Le défenseur suédois Victor Söderström, 25 ans, est attendu à l'EHC Biel-Bienne pour la saison 2026-2027 selon des sources proches du club parues le 18 avril 2026 — un transfert qui illustre la tendance croissante d'athlètes professionnels à choisir la Suisse pour une nouvelle étape de carrière, et les enjeux financiers et juridiques que cela implique.
Un joueur NHL qui regarde vers la Suisse
Söderström évolue actuellement sous contrat avec les Boston Bruins, mais passe la majorité de sa saison avec leur filiale AHL, les Providence Bruins. Avec 9 buts et 21 passes décisives en 57 matchs cette saison, le défenseur suédois arrive en fin de contrat et devient agent libre unrestricted cet été.
Plutôt que de tenter de négocier un nouveau contrat NHL dans un marché incertain, Söderström envisagerait de rejoindre l'EHC Biel-Bienne en National League suisse. Ce n'est pas une décision anodine : la Suisse est devenue l'une des destinations les plus prisées des hockeyeurs européens en quête de stabilité financière et de qualité de vie.
Pourquoi la Suisse attire les athlètes en transition
Le cas Söderström n'est pas isolé. Depuis plusieurs années, la Ligue nationale suisse de hockey (National League) figure parmi les ligues professionnelles les mieux rémunérées d'Europe hors NHL. Plusieurs facteurs expliquent cette attractivité :
- La fiscalité suisse : les cantons comme Berne (dont dépend Bienne) offrent des taux d'imposition stables et prévisibles pour les salariés, y compris les sportifs professionnels
- La stabilité du franc suisse : en période d'inflation européenne, être rémunéré en CHF représente un avantage significatif pour un athlète dont la carrière peut s'arrêter à tout moment
- La qualité de vie : Bienne est une ville bilingue (français/allemand) au bord du lac, idéale pour une famille de sportif en reconversion progressive
- La durée des contrats : les clubs suisses proposent souvent des contrats de deux à trois ans, offrant une visibilité que les contrats NHL à court terme ne garantissent pas toujours
Les enjeux juridiques d'un transfert international
Changer de continent pour jouer dans un autre championnat implique des démarches complexes. Un athlète comme Söderström doit négocier :
- La résiliation ou l'expiration du contrat NHL : en tant qu'agent libre, il n'a aucune obligation envers Boston, mais des clauses de buy-out ou de rappel peuvent exister selon les termes exacts de son contrat
- Le contrat de travail en Suisse : les contrats sportifs suisses sont régis par le Code des obligations. Ils doivent prévoir la rémunération brute, les primes de match et de performance, les conditions de résiliation anticipée et les droits à l'image
- Le permis de travail : pour un ressortissant suédois, citoyen de l'UE, l'Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) entre la Suisse et l'UE simplifie les démarches. Un permis de travail de type L ou B peut être obtenu rapidement
- Les droits de transfert : la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) encadre les transferts entre fédérations via un système de lettres de transfert, obligatoire pour tout joueur passant d'une ligue nord-américaine à une ligue européenne
Selon les règles de l'Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) entre la Suisse et l'Union européenne, les ressortissants des pays membres — dont la Suède — bénéficient d'un accès simplifié au marché du travail suisse, ce qui facilite considérablement les transferts d'athlètes en provenance de l'UE.
Ce que les sportifs professionnels gagnent à consulter un conseiller
De nombreux athlètes en transition font l'erreur de signer rapidement un premier contrat sans analyser l'ensemble des implications fiscales et patrimoniales. En Suisse, la différence entre une bonne et une mauvaise structuration peut représenter plusieurs dizaines de milliers de francs par an.
Un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé dans les sportifs professionnels peut aider à :
- Optimiser la résidence fiscale : choisir le bon canton selon le niveau de revenu et la durée prévue du contrat
- Planifier l'après-carrière : un hockeyeur professionnel prend sa retraite sportive entre 35 et 40 ans — la prévoyance (2e pilier, 3e pilier A) doit commencer dès l'arrivée en Suisse
- Protéger les droits à l'image : les athlètes étrangers en Suisse peuvent monétiser leur image via des structures adaptées, sous réserve de respecter la législation fiscale
- Gérer les revenus variables : primes, bonus de performance, droits de diffusion — autant d'éléments qui nécessitent une planification annuelle avec un professionnel
ExpertZoom met en relation des conseillers en gestion de patrimoine disponibles en Suisse romande pour accompagner les professionnels, y compris les sportifs, dans leurs décisions financières.
La National League, un tremplin vers la reconnaissance suisse
Pour Söderström, rejoindre Biel-Bienne n'est pas un aveu d'échec. C'est un choix stratégique dans une ligue compétitive où des joueurs de niveau NHL font régulièrement des saisons remarquables. Plusieurs anciens joueurs ayant transité par la National League ont ensuite retrouvé les ligues majeures nord-américaines.
La Suisse, avec ses standards élevés de jeu, ses infrastructures modernes et ses conditions contractuelles attractives, est devenue un véritable hub pour les carrières sportives en transition. Pour les athlètes, et pour leurs conseillers juridiques et financiers, ce marché mérite toute l'attention qu'il suscite.
