Oscar Schmidt, légende brésilienne du basket-ball et recordman de points aux Jeux olympiques, est décédé le 17 avril 2026 à l'âge de 68 ans. Sa famille a confirmé qu'il avait combattu pendant quinze ans une tumeur au cerveau, "avec courage, dignité et résilience". Sa mort relance l'attention sur une maladie qui touche chaque année environ 700 personnes en Suisse.
Oscar Schmidt : quinze ans de combat contre une tumeur cérébrale
Celui que ses fans appelaient "La Mão Santa" (La Main Sainte) avait participé à cinq Jeux olympiques entre Moscou 1980 et Atlanta 1996. Il reste à ce jour le meilleur marqueur de l'histoire des JO, avec 1 093 points en carrière internationale. LeBron James n'a surpassé son record mondial de points qu'en 2024.
Malgré sa célébrité, Oscar Schmidt a choisi la discrétion sur sa maladie. Selon sa famille, il vivait avec une tumeur cérébrale depuis au moins une quinzaine d'années. Il a succombé à un arrêt cardio-respiratoire à son domicile de São Paulo, dans la nuit du 16 au 17 avril 2026.
Le Real Madrid, club où il joua en Europe, a rendu hommage à "l'un des plus grands joueurs de l'histoire du basketball".
Ce que nous savons — et ne savons pas — des tumeurs cérébrales
Une tumeur cérébrale, c'est une masse anormale de cellules qui se développe dans ou autour du cerveau. Il en existe des dizaines de types, des plus bénins (méningiomes) aux plus agressifs (glioblastome multiforme).
Selon la Ligue suisse contre le cancer, environ 700 nouveaux cas de tumeurs cérébrales sont diagnostiqués chaque année en Suisse. Le glioblastome — la forme la plus fréquente parmi les malignes — représente à lui seul environ 45 % des tumeurs cérébrales primitives malignes chez l'adulte.
La survie médiane après diagnostic d'un glioblastome reste d'environ 15 mois même avec les traitements actuels (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie). Certains patients vivent bien au-delà de cinq ans. Oscar Schmidt, s'il combattait depuis quinze ans, appartient à cette catégorie de survivants à long terme, ce qui est remarquable.
Les symptômes à ne jamais ignorer
Les tumeurs cérébrales sont traîtresses : leurs symptômes imitent souvent des affections bénignes. Ce sont les signaux qui persistent ou s'aggravent qui doivent alerter :
- Maux de tête inhabituels, surtout le matin ou en position allongée, qui résistent aux antalgiques courants
- Crises d'épilepsie survenant sans antécédent ni cause évidente — c'est parfois le premier signe
- Troubles visuels : vision floue, double vision, perte d'un champ visuel
- Difficultés de langage : trouver ses mots, comprendre, ou articuler
- Changements de personnalité soudains, apathie, irritabilité inexpliquée
- Faiblesse ou engourdissement d'un bras ou d'une jambe
- Troubles de l'équilibre ou de la coordination
Un seul symptôme isolé ne suffit pas à suspecter une tumeur. C'est leur persistance, leur évolution progressive, ou leur combinaison qui justifient une consultation médicale urgente.
Pourquoi le diagnostic précoce change tout
Le délai entre les premiers symptômes et le diagnostic est en moyenne de deux à quatre mois selon les données oncologiques européennes. Chaque semaine compte : plus la tumeur est détectée tôt, plus les options chirurgicales sont larges et moins les séquelles neurologiques sont importantes.
L'imagerie cérébrale — IRM ou scanner — permet de visualiser une masse suspecte en quelques minutes. En Suisse, une IRM cérébrale peut être prescrite par votre médecin généraliste en cas de symptômes évocateurs, et est prise en charge par l'assurance obligatoire de soins (LAMal) sous prescription médicale.
Le neurochirurgien de l'Inselspital de Berne souligne que les tumeurs cérébrales traitées à un stade précoce offrent des perspectives de survie et de qualité de vie significativement meilleures, selon les données publiées par le département de neurochirurgie.
Quand consulter et vers qui se tourner ?
Si vous présentez un ou plusieurs de ces symptômes de manière persistante (plus de deux semaines), voici la marche à suivre en Suisse :
- Médecin généraliste (médecin de famille) : point d'entrée dans le système de santé suisse. Il évaluera les symptômes et décidera d'une imagerie cérébrale ou d'une orientation spécialisée.
- Neurologue : si les symptômes sont neurologiques (épilepsie, déficit sensitif ou moteur), une consultation neurologique directe peut être demandée.
- Neurochirurgien : en cas de masse détectée à l'imagerie, la prise en charge chirurgicale est organisée dans l'un des centres universitaires (CHUV, HUG, Inselspital, USZ).
Ne minimisez pas un symptôme "inhabituel" parce qu'il semble bénin. Le cas d'Oscar Schmidt illustre qu'une détection précoce, même partielle, peut permettre de vivre avec une tumeur cérébrale pendant des décennies.
Un médecin ou un spécialiste peut vous aider à évaluer vos symptômes, prescrire les examens appropriés, et vous orienter vers le parcours de soins adapté à votre situation.
Avertissement YMYL : Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. En cas de symptômes inquiétants, consultez immédiatement un professionnel de santé ou appelez le 144 (urgences médicales en Suisse).
