Simon Ammann écarté des JO à 44 ans : 3 priorités financières pour les athlètes de haut niveau

Simon Ammann, quadruple champion olympique de saut à ski suisse, lors d'un entraînement

Photo : Bjoertvedt / Wikimedia

Isabelle Isabelle ReyGestion de Patrimoine
4 min de lecture 31 mai 2026

Le 29 mai 2026, Swiss Olympic a annoncé sa sélection de 175 athlètes pour les Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina. Simon Ammann, 44 ans, quadruple champion olympique de saut à ski, n'en fait pas partie. Une décision qui met fin à une série de sept participations consécutives aux Jeux d'hiver depuis Nagano 1998 — et qui soulève une question que beaucoup d'athlètes tardent trop à se poser : à quel moment planifier sérieusement son avenir financier ?

Sept Jeux olympiques et un record qui s'échappe

Simon Ammann est l'un des plus grands champions que la Suisse ait produits dans les sports d'hiver. Né à Unterwasser, dans le canton de Saint-Gall, il a remporté quatre médailles d'or olympiques : le doublé sur les deux tremplins individuels lors des JO de Salt Lake City en 2002, puis à nouveau à Vancouver en 2010. Un palmarès exceptionnel, sur une carrière qui a traversé sept éditions des Jeux d'hiver consécutives depuis Nagano 1998.

Lors des JO 2026 de Milan-Cortina, c'est Felix Trunz (25 ans), Gregor Deschwanden et Sandro Hauswirth qui ont été sélectionnés à sa place. Swiss-Ski a expliqué sa décision par une nouvelle stratégie : plutôt que de miser uniquement sur les athlètes susceptibles de remporter une médaille lors des prochains Jeux, la fédération favorise désormais ceux qui ont le potentiel de performer à moyen ou long terme. Ammann, lui, a dit accepter la décision, tout en regrettant de ne pouvoir exploiter pleinement son potentiel cet hiver.

Mais derrière l'image du champion stoïque se pose une réalité financière que connaissent tous les sportifs de haut niveau : une carrière peut s'arrêter plus vite que prévu.

Un arrêt brutal : ce que la fin de carrière coûte vraiment

Pour un athlète qui a consacré sa vie entière au sport depuis l'adolescence, la fin de carrière représente une rupture à plusieurs niveaux. Sur le plan financier, elle signifie souvent la disparition soudaine des revenus liés aux résultats sportifs : primes, droits image, contrats sponsors, et dotations des fédérations.

En Suisse, les athlètes professionnels ne bénéficient pas du régime salarial classique. Beaucoup sont considérés comme travailleurs indépendants, ce qui implique une gestion autonome de leur prévoyance retraite (2e pilier, 3e pilier), de leurs cotisations AVS et de leur protection en cas d'accident ou de maladie. Contrairement à un salarié ordinaire, personne ne cotise automatiquement à leur place.

Cette situation crée une vulnérabilité financière particulière : pendant les meilleures années de leur carrière, certains athlètes se concentrent sur la performance et négligent la construction de leur patrimoine pour l'après-sport.

Le système de prévoyance suisse : ce qu'un athlète doit connaître

En Suisse, la retraite repose sur trois piliers. Le premier pilier (AVS/AI) est une rente de base financée par les cotisations sociales. Le deuxième pilier (LPP) est la prévoyance professionnelle obligatoire pour les salariés — mais pas pour les indépendants. Le troisième pilier est une épargne retraite individuelle, fiscalement avantageuse.

Pour un athlète indépendant, l'absence de 2e pilier obligatoire est un risque majeur. Un conseiller en gestion de patrimoine peut aider à combler ce vide via des solutions comme le pilier 3a (déductible fiscalement jusqu'à 7 258 CHF par an en 2026 pour les salariés, et jusqu'à 20 % du revenu net pour les indépendants), les assurances vie mixtes, ou les placements financiers diversifiés.

Swiss Olympic propose des ressources sur la double carrière des athlètes, notamment pour ceux qui souhaitent concilier vie sportive et formation. Mais la préparation financière pour l'après-carrière reste souvent insuffisante.

Trois priorités financières pour un athlète en fin de carrière

Première priorité : auditer son bilan financier complet. Avant tout, il s'agit de dresser un état des lieux précis : revenus actuels et futurs prévisibles, cotisations sociales versées, droits à la retraite accumulés, patrimoine immobilier ou mobilier. Un athlète de 40 ans et plus a souvent accumulé des actifs disparates sans stratégie globale.

Deuxième priorité : anticiper la reconversion professionnelle. La fin d'une carrière sportive n'est pas une retraite : la plupart des anciens athlètes de haut niveau sont en pleine forme physique et mentale et ont encore plusieurs décennies d'activité devant eux. Que ce soit dans l'entraînement, les médias, le coaching d'entreprise ou la formation, une reconversion préparée en amont évite la rupture de revenus. Wendy Holdener, autre grande figure du ski suisse dont la carrière olympique touche à sa fin, a commencé à anticiper cette transition depuis plusieurs saisons.

Troisième priorité : structurer la gestion de l'image et des droits. Un champion comme Simon Ammann dispose d'un capital de notoriété important, qui peut continuer à générer des revenus via des contrats de conférence, des partenariats d'ambassadeur de marque ou des droits d'image. Ces flux doivent être structurés par un expert juridique et fiscal pour optimiser leur traitement.

Pourquoi agir maintenant, et non après la retraite

L'erreur la plus fréquente des sportifs de haut niveau est d'attendre la fin officielle de leur carrière pour s'occuper de leur patrimoine. À ce stade, les marges de manœuvre sont réduites : les revenus sportifs ont cessé, les cotisations n'ont pas été optimisées, et le temps de capitalisation est compté.

Agir à 40 ans, comme Simon Ammann aurait pu le faire dès ses premières non-sélections, permet de profiter des intérêts composés sur encore 20 à 25 ans, de corriger les lacunes du 2e pilier à temps, et de préparer une transition professionnelle dans des conditions sereines.

Sur Expert Zoom, des conseillers en gestion de patrimoine spécialisés dans les transitions de carrière peuvent vous aider à structurer votre avenir financier — que vous soyez athlète en activité ou en reconversion.

Avertissement : Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Consultez un conseiller en gestion de patrimoine avant toute décision d'investissement.

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