Le 25 avril 2026, des attaques coordonnées menées par des groupes jihadistes (JNIM) et des rebelles touaregs (FLA/Azawad) ont frappé simultanément Bamako, Kati, Gao et Mopti. Le ministre malien de la Défense, le colonel Sadio Camara, a été tué lors de ces assauts. La France, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie ont immédiatement recommandé à leurs ressortissants de quitter le Mali. La Suisse, par la voix du Département fédéral des affaires étrangères (EDA), a elle aussi rehaussé son niveau d'alerte.
La situation sécuritaire au Mali en avril 2026
Le Mali traverse une crise sécuritaire sans précédent depuis début 2026. Les Forces armées maliennes (FAMa) et leur allié russe (Wagner/Africa Corps) peinent à contenir une double offensive : celle des groupes affiliés à Al-Qaïda au Sahel (JNIM) et celle de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA/FLA) dans le nord du pays.
L'attaque du 25 avril marque un tournant : c'est la première fois depuis le coup d'État de 2021 que la capitale Bamako est directement touchée. Selon les informations recueillies par les agences de presse internationales présentes sur place, plusieurs explosions ont retenti dans les quartiers gouvernementaux et militaires, et des combats ont eu lieu à Kati, ville abritant le principal camp militaire du pays.
La mort du ministre de la Défense dans ces circonstances aggrave l'instabilité politique et renforce le risque d'un vide de gouvernance.
Ce que l'EDA recommande aux Suisses au Mali
Le Département fédéral des affaires étrangères (EDA) classe le Mali au niveau de risque 4 (Risque très élevé) depuis plusieurs mois. Après les attaques du 25 avril, la recommandation officielle est la suivante :
« L'EDA déconseille tout voyage au Mali. Les personnes se trouvant actuellement dans le pays doivent quitter le territoire dès que possible par des moyens sûrs. »
Pour les ressortissants suisses encore sur place, il est impératif de :
- Se signaler à l'ambassade (si ce n'est pas encore fait via le portail Travel Admin)
- Éviter tout déplacement non indispensable, en particulier hors des zones urbaines
- Surveiller les communications officielles de l'EDA et de l'ambassade de Suisse à Bamako
Les ressortissants suisses peuvent consulter la page officielle de l'EDA sur les voyages au Mali pour les mises à jour en temps réel.
Quels droits légaux pour les Suisses qui doivent partir en urgence ?
Une évacuation forcée crée des situations juridiques et financières complexes. Voici les principales questions que se posent les expatriés :
Contrat de travail et force majeure
Si vous êtes employé par une ONG, une entreprise suisse ou internationale au Mali, votre départ forcé peut constituer un cas de force majeure au sens de l'article 119 du Code des obligations suisse (s'il est applicable à votre contrat). Cela peut suspendre vos obligations contractuelles sans que vous puissiez être tenu pour responsable de l'inexécution.
Cependant, la qualification de force majeure n'est pas automatique : elle dépend des termes de votre contrat, du droit applicable et de la situation concrète. Un avocat spécialisé en droit du travail international peut vous aider à établir votre dossier.
Assurances et rapatriement
Les assurances de voyage et les assurances maladie avec couverture internationale prévoient généralement une clause de rapatriement médical. Mais en cas d'évacuation sécuritaire (non médicale), la couverture dépend des termes spécifiques de votre contrat. Vérifiez :
- Si votre assurance couvre l'évacuation « sécuritaire » (pas seulement médicale)
- Si les frais d'hébergement d'urgence sont pris en charge
- Si les biens personnels restés sur place sont assurés
Indemnisation des biens perdus
En cas de destruction ou de vol de biens lors d'une évacuation forcée, les recours sont limités mais non inexistants. Si votre employeur est à l'origine de votre présence au Mali, il peut avoir une responsabilité. Si vous êtes indépendant ou bénévole, les options sont plus restreintes, mais un avocat peut analyser les voies de recours.
Comment se préparer à ce type de situation ?
Pour les professionnels suisses travaillant dans des zones à risque, quelques précautions préventives sont essentielles :
- S'enregistrer sur Travel Admin (le portail EDA) avant tout départ dans une zone à risque
- Vérifier la couverture de son assurance pour les zones classées à risque élevé
- Conserver des copies numérisées de ses documents dans le cloud (passeport, contrat de travail, attestation d'assurance)
- Avoir un plan d'évacuation documenté avec son employeur avant le départ
Sur Expert Zoom, des avocats spécialisés en droit international et en droit du travail peuvent vous conseiller sur vos droits en cas d'évacuation forcée, de rupture de contrat liée à une crise sécuritaire ou de litige avec un assureur. Une consultation en ligne depuis la Suisse est possible même si vous êtes encore à l'étranger.
À retenir
La crise malienne n'est pas isolée : une vingtaine de pays africains font l'objet d'alertes de niveau 3 ou 4 de la part de l'EDA. Pour tout ressortissant suisse amené à travailler dans des zones instables, le cadre juridique et assurantiel mérite d'être vérifié avant le départ — pas lors de l'évacuation.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Pour toute situation d'urgence à l'étranger, contactez en priorité l'ambassade de Suisse ou les autorités locales compétentes. Les informations juridiques présentées ne constituent pas un avis légal personnalisé.

Sophie Favre