Patrick Fischer licencié pour faux certificat COVID : ce que risque un employé en droit suisse
L'entraîneur de la Nati de hockey sur glace Patrick Fischer a admis le 15 avril 2026 avoir utilisé un faux certificat de vaccination contre le COVID-19 pour entrer en Chine lors des Jeux olympiques d'hiver de Pékin en 2022. Swiss Ice Hockey a immédiatement mis fin à sa collaboration avec lui, à quelques semaines du Championnat du monde à domicile prévu en mai 2026 à Zurich et à Fribourg.
Un faux certificat acheté sur les réseaux sociaux : les faits
Selon les informations révélées par la SRF en avril 2026, Patrick Fischer avait acheté un certificat de vaccination falsifié sur les réseaux sociaux pour pouvoir pénétrer sur le territoire chinois, alors que les autorités de Pékin exigeaient une vaccination complète. Découvert par les autorités chinoises en 2023, il avait été condamné à une amende d'environ 39 000 francs suisses pour falsification de documents.
Confronté aux preuves par la SRF, Fischer a reconnu les faits publiquement. Swiss Ice Hockey a aussitôt accéléré son départ, initialement prévu après le Championnat du monde de mai 2026 : son adjoint Jan Cadieux reprend le poste avec effet immédiat.
La situation est doublement dommageable : la Suisse accueille l'une des compétitions de hockey les plus prestigieuses de son histoire — une première à domicile — et l'équipe se retrouve sans son coach principal pendant la phase de préparation finale.
Ce que dit le droit suisse sur la falsification de documents
En Suisse, l'utilisation d'un faux document est une infraction pénale prévue à l'article 252 du Code pénal suisse (CP). Elle est passible d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire. Il s'agit d'un délit, non d'une contravention — la gravité est réelle, même lorsque le faux document a été utilisé à l'étranger.
La dimension internationale de l'affaire Fischer est importante. Les autorités chinoises ayant déjà prononcé une condamnation (amende en 2023), la question de la double incrimination — ne bis in idem — se pose. En droit international privé, une peine déjà exécutée à l'étranger peut atténuer, voire exclure, des poursuites en Suisse pour les mêmes faits. Toutefois, si les infractions pénales sont qualifiées différemment selon les systèmes juridiques, des poursuites distinctes restent possibles.
Pour un employé ordinaire, les conséquences peuvent être sévères :
- Résiliation immédiate du contrat de travail pour juste motif (art. 337 CO), si les faits constituent une violation grave des obligations contractuelles
- Dommages-intérêts réclamés par l'employeur si la réputation de l'entreprise est atteinte
- Signalement aux autorités si l'employeur est lui-même soumis à des obligations légales de conformité
Licenciement avec effet immédiat : quand est-ce légalement justifié ?
Le licenciement immédiat ("congé avec effet immédiat") est encadré strictement en droit suisse. Selon l'article 337 du Code des obligations, il ne se justifie que pour de "justes motifs" : des faits qui rendent la poursuite des rapports de travail objectivement intolérable. Les tribunaux examinent la proportionnalité : un faux document utilisé en dehors du cadre de l'emploi peut ne pas suffire, sauf si le lien de confiance est définitivement rompu.
Dans le cas de Fischer, l'employeur — Swiss Ice Hockey — a choisi d'accélérer un départ déjà prévu plutôt que de procéder à un licenciement disciplinaire pur. Cette nuance est juridiquement importante : elle évite un contentieux sur la légitimité du congé immédiat tout en préservant les intérêts des deux parties.
Note YMYL : Cet article contient des informations à caractère juridique. Il ne constitue pas un avis juridique. Si vous vous trouvez dans une situation similaire, consultez un avocat spécialisé en droit du travail suisse.
Faux certificats : un risque sous-estimé dans les entreprises suisses
L'affaire Fischer rappelle un phénomène plus large. Durant la période COVID (2020-2022), des milliers de certificats falsifiés ont circulé en Europe, selon les données publiées par le Conseil fédéral dans ses rapports de suivi. En Suisse, plusieurs dizaines de personnes ont été condamnées pour fabrication ou utilisation de faux certificats sanitaires entre 2021 et 2023, selon les statistiques du Ministère public de la Confédération.
Pour les employeurs, la vigilance reste de mise : un employé reconnu coupable d'utilisation de faux documents — même dans un contexte personnel — peut exposer son entreprise à des risques réputationnels, voire à des complications légales si cette fraude touchait à l'exercice de ses fonctions.
Que faire si vous êtes concerné ?
Que vous soyez employé ayant commis une erreur de jugement dans un contexte exceptionnel, ou employeur face à une révélation compromettante concernant un collaborateur, l'accompagnement d'un avocat spécialisé en droit du travail suisse est indispensable. Les enjeux sont multiples : responsabilité pénale, contrat de travail, droit à la réputation, et gestion de la communication.
Un avocat peut notamment évaluer :
- La qualification pénale exacte des faits dans le contexte suisse
- La validité juridique d'un éventuel licenciement immédiat
- Les voies de recours disponibles si vous êtes la partie lésée
- La stratégie optimale pour limiter les conséquences professionnelles et personnelles
Sur Expert Zoom, vous pouvez en savoir plus sur les récents épisodes qui ont marqué la carrière de l'entraîneur.
Pour toute question relative à votre situation professionnelle en lien avec une infraction ou une accusation, consultez un avocat spécialisé en droit du travail en Suisse ou prenez contact directement avec un expert via ExpertZoom.
L'affaire Fischer illustre combien des décisions prises dans l'urgence — même des années auparavant — peuvent rattraper même les personnalités les plus en vue. En droit suisse, la prescription est longue et la transparence des médias, totale. Mieux vaut consulter un professionnel avant que les faits ne deviennent publics.
Source officielle : Code pénal suisse, art. 252 – admin.ch
