et l'exercice conjoint de l'autorité parentale, à formaliser pour éviter les blocages en cas de séparation.
Le point sensible : le parent qui met sa carrière entre parenthèses
Le cas du couple Haaland met en lumière une situation très répandue. Isabel Haugseng Johansen, footballeuse professionnelle, a mis sa carrière entre parenthèses après la naissance de leur fils. Dans un couple non marié, ce choix peut se révéler risqué : le parent qui réduit ou interrompt son activité pour élever les enfants ne se constitue ni revenus, ni droits à la retraite, ni patrimoine propre pendant cette période.
En cas de séparation, il ne pourra réclamer aucune prestation compensatoire, contrairement à un couple marié. C'est souvent le déséquilibre le plus injuste, et le plus invisible, du concubinage. Anticiper ce déséquilibre — par une épargne au nom du parent concerné, une donation ou une clause spécifique — fait précisément partie du travail d'un professionnel du droit.
Pourquoi consulter un professionnel
La situation d'Erling Braut Haaland n'a rien d'exceptionnel : des millions de couples vivent ensemble sans être mariés. Le problème n'apparaît qu'au moment d'une séparation, d'un décès ou d'un achat important. À ce moment-là, il est souvent trop tard pour corriger le tir.
Un avocat ou un notaire peut établir un véritable état des lieux : qui possède quoi, que se passe-t-il en cas de coup dur, comment protéger le parent le plus exposé. Quelques heures de conseil suffisent souvent à éviter des années de litiges.
Le 16 juin 2026, les regards seront tournés vers le numéro 9 norvégien. Mais derrière la star, il y a une famille comme tant d'autres, dont la situation rappelle une évidence trop souvent oubliée : en union libre, c'est l'anticipation qui protège, pas le temps qui passe.
Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les règles évoluant selon les situations, consultez un avocat ou un notaire avant toute décision.

Odile Karamazov