Roman Josi a reçu le trophée de joueur le plus utile (MVP) du Championnat du monde de hockey 2026 le 1er juin 2026 à Zurich, devant 11 000 spectateurs réunis à la Swiss Life Arena. À 35 ans, le capitaine de la Suisse termine meilleur défenseur du tournoi pour la deuxième fois de sa carrière — et cela malgré une défaite 1-0 en finale contre la Finlande, infligée en prolongation par Konsta Helenius.
Cinq buts, douze points, seul défenseur à franchir la barre des dix points du tournoi : les chiffres de Josi sont éloquents. Mais au-delà du palmarès sportif, cette consécration individuelle soulève une question que beaucoup de Suisses se posent sans oser la formuler : qu'est-ce que cela signifie financièrement pour un athlète de 35 ans à l'approche de la fin de carrière ?
Un contrat qui court jusqu'en 2028 — mais une retraite déjà en ligne de mire
Roman Josi est lié aux Nashville Predators par un contrat de 8 ans d'une valeur totale de 72,47 millions de dollars, soit un cap hit de 9,06 millions par saison, selon les données de Spotrac. Ce contrat expire à l'issue de la saison 2027-28, faisant de lui un agent libre sans restriction à 37 ans.
Pour un joueur qui gagne autour de 9 millions de dollars annuels depuis des années, la question n'est pas de savoir s'il survivra financièrement à sa retraite. Elle est beaucoup plus subtile : comment optimiser la transition entre une rémunération d'élite régulière et une gestion autonome du capital accumulé ?
En Suisse, les revenus perçus à l'étranger par un résident suisse sont en principe imposés globalement selon le droit cantonal. Josi, domicilié à Nashville (Tennessee) pendant la saison, doit naviguer entre la fiscalité américaine et les règles suisses de résidence. Selon la plaquette de ch.ch sur la prévoyance retraite, un Suisse de retour au pays après une carrière à l'étranger peut être soumis à des obligations de cotisation AVS rétroactives selon sa durée d'absence. La question de la résidence fiscale et du domicile est centrale : Nico Hischier, potentiel libre agent NHL en 2026, avait posé des questions similaires sur la stratégie financière des joueurs suisses évoluant en Amérique du Nord.
Les bonus de performance : une manne fiscalement sensible
Les primes liées aux titres individuels — comme le trophée MVP — ne font généralement pas partie du salaire NHL de base. Elles peuvent prendre la forme de bonus contractuels ou de primes versées par la fédération nationale. En Suisse, ce type de revenu exceptionnel est intégré au revenu imposable global de l'année de perception.
Pour un sportif de haut niveau, l'arrivée d'un bonus important en fin d'année fiscale peut faire basculer le taux d'imposition marginal dans la tranche supérieure. Un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé peut anticiper cet effet en recommandant des placements dans le deuxième ou troisième pilier suisse, ou en étudiant la déductibilité des frais professionnels liés à la carrière sportive.
Planifier l'après-carrière : les 4 leviers dont dispose un athlète suisse
La retraite sportive ne ressemble à aucune autre. Pour un joueur comme Roman Josi, qui envisage selon ses propres mots de « continuer encore longtemps », mais qui a aussi évoqué que jouer à domicile était un « privilège en fin de carrière », quatre leviers financiers méritent attention :
1. Le troisième pilier (pilier 3a) : Malgré des années passées aux États-Unis, un retour en Suisse ouvre la possibilité de cotiser annuellement jusqu'à 7 258 CHF (plafond 2026) dans un compte 3a, déductibles du revenu imposable cantonal et fédéral.
2. Les rachats de lacunes LPP : Si Josi a interrompu ses cotisations à la prévoyance professionnelle suisse (deuxième pilier) pendant ses années à l'étranger, des rachats ciblés peuvent réduire significativement la charge fiscale au moment du retour.
3. La diversification hors immobilier : Les athlètes fortunés ont souvent tendance à concentrer leur patrimoine en immobilier — perçu comme sûr. Un portefeuille diversifié incluant des placements indiciels, des obligations suisses et des liquidités offre une meilleure résilience à l'étape post-carrière.
4. La planification successorale : À 35 ans, un athlète en fin de contrat majeur doit penser à la transmission du patrimoine — testaments, structures fiduciaires, ou donation planifiée. En Suisse, les règles varient fortement entre cantons pour les successions entre époux et enfants.
Ce que la situation de Josi révèle pour tout Suisse à 35 ans
Roman Josi n'est pas un cas isolé. Des milliers de Suisses expatriés travaillent à l'étranger pendant leurs années productives et rentrent au pays avec un patrimoine constitué, sans avoir optimisé leur couverture sociale suisse.
Un conseiller en gestion de patrimoine peut établir un bilan complet : lacunes AVS, potentiel de rachat LPP, optimisation fiscale cantonale selon le lieu de résidence prévu, et stratégie de décaissement pour la retraite. Ce type d'accompagnement, disponible via des experts certifiés sur des plateformes comme Expert Zoom, peut faire une différence de plusieurs dizaines de milliers de francs sur une vie.
Josi a gagné le respect du monde du hockey à 35 ans. Ce qu'il fait de son capital financier dans les deux prochaines années sera tout aussi déterminant pour son avenir que ses performances sur glace.
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier. Consultez un conseiller en gestion de patrimoine certifié pour une analyse adaptée à votre situation personnelle.

Laurent Rousseau