Philippe Revaz quitte le 19h30 : ce que le stress du journalisme révèle sur la santé au travail

Présentateur de journal télévisé en studio RTS, santé au travail et épuisement professionnel
5 min de lecture 30 juin 2026

Le 30 juin 2026, la RTS a annoncé officiellement que Philippe Revaz quitterait le 19h30 le 9 juillet, après sept ans passés derrière le pupitre du journal télévisé le plus regardé de Suisse romande. Jennifer Covo lui succédera dès le 17 août. Un départ volontaire, motivé par l'envie de « tourner une nouvelle page professionnelle » — et de renouer avec le reportage en profondeur au sein de l'émission Mise au point.

Sept ans sous les projecteurs : une pression invisible mais réelle

Présenter chaque soir un journal télévisé devant des centaines de milliers de téléspectateurs exige bien plus que de lire un prompteur. Selon une étude publiée en 2024 par la Haute École de Santé Vaud (HESAV), les journalistes de médias audiovisuels comptent parmi les professions exposées aux niveaux de stress chronique les plus élevés : délais serrés, couverture d'événements traumatiques, obligation de neutralité émotionnelle et visibilité publique permanente forment un cocktail particulièrement exigeant.

Philippe Revaz a cumulé ces facteurs pendant sept ans. Correspondant au Palais fédéral puis aux États-Unis, animateur de Forum puis du 19h30 depuis août 2019 — sa trajectoire illustre un engagement total au service de l'information. Son choix de ralentir et de se recentrer sur un journalisme plus réflexif n'est pas anodin. Il résonne avec ce que vivent des milliers de salariés en Suisse : le besoin de souffler, de changer de rythme, parfois d'alerter sur une souffrance au travail trop longtemps ignorée.

Burn-out professionnel : quand le cerveau envoie un signal d'alarme

L'épuisement professionnel — ou burn-out — n'est pas une faiblesse de caractère. C'est un processus physiologique progressif : les réserves d'énergie mentale et émotionnelle s'épuisent, la concentration décline, la motivation disparaît et, dans les cas graves, des symptômes physiques s'installent (insomnies, douleurs musculaires, troubles digestifs).

En Suisse, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) estime que près d'un actif sur trois ressent régulièrement des signes de surcharge au travail. Pourtant, moins de 15 % des personnes concernées consultent un professionnel de santé avant que la situation ne devienne critique.

Les signes précurseurs à surveiller sont notamment :

  • Une fatigue persistante qui ne disparaît pas après le week-end
  • Une perte d'enthousiasme pour des tâches autrefois appréciées
  • Une irritabilité accrue ou un sentiment de vide émotionnel
  • Des difficultés de concentration malgré des efforts maintenus
  • Un retrait progressif des collègues et des proches

Philippe Revaz a lui-même évoqué le désir de « renouer avec le terrain et approfondir l'actualité » — une formulation qui traduit souvent une quête de sens, signal typique d'un professionnel cherchant à se rééquilibrer avant d'atteindre le point de rupture.

Reconversion ou transition ? L'importance de distinguer les deux

Toutes les envies de changement professionnel ne relèvent pas du burn-out. Il est crucial de distinguer deux situations souvent confondues.

La transition choisie s'accompagne d'une énergie positive, d'un projet clair et d'une capacité à anticiper. Elle ne nécessite pas forcément une intervention médicale, mais peut bénéficier d'un accompagnement professionnel (coaching, bilan de compétences).

La fuite épuisée survient quand le changement est une réponse à une souffrance aiguë plutôt qu'à une aspiration positive. Dans ce cas, changer de poste sans traiter la cause sous-jacente risque de reproduire le même schéma dans le nouvel environnement.

Un médecin du travail, un psychiatre ou un psychologue clinicien peut aider à identifier dans laquelle de ces situations on se trouve — et à adapter la démarche en conséquence. En Suisse, ces consultations sont partiellement prises en charge par l'assurance de base LAMal lorsqu'elles sont prescrites par un médecin généraliste.

À quel moment faut-il consulter ?

La règle générale préconisée par les spécialistes en médecine du travail : ne pas attendre la crise. Si les signaux d'alerte persistent plus de deux semaines sans amélioration malgré du repos, une consultation s'impose.

Le médecin de famille est souvent le premier interlocuteur. Il peut procéder à un bilan général, évaluer l'impact du stress sur la santé physique (pression artérielle, qualité du sommeil, bilan sanguin) et orienter vers un spécialiste selon le tableau clinique. En Suisse romande, des services de consultation en santé au travail sont accessibles dans le cadre des HUG (Hôpitaux Universitaires de Genève) ou du CHUV (Centre Hospitalier Universitaire Vaudois). Une prise en charge précoce réduit de 60 % le risque de chronicisation et de passage à une incapacité de travail prolongée.

En matière de droits : un arrêt de travail pour raisons psychologiques est légalement protégé par le Code des obligations (art. 336c CO) — votre employeur ne peut pas vous licencier pendant cette période protégée. Ce cadre légal est détaillé par l'OFSP sur la santé psychique au travail.

Le miroir d'une société en quête de sens

La médiatisation du départ de Philippe Revaz révèle quelque chose de plus profond. L'audience massive de l'annonce sur les réseaux sociaux de la RTS signale que beaucoup de Suisses s'identifient à cette envie de souffler et de se réinventer. Selon une enquête de l'Office fédéral de la statistique (OFS) publiée en 2025, 38 % des actifs suisses envisagent un changement professionnel majeur dans les cinq prochaines années, la santé mentale figurant comme première motivation.

Le cas de Philippe Revaz rejoint une tendance documentée dans le secteur des médias — et bien au-delà. D'autres figures de la RTS, comme Susanne Wille qui a opéré sa propre transition en 2025, ont montré que les repositionnements de carrière peuvent aboutir à des projets enrichissants dès lors qu'ils sont anticipés avec soin.

Ce qu'un expert en santé peut faire pour vous

Un médecin généraliste ou un psychologue consulté à temps peut :

  • Évaluer objectivement votre niveau d'épuisement grâce à des outils validés (échelle de Maslach, questionnaire PSS)
  • Distinguer stress aigu, burn-out avéré et dépression professionnelle — trois réalités aux prises en charge différentes
  • Établir un plan d'action concret : arrêt de travail si nécessaire, thérapie cognitive et comportementale (TCC), ou ajustement d'hygiène de vie
  • Rédiger un certificat médical ou intervenir auprès de l'employeur si la situation l'exige
  • Vous accompagner dans la durée, notamment lors d'une reprise progressive après un arrêt

Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de doute sur votre état de santé, consultez un professionnel qualifié.

Si vous reconnaissez certains des signes décrits dans cet article, n'attendez pas d'atteindre l'épuisement complet. Des experts en santé disponibles sur Expert Zoom peuvent vous orienter rapidement vers la prise en charge adaptée à votre situation.

Nos experts

Avantages

Des réponses rapides et précises pour toutes vos questions et demandes d'assistance dans plus de 200 catégories.

Des milliers d'utilisateurs ont obtenu une satisfaction de 4,9 sur 5 pour les conseils et recommandations prodiguées par nos assistants.